Foxwell, op. ciL, p
2. Foxwell, p. 66. Cf. Bray, « Le systeme actuel de l'6change prive les travailleurs des trente-huit qua Tantiemes du produit de leur Industrie. »
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par consequent pour les moyens de vivre. »... « Les capitalistes et les proprietaires ne font rien de plus que de donner au travailleur, pour son labeur d'une semaine, une part de la richesse qu'ils ont obtenu de lui la semaine precedente. » G'est la th^orie m£me de la plus-value qu'au temoignage de Foxwell avait deja elaboree Bray.
Comme remade theorique a cette situation, Braypropose logiquement une appropriation collective du sol et des moyens de production et une regie de repartition bas6e sur le travail : « Un travail egal, ecrit-il, de quelque espece qu'il soit, devrait 6tre egalement remun6re ; 1'inegalite de la valeur sociale du travail n'est pas une raison suffisante de Tinegalit6 de remuneration. »
Bray, dont on fait un communiste, se rapproche a notre sens du collectivisme par deux traits : d'abord, parce qu'il se pr6occupe d'une appropriation collective des capitaux; ensuite, parce qu'il a une r&gle de repartition qui prend en consideration le travail, la duree du travail, considere d'ailleurs comme uniforme qualitativement 1 .
I. On petit considerer que le collectivisme difrere du communisme par sa regale de repartition, uniquement. Le communisme comporte une repartition comme le collectivisme et il n'est pas exact de dire que les communistes mettent tout en* commun. Il arrive nlcessairement un moment ou les biens de consommation, de communs deviennenc individuels. Comme I'a dit M . Souchon, on ne porte pas les Tenements d'une fa con communautaire. Mais les communistes adoptent comme regie de repartition necessaire, au lieu de « a chacun selon son travail », la regie : « A chacun selon ses besoins ». La determination des besoinsse fait : i°en communisme autoritaire (forme tradi-
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Au point de vue pratique, Bray propose coinme mesure transitoire un projet de cooperation nationale (he proposes a Kind of National Joint- Stock Scheme). Que les 5 millions de producteurs adultes de l'empire britannique forment un certain nombre de cooperatives de production contenant chacune de ioo a i ooo travailleurs et affectees chacune a un genre determine de production. Que, par location ou par achat, Us se procurent la propriete du sol et des capitaux (they are to have in use, by hire or purchase, the land and fixed capital of the country) et chacun pourra recevoir des gages proportionnels a la quantite de travail fournie 1 .
C'est pour acquerir ces capitaux fixes, le sol et autres moyens de production, que Bray propose de constituer des bons a valoir sur les produits, des billets de credit qui seraient remis aux capitalistes. Ces billets reposant sur le credit collectif ouvrier pourront etre emis jusqu'a concurrence de 2 milliards de livres sterling. « Ainsi coexistera, dit Bray, la propriete individuelle des produits avec la propriete en commun des forces productrices. » Karl Marx cite precisement ce
lionnelle de communisme) parvoie d'autorit£ ; 2° en communisme Hbertaire (forme contemporaine de communisme) par voie d'appr£ciation individuelle, la bonte" naturelle de l'homme rendant sans danger cette « prise au tas » (cf. M. Souchon a son cours). On voit par ces caracteres que le communisme n'entre pas dans le cadre de cette elude.
i. Foxwell, p. 68.
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passage, oil ne semble pas se manifester d'autre preoccupation que celle d'organiser la production. On ne comprend pas des lors qu'il ait pu reprocher a Bray : d'une part, la faute theorique d'avoirvoulu transformer l'echange sans toucher a la production ; d'autre part, la paternite des Labour Exchange et la responsabilit6 de leur 6chec.
Marx ecrit : « Que nous a donne l'echange de quantites egales de* travail? Surproduction, depreciation, exces de travail suivi de chomage... l » Si ces critiques ne s'adressaient pas a juste titre a Bray, elles s'appliquaient exactement au systeme d'Owen.
Karl Marx les reprit d'ailleurs dans Zur Kritik der politischen QEconomie (1859). Cette fois, il les adresse au systeme de John Gray. A travers Gray, comme a travers Bray, c'est Owen qu'en realite critique Karl Marx 2 .
John Gray fut, comme Fourier, un employe de commerce. Elev6 a Repton, il entra de bonne heure comme commis, puis comme voyageur, dans une maison de gros de Londres. II ecrivit bientot un premier ouvrage : The National commercial system, violent, pueril, inintelligible et inutilisable, dit J. Foxwell. On dissuada Gray de le publier. II se mit alors a lire les ouvrages d'Owen et publia en i83i : The Social system. II donna encore en 1842 :
1. V. Misere de la Philosophic, p. io4- 2, V. Critique de V economic politique, p. 96-101. Trad. L. R6my.
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An efficient Remedy for the distress of Nations ; et en i848 : Lectures on Nature and use of Money.
Foxwell declare que Gray differait essentiellement d'Chven par son temperament et par sa methode. Gray d'ailleurs declarait que « ni dans l'ensemble, ni dans le detail, il ne tenait ses idees de personne 1 . » Cependant son systeme presente des analogies incontestables avec celui d'Owen. La grande preoccupation de Gray fut d'eviter les crises industrielles. II en attribuait la cause au systeme d'6change base sur la monnaie (bullion based currency system). Aussi proposait-il un syst&me different qui supprim&t a tout le moins l'intermediaire de la monnaie (devoted the greater part of his life to the advocacy of a schema ofpape cu rrency almost as wild and impracticable as Owen's Labour Exchange 2 ).
Karl Marx decrit ainsi ce systeme : « Une banque centrale nationale, a Taide deses succursales, certifie le temps de travail employe pour la production des differentes marchandises. En echange de sa marchandise, le producteur recoit un certificat officiel de la valeur, c'est-a-dire un recu du temps de travail contenu dans sa marchandise et ces bons d'une semaine de travail, d'un jour, d'une heure
i. II se d£fendait notamment d'avoir copie Owen dans une lettre qu^l icrivait a ce dernier, vers i83i ; il le faisait avec une chaleur qui montre assez qu'on le soupconnait v^b^mentement du contraire.
a. Foxwell, p. 5o.
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represententFequivalent de ce qu'on peut recevoir de toutes les autres marchandises qui se trouvent dans les magasins de la banque. » Ainsi decrit, le sySteme se confond avec le systeme th6orique d'Owen que Karl Marx ne semble pas connattre 1 .
Voici des lors quelles sont ses critiques : « II s'imagine, 6crit Marx a propos de Gray, que les marchandises peuvent se comporter Tune a Tegard de l'autre autrement qu'elles ne le font. Les marchandises sont des produits immediats de travauxindividuels independants et isol£s qui doivent s'affirmer comme du travail social general... » Karl Marx ajoute : « Le dogme que la marchandise est de la monnaie directe ou que le travail particulier de l'individu contenu en elle est .directement du travail social ne devientpas une verite parce qu'une banque y croit et opere selon lui. La faillite se chargerait de la detromper. » Gette critique, un peu obscure, s'eclaire par le contexte. Elle revient a dire que la determination de la valeur en travail est subordonnee a 1'organisation de 1'utilite sociale du travail, c'est-a-dire qu'elle suppose l'adaptation anterieure de la production a la consommation par organisation du travail.
C'est ce que Karl Marx, dans une formule tres nettede la Misere de la philosophies avait exprime en ces termes : « En general, la forme de l'6change