CHAPITRE III
VIDAL ET HAECK
I. — Les socialistes ne veulent depouiller personne ; ils aspirent a faire baisser le taux de l'interdt par le developpement du credit, puis a se passer des ca pi taux des preteurs d 'argent.. . Etlemoyen qu'ils compten employer, c'est la reforme du credit
Vidai, Organisation da credit personnel el reel, mobilier et immo bilier (i85i), p. aio.
II. — Le credit a pour but definitif de mettre chaque citoyen en etat de pourvoir... directement ou indirectement par son travail a tous besoins legitimes... ; pour objet special, la commandite, par le travail passe, du travail present et du travail futur ; pour moyen, la mon6tisation et la capitalisation des valeurs existantes.
Haeck. (d'aprfes Yidal), Organisation du credit industriel, commercial, agricole et fonder en Belgique (1857), p. 27.
III. — En general, la forme de l'echanee correspond a la forme de la production.
Karl Marx, loc. cit. (1847).
Du systeme d'echange de Proudhon resulte un enseignement essentiel ; nous l'avons tire de revolution m6me de sa pens6e ; de TelTort inutile qu'il fit pour sauvegarder la liberte de produire
204 LES SYSTfiMES SOGIALISTES D>£CHANGE
et de l'aveu d'impuissance que constitue a nos yeux le projet de i855.
Vidal et Haeck, dont nous examinons maintenant les systemes, issus comme celui de Proudhon de la crise de i848, fournissent un enseignement du mdme genre. Nous le tirerons de la separation tres accentuee qui existe dans leurs ouvrages entre les id£es |th6oriques el les conceptions pratiques.
Au point de vue theorique, Vidal et Haeck (ce dernier plus encore que le precedent) ont 6t6 des partisans extr£mement nets de la monnaie signe, envisagee et defendue en elle-m6me.
Mais ce n'est pas seulement k leurs idees theoriques qu'ils doivent de prendre place dans cette etude ; leurs systemes pratiques, sans 6tre l'application de leurs theories, ont un inte>e*t historique considerable. Les deux auteurs n'ont pris du probleme de l'organisation de Pechange que les questions relatives a son amelioration par le credit. C'est aux banques que, d'une facon directe, ils se sont attaques, mais ils n'ont pas vu en elles, comme Proudhon, l'instrument d'une transformation generate du mode de l'echange.
Le probleme de l'organisation du credit a ete envisage par eux dans ses limites precises.
Unis par la communaute du but, Vidal et Haeck different par les moyens de Tatteindre : Tun donne a la question de Amelioration des conditions de l'echange par le credit une solution etatiste, Tautre une solution mutualiste.
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C'est, par suite, a deux titres egalement legitimes, que Vidalet Haeckentrentdanscette 6tude : ils y entrent, d'abord, parce qu'ils presentent I'exemple de theoriciens de la monnaie signe ayant recule devant 1'application pratique de leurs idees; ilsy entrent, ensuite, parce que leurs systemes pratiques sont le point de depart le plus net des traditions socialistes et des traditions mutualistes en matiere de credit.
VlDAL 1 .
Dans l'ouvrage de Vidal que nous analyserons plus specialement et qui est intitule : Organisation
i. Francois Vidal. N6 a Coutras en i8i4, mort en 1872.
Se p^n^tra de bonne keure des doctrines de Saint-Simon et de Fourier. Fut en i84i employe a la prefecture de la Seine, puisdevint r6dacteur de La democralie pacifique, de la Revue independante, de la Pressej journaux dans lesquels il defendit les idees d'intervention de l'Etat entre patrons et ouvriers.
Fut apres la Revolution de i848 attache par Louis Blanc, en qualite de secretaire, a la commission d'organisation du travail qui siegea au Luxembourg.
En i85o (elections partielles du 10 mars), fut eiu membre de Passembiee legislative, a la fbis a Paris et dans le Bas-Rhin.
Dut quitter Paris apres le coup d'Etat.