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Econ. frangais, i er decembre

2. En Angleterre, il y a une proportion legale entre I'encaisse et emission : elle a £tefix6epar l'Act de Robert Peel (1 844) St 17 775ooo

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pour ioo par rapport a l'emission. Encore certains auteurs croient-ils qu'il reste une disproportion trop grande dans certains pays et notamment chez. nous, entre Tencaisse et remission : Au i er octobre 1906, la Banque de France a une encaisse or de

2 836 millions et une encaisse argent de 1 o44 (au pair)

soit 3 880 millions Son emission peut legalement s'elever, depuis la loi du 9 fevrier 1906 a 5 800 millions 1 . En fait, la situation de la Banque de France parait tout a fait inebranlable

B. — Les conceptions pratiques.

II est inutile d'insister davantage surles erreurs theoriques de Vidal. Dans la pratique, il va beaucoup moins loin. On peut m6me dire, qu'en ne se conformant pas a ses principes, il a pose quel

livres sterling. Une proportion est e'galement imposed a la Reichsbank : i° d'une facon directe (Pencaisse doit elre des deux tiers) ; 2° d'une facon indirecte en ce sens que si remission, quoique d^passant de moins d'un tiers l'encaisse, de*passe un certain chifrre, Pexc£dent doit payer un impot de 5 pour 100.

1. Il n'existe de maximum d'6mission en France que depuis la loi du ia aout 1870. Il etait alors fixe a 1 800 millions.

Voir sur « 1'exage'ration de la circulation fiduciaire de la Banque de France », P.-L. Beaulieu, Econ. frangais, 27 Janvier 1906, p. n3. D'autres auteurs considerent au contraire [la situation de la Banque de France comme si forte qu'a leur avis son encaisse constitue seulement un tr^sor de guerre, c'est-a-dire ne trouverait de re*elle utility qu'en cas de crise.

220 LES SYSTtiMES S0C1ALISTES D'tiGHANGE

ques-uns de ceux qui ont servi depuis a organiser le credit foncier et le credit agricole reel et personnel.

Nous serons a m6me d'en juger quand nous aurons d£crit :

i° Le cadre general de son organisation du •credit ;

2° Les fonctions de chaque organe.

1° Principes et cadre genSral de son organisation du crMit.

L'organe essentiel de la distribution du credit •dans le systeme de Vidal, c'est une Banque centrale qui doit 6tre substitute ala Banque de France : « La banque centrale de circulation est pour nous le grand ressort de Torganisation du credit.

Toutes les autres institutions ne sorit qu$ des rouages secondaires. »

Cette banque sera une banque d'Etat.Iciapparait la difference de temperament qui s6pare Vidal de Proudhon. Vidal, au point de vue reformateur, est saint-simonien. II fait de PEtat une Providence. II

Tecrivait en propres termes en i848 : « L'Etat d^sormais doit 6tre la Providence de tous les travaillcurs 1 . »

11 ecrivait aussi : « Le premier acted'un gouvernement democratique doit 6tre deconcentrer sous sa dependance toutes les institutions de credit...

i. Vivre en travaillant, p. 53.

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Les compagnies particulieres cherchent, avant tout r a r^aliser des benefices, afin de distribuer a leur& actionnaires de gros dividendes ; mais l'Etat n'est point interesse &. lever tribut sur le travail ; Une demande qu'a rendre des services *. »

Gette confiance dans FEtat se retrouve dans son ouvrage de i85i : « Organisation du Credit... ».. Elle y semble cependant contredite par certainspassages comme celui-ci : « Ce sont toujours le& gouvernements qui ont perdu les banques, depuis* la banque de Law jusqu'a la banque d'Angleterre, en les forcant a faire de la fausse monnaie pour subvenir a de scandaleuses prodigalites... Quand une banque, a le gouvernement comme complice elle manque a ses engagements sans pudeur 2 . »

Apr6s avoir 6crit ces lignes ou se revfele une si grande perspicacite, comment Vidal pouvait-il confier a l'Etat la mission de faire lui-m6me le credit. Une pareille extension de son role n'est

i. Vivre en travaillant, p. 79. — Cf. d'une maniere plus precise p. 47 • « H n 'y a que l'intervention de l'Etat qui puisse sauver l'industrie et empecher la suspension des travaux. Aux industriels qui sont dans la g£ne et qui demand en t secours, VEtat, au moyen des Banques organisers, peut offrir : i° des avances sur consignation de marchandises dans les entrepots publics ; 2° un debouche facile par la creation de bazars ; 3° des capitaux a titre de pr£t jusqu'a concurrence de un tiers ou de la moitie de la valeur des usines, moyennant hypotheqnes ou guaranties reel les ; 4° des avances sur depots de valeurs. » L'ouvrage Vivre en travaillant developpait ensuite cette organisation ou Pon peut reconnaitre celle qui fut precisee par Pouvrage de i85i.

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