‹ Les systèmes socialistes d'échangeChapitre 44 sur 55 · Gide, op. cit., q* £dit., p · texte numérisé non relu

Gide, op. cit., q* £dit., p

4. Cit£ par Jones, Conference monetaire de 18Q2. V. Dechesne, Revue d' icon, polit., 1904, p. 7i3.

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John Lubock a demontre que la monnaie, en y comprenant le numeraire et les billets de banque, ne representait que 2,8 des transactions de la banque dont il etait un des associes.

M. John Martin, banquier a Londres, a soumis a la m6me societe de statistique des chiffres extraits des tableaux officiels d'ou ilresulte que, en 1880, les banquiers de Londres ont fait, en monnaie, absolument le m6me pour cent de leurs paiements qu'en 1864. Ges divers temoignages tendent a montrer que « la proportion des echanges «ffectues sans monnaie ne s'est pas notablement accrue » et c'est une consideration qtiil importe de ne pas perdre de vue, parce que le chiffre croissant des liquidations qui se font sans monnaie semblerait indiquerque leur developpement sefait •au detriment des liquidations monetaires et qu'il y a tendance a Felimination definitive de la monnaie.

Ces reserves faites sur Tutilite d'une proportion d'ailleurs difficile a etablir, nous donnerons quelques chiffres pour faire sentir Timportance «xtr6me de ce mode ametallique 1 de liquidation.

En Angleterre 2 , il est favorise par l'habitude qu'ont

1. Nous savons en quel sens il faut entendre cette expression. Le -m£tal n'apparait pas dans la circulation, mais il est a la base de la •circulation, dans les caisses des banques.

2. En Angleterre, on paie 2 sous de lait par cheque, chaque jour, ou mensuellement sur livraisons de 3o tickets remis au jour le jour. — En Amerique, les Etats-Unis notamment utilisent le cheque aussi largement. Les clubs n'acceptent pas le paiement en especes ; l'admi-

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prise toutes les classes de la societe de faire de la banque le centre de toutes leurs operations. Pas un boutiquier, boucher, epicier, charpentier qui n'ait son compte de banque, c'est-a-dire que par tous r dans les transactions commerciales au cours desquelles on peut avoir a payer ou a percevoir, le cheque est utilise. Le cheque anglais est toujours tire sur un banquier. II est le plus souvent stipule payable a un autre banquier (representant du creancier, son client), et peut par suite donner lieu au reglement en clearing. II porte le nom du ban* quier creancier inscrit entre deux barres. De la vientson nom de chhque barri (crossed check). Le procede le rend inutilisable entre les mains de tout autre que le banquier d6sign6.

De plus ces cheques ainsi reunis entre les.

mains des banquiers fournissent par leur reciprocity les elements de compensations extrftmement actives dails les clearings. Voici comment M. Roche-Agussoldecrit le mecanisme du Clearing* house de Londres, a limitation duquel ont ete

nistration y voit un gage de s£curit6 contre le vol de ses employe's. Le paiement des fournisseurs, qui exige chez nous qu'on aille le faire soi-m&me ou qu'on en charge unepersonne de confiance, peut se faire par n'importe quel interm^diaire, grace au crossed check. Les bouchers parisiens sont, parait-il, couramment votes par leurs employe's qui vont porter les fournitures et qui recoivent les paiements a des dates impresses. La crainte de m£ con tenter le client empeche le patron de se renseigner, et les contestations sont nombreuses. Les bouchers de Chicago et de New- York ne connaissent pas ces incony£nients.

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organises tous les autres 1 : Au Clearing house, chaque banque a un representant sedentaire qui tient les comptes (Tinclearer) ; un autre qui distribue les traites aux debiteurs : le runner. Chaque client du clearing recoit, par les runners successifs des autres clients,, Yitat des dettes de la mat-* son. Apres verification, il en constitue son inclearing qui est de nouveau verifie a la banque m6me, ou Ton s'assure notamment de l'existence d'une provision. Les « returs » ou refus de traites sont notifies a Tinclearer par ecrit. A Yinclearing d6finitivement 6tabli s'oppose Y oulclearing (6tat des creances). De leur comparaison nait la balance definitive, abslraite et purement enonciatrice d'une somme a verser au clearing ou a inscrire a son actif — ou d'une somme a en recevoir.

Le Clearing est, on le voit, rev6tu d'une sorte de personnalite symbolique, qui ne peut avoir qu'un actif ou un passif momentane, puisque toutes les operations doivent en fin de compte s'equilibrer.

Ces operations se renouvellent a Londres trois fojs par jour. 11 y a la comme une institution permanente d'une extreme activite, comme une caisse centrale, commune aux banques, qui, danslecercle etroit d'une ville, eteint, au fur et a mesure qu'elles naissent, les dettes des banquiers par leurs cr6ances. De la sorte, ont ete compensees

i. Roche- Agussol, Essai sur le Clearing system, these, Mont pellier, I90i,p. 74.

en Anglelerre en igo5, creances et dettes pour 12 milliards 905 millions de livres sterling 1 .

En Amerique, Tactivite des Clearings est plus considerable encore : les compensations operees en 1905 se sont elevees a i4o milliards 5o2 millions de dollars.

Relativement a ces chiffres, il se fait en France une compensation bien reduite*.En i<)o5,lechiffre en est de 10 milliards 276 millions de francs. La cause en est la defiance que manifestent a Tegard du cheque un grand nombre de commercants et toules les administrations publiques. Cette defiance tient a Tinexistence en France du cheque barre qui offre des garanties certaines contre le vol; d'une facon plus profonde, elle tient a une certaine hesitation a recourir a la banque pour en faire Tagent de ses encaissements et de ses paiements 3 .

II faut remarquer d'ailleurs que la plupart des banquiers ont un compte courant a la Banque de

1. J. de statistique, m'ai J 906; la livre sterling vaut 35 fr. 221 ; le dollar vaut 5 fr. 181 3.

a. V. Econ. fr., 27 Janvier 1906.

3. La defiance est certaine a l'egard des banques privies qui existent encore dans les localites ou n'ont pas p6n6tre" les succursales des grandes banques.

Le nombre des cheques en France a cependant augment^ : il 6tait En i8y9, de : 5904901 sur place;

1 75 1 600 de place en place ; En 190a, de : 7 4o3 84o sur place;

1 897 705 de place en place.

Economiste europSen, 1906.

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France et qu'ainsi peut se substituer au procede du clearing le proced6 du virement, encore plus commode. La Banque de France remplit en effet Toffice d'un vaste clearing house. Elle delivre a ses clients (qui sont surtout des banquiers) des bons de virement dits mandats rouges, a cause de leur couleur, et ainsi concus : La Banque de France est priee de porter au credit de M la somme de ... dont elle d^bitera le compte de

Grace a ces bons de virement, les situations respectives se modifient avec le mouvement m6me des creances et des dettes, sans deplacement alternatif de fonds. Voici ce qu'en dit M. Loubet : « Un simple mandat adresse a la banque suffit en effet pour op6rer un reglement sur la m6me place sans aucun frais. Pour les r&glements a effectuer d'une place sur une autre ou la banque possede une succursale ou une agence, les m6mes facilites sont accordees moyennant une tres faible commission. L'augmentation des divers comptes courants qui, de 6g43 en i860, passent successivement a 7 534 en 1870, 8180 en 1880, 12943 en 1890, 37 290 en 1899 suffit a expliquer Timportance des sommes compensees actuellement par la banque pour le compte de ses clients. » En 1899, ^ e montant des sommes virees s'elevait a 102 mil-

1. V. Paul Loubet. La Banque de France et I'escompte. Paris, 1900, p« 56 et suiv.

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liards ; en 1905 il a 6t6 de 171 227 727 200 francs 1 .

II faut signaler dans cet ordre d'idees une institution qui va beaucoup plus loin, puisqu'elle n'est rien moins qu'une tentative d'internationalisation du proced6 : Les trois grandes banques de TUnion scandinave : Banque nationale a Copenhague, banque de Su6de et banque de Norvege ont etabli entre elles un systeme de compensation, qui leur permet des tirages reciproques regies trimestriellement par un solde en especes, billets de banque ou remises sur Tetranger.

Remarquons-le bien, la compensation joue d6ja un role considerable dans les reglements internationaux, sans ces institutions qui peuvent aboutir au simple virement : que fait en effet le commercant A..., domicilii a Paris, et debiteur de B..., domicilii a Londres, quand il achate a Paris du papier de creance sur Londres et qu'il se libere en l'expediant en place de monnaie ? II compense sa dette en se constituant creancier*. On entrevoit que les banquiers parisiens, ou pour mieux dire une banque centrale parisienne pourraitcentraliser tousles ordresde payer sur Londres et les 6changercontre les ordres de payer sur Paris que possederait la

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