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I. Solvay, op. cit., p. i53, note xv

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unites acquisitives delivrees, et il ne saurait y avoir lieu a paiement d'int6r&t. »

Cependant, il est question en divers passagesde Toeuvre de M. Solvay « d'interSt comptabiliste » * Mais il s'agit en realite d'unimpdt. L'interGt comptabiliste n'est pas le prix d'un pr6t; il est un prelfcvement oper6 par l'Etat sur les manifestations de la rlchesse. II n'est pas destine a constituer des benefices individuels mais a subvenir a la satisfaction des besoins generaux.

L'impot ainsi etabli aura, gr&ce au comptabilisme r l'avantage d'etre exactement proportionne a l'avoir de chacun. Aujourd'hui, l'avoir se dissimule; de~ venu demain la source et la mesure du credit de chacun, il se revelera, il s'etalera au grand jour,, il essaiera de se grossir.

Ge n'est pas la le seul but que permettra d'atteindre le comptabilisme. II permettra de faire de l'impot un instrument de justice sociale, en le faisant porter * d'une facon speciale et cr reiteree » sur la fortune transmise, sur l'heredite capitaliste » « afin que le filsne puisse, au point de depart, entamer la lutte avec des armes de privilege. »

Tel etant le caractere de 1'interGt comptabiliste^ nous voyons qu'il s'agit bien d'une monetisation directe, et nous retrouvons ainsi, avec M. Solvay, une tentative qui lui est commune avec la plupart

i. M. Solvay a ajout£ sur notre manuscrit « dans Pavenir ».

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des socialistes dontles systemesont ete examines. Nous avous vuOwen donner aux produits mobiliers un pouvoir d'acquisition direct en les evaluant, comme toute chose, en travail. Nous avons vu chez Proudhon le m6me effort pour donner a chacun la mesure d'acquisition integrate que comportait la valeur constat6e de tous ses produits 1 .

M. Solvay va plus loin qu'eux. Ce n'est qu'accessoirement qu'ils envisageaient une mobilisation eventuelle des immeubles et de la terre. M. Solvay les monetise de preference. II 6crit : « L'encaisse delabanque est en or et en argent, soit monnayes, soit en lingots; mais, n'est-ilpas evident pour chacun que, si elle etait en toute autre marchandise de valeur aussi ferme que celle de l'or et de Targent, remission serait tout aussi serieusement couverte qu'elle Test dans les conditions actuelles. A plus forte raison par cons&quent, si elle etait representee par des hectares de terre, des maisons, etc., c'esta-dire par des immeubles. Je veux dire que si la banque avait dans ses caisses des titres hypothecates couvrant largement ses emissions, elle serait aussi et m6me plus garantie que maintenant*. »

Ce sont la des affirmations que des experiences passees et des constatations presentes dementent a notre avis, absolument.

i. V. Proudhon, QEuvres competes, t. VI, p. 117. Exclusion des immeubles de la memorisation.

2. Solvay, op. cil., p. i36. M. Solvay a soulign£ sur notre manuscrit le mot « largement ».

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Le m6me langage 6tait tenu par Law au xvm e sifecle. Certes Law n'avait pas, contre l'usage de la monnaie, les preventions que M. Solvay partage avec tous les socialistes. II n'avait qu'un but au contraire : augmenter la quantity de numeraire. Sans tomber absolument dans Terreur mercantiliste et bullioniste, Law qui ecrivait au chapitre vi de ses « Considerations sur le numeraire » : « Ce quiconstilue la richesse des Nations, c'estune population nombreuseet des magasins de marchandises £trang6res et nationales », attribuait cependant a la monnaie un role, sinon preponderant comme on le voit, du moins tr6s important. « La monnaie bien employee, disait-il, entretient et augmente le commerce. » (Test dans son effort pour la multiplier et, en vertu d'une conception d'apres laquelle la monnaie n'est qu'un signe> que Law soutient la possibility pour une banque d'etendre indefiniment remission de ses billets en leur donnant un gage plus sur que Tor et plus illimite, la terre : « Le meilleur moyen de parera la p£nurie des especes, c'est de donner aux hommes un signe de transmission dont la mati&re soit prise chez eux, dont le prince puisse augmenter et diminuer la quantite suivant les besoins du commerce et de l'Etat et surtout qui ne soit intrinsequement d'aucune valeur. » II ajoutait : « tous les signes repr^sentatifs de la richesse sont indifferents ou egaux. »

(Test la m6me th^orie que Ton retrotive apres

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Texperience demonstrative de la banque de Law, dans la discussion relative a remission des assignats. Le discours de Thouret du 17 mars 1790, qui emporte les dernteres hesitations de la Legislative, contenait ces mots : « Comment un papiermonnaie qui aurait chez nous pour gage des valeurs territoriales 6gales a la valeur numerique qui lui aurait et6 assignee, pourrait-il valoir moins que Tor, l'argent et le cuivre monnayes l ? »

G'est la m6me illusion, tenace et captieuse, qui chez Vidal se formule en ces termes precis :

« Toute monnaie 6tant valeur, toute valeur reelle doit k la rigueur pouvoir &tre mon^tisee. »

Soit, mais on ne peut monetiser une valeur qu'a l'aide d'une autre valeur reelle. Si a cet 6gard Tor et l'argent frappes sont devenus l'linique monnaie, ils le doivent a leur superiority technique, c'est ce que nous avons montr6 dans Tlntroduction.

Sans qu'il soit d'ailleurs besoin de recourir aux experiences de Law et des assignats, a propos desquelles on peut objecter que la speculation fut la cause de leur discredit, il suffit de consulter les faits pour reconnaitre que la valeur de la terre est une valeur plus inconstante, plus trompeuse, plus incertaine que celle des metaux p'r'6-

1. M. Solvay 6crit ici : « Le pass£ n'a jamais et£ une bonne mesure du present et encore moins de l'avenir * le progres a toujours bouscuI6 le statu quo en realUant des idees entrevues ou qu'on tenta d'appliquer. »

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cieux. L'annee derniere, a la societe d'agriculture de France, le directeur du Credit foncier citait le cas, non isole, d'un domaine du midi evalue par les inspecteurs de la societe iooooo francs, il y a vingt ans, et qui, aujourd'hui, du fait de la crise viticole, ne pouvait trouver preneur a 20 000 francs.

M. Solvay a n6glige de nous indiquer d'une fagon precise ce qui arriverait au cas d'une pareille depreciation. Cependant il semble qu'il ait cherche a rendre certaines les valeurs mobilieres admises par TOfiice a la constitution de gage. Toutes les valeurs mobiliferes seraient des cr6ances sur l'Etat, mais l'Etat emploierait les fonds empruntes par lui dans les operations commerciales «t industrielles du pays. Apr6s avoir pris des mesures legales pour emp^cher le lancement d'entreprises peu serieuses, il participerait a Pensemble des entreprises qui se formeraient. II jouerait ainsi le role d'assureur des fortunes individuelles; <c dans Tensemble et par le jeu de la loi des grands nombres — les mauvais risques compensant les bons — il s'etablira inevitablement un dividende moyen qui variera avec la prosperity generate ' ». La perception de ce dividende moyen permettra d'allouer aux capitalistes pr^teurs un dividende

1. Voir, sur ce point : Discours sur la libre socialisation. Op, cit., p. ia5. Cf. Principes d'orientation sociale, p. 65 et suiv.

M . Solvay donne en particulier ce proced£ comme devant permettre de constituer une retraite aux ouvriers.

Aucuy. 21

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uniforme, inferieur mais sur, et sup6rieur au taux moyenactuel. La difference entrera dansles caisses de l'Etat a titre d'impot.

Si, par ce moyen, les valeurs mobilieres peuvent offrir un gage sur — question que nous n'envisageons pas en elle-m6me — aucune mesure du m6me genre ne semble pouvoir assurer la stability des valeurs immobilieres. Qu'arriverait-il s'il y avait lieu de realiser un gage depr6cie dont le propriataire a absorbe toute la valeur comptabiliste ? II serait depossede mais qui exploitera son bien ? L'Etat peut-il courir Taventure financiere d'une vente a perte ? II semble que M. Solvay indique la vente, comme suite a la depossession, dans le passage suivant l : « A quel moment la depossession sera-t-elle prononc^e ? II parait evident que c'est au moment ou la limite de la delivrance des unites sera atteinte, c'est-a-dire lorsque leur nombre deviendra exactement egal a celui qui represente la valeur comptabiliste du bien gage. A ce moment, on pourra accorder un certain delai au beneficiaire des unites, afin que, par authentication d'import provisoire ou par cautionnement, il puisse diminuer le chiffre total des unites accordees sur gage ; mais si, ce delai expire, il n'y est pas arrive, la depossession effective s'effectuera. Le bien sera alorsvendu... Ou bien si Ton admet qu'un systeme d'expertise sociale ait et£ organise don-

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