I. V. sup la theorie quantitative
De Foville, Econom. francais, n avril, a mai, 16 mai 1896; — La monnaie (1907),* expose" tres clair, p. i4o;
Eidouard Doll£ans, La monnaie et les prix (1906);
Ch. Limousin, La question sociale et la question de la monnaie (Revue d'econ. po I., 190a);
L. Duchesne, Influence de la monnaie et du cridil sur les prix (Revue d*icon. pol. t 1904, p- 720).
INTRODUCTION 2i
contre fraction — nonobstant les variations de quantise de la marchandise et de la monnaie.
2° La « marchandise » restant ce qu'elle est par hypothese, les prix doivent monter ou descendre de 10, de 20, de 5o pour 100, quand la quantite de monnaie ambiante augmente ou diminue de 10, de 20, de 5o pour 100.
C*est-&-dire, en somme, en langage moins *abstrait que, si la « marchandise » varie de quantite — et, par marchandise, il faut vraisemblablement entendre : le nombre des choses dont il est fait commerce, — si par exemple, elle augmente de 25 pour 100, concurremment a une augmentation du stock monetaire de 5o pour 100, c'est de 25 pour 100 seulement que s'augmenteront les prix.
La formule algebrique suivante peut des lors £tre donnee des variations de valeur de la monnaie : Designons par P, /?, le niveau general des prix a deux moments donnes, par M, m, la quantite de monnaie a deux moments donnes, par C, c, le stock de marchandise a deux moments donn6s. Nous aurons :
soit — = — x — .
Cette formule ne pourrait 6tre utilisee qu'a deux
22 LES SYSTfiMES S0GIAL1STES D'fiGHANGE
conditions : la i re , c'est qu'elle futexacte; la 2% c'est qu'on put connattre les variations qui se produisent dans les quantites de monnaie et de marchandise.
Or, que la formule soit exacte, nul n'en sait rien T car sa verification suppose precisement la connaissance des variations des quantites de la monnaie et des marchandises. Par la, ce qui la rend inv£rifiable, la rendrait de toute facon inutilisable et purement theorique.
On ne peut pas connaitre le stock m£tallique ni ses variations : parce qu'on ne connait pas le fonds du stock, qu'on ne connait pas ce qui, suivant Texpression de M. Foville, « meurt incognito » chaque annee ; qu'on ne connait pas ce qui, dans la production annuelle, va a l'industrie.
On ne connait pas davantage le stock des marchandises en circulation ; tout ce qui est produit ne circule pas ; et Ton est tr&s imparfaitement renseigne sur ce qui est produit.
Inverifiable et inapplicable, cette theorie est de plus certainement fausse.
Elle est fausse, parce qu'elle ne tient pas compte de la vitesse de circulation :
i° De la mcnnaie qui, en circulant plus vite, peut subvenir a une masse de transactions plus grande sans &tre plus abondante.
2° De la marchandise qui, sans augmenter de quantite, peut, en circulant plus vite, exiger plus de monnaie.
D'autres facteurs : l'importance des succ6danes de la monnaie (jeux d'ecritures, virements, troc) — Teffort de thesaurisation plus ou moins developpe, etc... viennent jeter le trouble dans la simplicity des relations mathematiques envisages. Or ce sont des 6l6ments dont l'importance est indeterminable *.
Voila deux modes de rectification qui eussent et6 en mime temps une explication interne des variations de la valeur de la monnaie. lis sont sans port£e.
En voici d'autres, qui, sans 6tre une explication, se flattent d'etre une constatation externe de ces variations : ils envisagent directement et uniquement les prix ; ils ont a leur base cette id6e commune que, lorsqu'une comparaison s'etablit sur la valeur, a des 6poques differentes ou dans des lieux diflferenls, d'un nombre considerable de marchandisjes, les variations de valeur propres k chacune d'elles se neutralisent et la comparaison des to-
i. Telle est 1'opinion de M. Dolleans qui s'est livrE a une etude approfondie de la tbeorie quantitative. Voici sa conclusion : « Lorsque nous avons cherchE a mesurer, d'une part, les variations des stocks monetaires et de la vitesse de circulation de la monnaie — et d'autre part le volume des transactions et le besoin de numeraire, notre analyse quantitative s'est heurtEe soit a des Evaluations contradictoires (stock mon&aire), soit a des Evaluations arbitral res (masse brute et masse nette des transactions), soit m£me a des evaluations impossibles (vitesse de circulation).
(La monnaie el les prix, in fine. Questions monetaires contemporaines, 1906.)
24 LES SYSTfiMES SOCIALISTES D'feCHANGE
taux donne precisement la mesure des variations du pouvoir commercial de la monnaie.
i° Dans cette categorie, entre, selon nous, la methode Nicholson dont parle M. Loria : On pretend tirer de la difference constatee des salaifes nominaux Indication d'une variation de valeur exclusivement mon6taire ; c'est qu'on suppose que se compensent et se neutralisent les variations de valeur des marchandises diverses qui rentrent, a deux moments differents oudans deslieux eloign6s, dans l'alimentation de l'ouvrier. Son salaire n'etant jamais que de ce qui est destine a subvenir a son alimentation, et la hausse du prix de certaines marchandises compensee par la baisse correspondante de certaines autres, ne pouvant 6tre ce qui determine le salaire a hausser, toute variation de salaire r6vMe, s'il s'agit d'une hausse, une diminution du pouvoir d'acquisition de la monnaie.
II suffit, pour condamner cette m6thode, de constater qu'il n'est plus admis par personne que le salaire de Touvrier soit strictement limite a ce qui est necessaire a Tentretien de sa vie.
2° On a propose egalement de comparer, en des temps et en des lieux divers, la valeur de I'unite de jouissance moyenne i . Pour Tobtenir, on commence par determiner ce qu'avec i franc, on peut se procurer de chaque produit ; on a ainsi Tunit6