ITALIE
(Sixième Congrès de l'Ail, coop. int. 1904, p. 576. — Bapports du Jury int. de l'Exp. univ. de 1900, Économie sociale, par Ch. Gide. — Mabilleau, Rayneri et de Rocquigny. La prévoyance sociale en Italie, Colin, 1898, in-12.)
L^s sociétés coopératives en 1903 (d'après une statistique de la Lega nazionale),
Soeiélés. Membres.
Sociétés de consommalion 948 188 809
Pn-ssoirs à vin, distillerie, lailcries,
l)Oulangeries 168 14 431
Sociétés agricoles de travail 35 5 210
Autres sociétés de travail 175 58 987
Sociétés de production industrielle. .. . 471 10 ICO
— de construction 55 12 809
— coopératives de crédit 390 140 840
— d'assurances 87 132 835
— coopératives agricoles loi 27 084
Un grand nombre de sociétés de consommation sont groupées dans la Ligue nationale des coopératives italiennes, qui a son siège à Milan. Les plus importantes sont l'Union militaire de Rome (16 000 membres) et rUnion coopérative de Milan (4 500 membres, 5 millions de ventes).
Les sociétés agricoles de production sont sans doute plus nombreuses que ne l'indique la statistique. Au lieu d'une centaine de laiteries qui y figurent, MM. Mabilleau, Rayneri et de Rocquigny en estimaient le nombre à plus de oOO en 1897 [La prévoyance sociale en Italie, p. 300), et
CapituI total
Cbiffrc (lafTaires
(en lires).
(en lires .
M. Berget compte une soixantaine de cantine sociali (La coopération clans la viticulture européenne, p. 293).
Les sociétés de travail sont des associations de braccianli, journaliers agricoles et charretiers, terrassiers, arrimeui's, etc., qui louent leur travail en prenant des entreprises en commun. Les petites sociétés de braccianli sont sans doute plus nombreuses qu'il n'apparaît ici.
Les sociétés coopératives agricoles sont des syndicats et comices agricoles qui font des achats collectifs.
La statistique de la Ligue semble surtout insufiisante en ce qui concerne les sociétés de crédit. Un état dressé par le gouvernement pour 1902 donnait un chiffre de 736 banques populaires, parmi lesquelles 594 banques ayant fourni un rapport avaient un capital de 120 millions. En outre, on estimait à plus d'un millier les caisses rurales, catholiques et autres. — Les banques populaires sont groupées en unions régionales, dont la plus importante est celle de la province de Trévise, M. Luzzati a fondé à Rome, en 1876, l'Association des banques populaires italiennes, qui a pour fonction de provoquer la création d'institutions nouvelles et de soutenir les banques existantes.
Les chiffres qui suivent donnent quelques indications sur la participation au crédit populaire des petits industriels et commerçants. D'après M. Arthur Fontaine (Rapports du jury int. de l'Exp. univ. 1900, Classe 103, p. 46 et s.), voici quelle serait la part de ces deux catégories dans les principales banques populaires italiennes en 1899 :
Participation des petits industriels et commerçants au crédit populaire en 1899.
Total des socié-
Caisscs. taircs.
Padoue 3 976
Bologne 4 967
Vicence 4 579
Province de Trévise 14 285
Crémone 8 598
Banque coopùr.
milanaise 5 152
Côme 1123
San Severo. . . . 669
Plaisance 2 403
Sienne 2 766
Lonig-o 11108
Manloue 3 533
Aclions
Opérations
Petits
des petits
des petits
Industriels
industriels
Total
industriels et com
et coiii-
Total
et eoin-
des opérjtions
merçants
mcrçants.
des actions.
merçauts.
(en francs).
(en francs).
M. Gide, dans son Rapport sur l Exposition de 1900 (p. 309;, donne les proportions suivantes pour les clients des banques populaires en Italie et en Allemagne :
Répartition proportionnelle des clients des banques populaires en Italie et en Allemagne.
Italie Alloinopiic
p. 100. p. lua.
firands ao-rieuUeurs 5.86 } ^n a
Petits - 25.a3 \ -•^''^
Journ.iliers paysans 4.37 2,8
Grands industriels et frrands commerçants.. . 4,12 ) ,, .
Petits — et petits — ... 24.47 ^ **''
Ouvriers salariés 8,73 3,9
Kmployés 18,6.3 9,7
Sans profession ou mineurs 8.73 7.9
SUISSE
(Sixième Congrès de l'Ail, coop. intern. 1904, Rapport de .M. Hans Mulier, p. 381.) "
Sociétés coopératives en 1903.
Sociétés de consommation 276
— acTicolos d'acliat 300
— de crédit et d'éparjrne 80
— de batteuses, bascules, fours de boulanjrcrie, etc.. 80
— d"élcvn£re du bétail 460
— agricoles de production (laiteries, 153G) 1 700
— diverses 230
Aux sociétés de consommation proprement dites, il conviendrait d'ajouter 130 sociétés agricoles d'achat qui fournissent à leurs membres des objets de consommation aussi bien que des engrais et instruments agricoles. Parmi les sociétés de consommation urbaines, en 1904, 171 sont groupées dans l'Union suisse des sociétés de consommation; elles comptent 113 000 membres et font un chiffre d'affaires de 43 millions de francs. L'une des plus importantes sociétés est le Konsumverein de Bàle, qui réunit 25 520 membres et fait des ventes pour 13 353 000 francs (1904). L'Union elle-même réalise un chiffre d'affaires de 6 180000 fr à son magasin central de Bâle.
Les sociétés de crédit comprennent 40 banques populaires pour les petits industriels, et 40 caisses Raiffeisen de fondation récente, déjà groupées dans une Union centrale. Parmi les sociétés urbaines, la plus importante est la Banque populaire suisse, qui a un grand nombre de succursales dans les principales villes.
Les sociétés d'élevage du bétail, qui ont une grande importance en Suisse, sont réunies au nombre de 122 dans une fédération qui a son siège à Berne; elles comptent 3 217 membres possesseurs de G 228 animaux.
Il existe de nombreuses fédérations cantonales de syndicats agricoles; la plus importante est l'Union des sociétés de la Suisse orientale (126 sociétés, 8 883 membres en 1903), qui possède à Winterthur un magasin de gros dont les ventes s'élèvent à 4 millions.
ANNEXES : VI, r 469
Parmi les sociétés diverses, il faut citer une quinzaine de sociétés industrielles d'emmagasinage, 200 sociétés pour l'adduction de l'eau, des sociétés pour l'éclairage électrique, quelques boucheries et boulangeries, etc. A signaler l'intéressante tentative de la coopérative de Birseck, qui, dans 14 communes du canton de Bàle-carapagne, applique la coopération à tous les services d'intérêt commun : vente du lait, achat de denrées, usage des machines, assurances, distribution d'électricité, etc. Une coopérative bien particulière est la Konsumgesellschaft de Bàle, créée par les détaillants pour lutter contre le Konsumverein; en 1903, el;e groupait 393 maisons de détail et 13 430 consommateurs; le chiffre des achats sur lesquels se calculaient les remises était de près de 3 millions de francs (Musée social, Annales, nov. 1904, p. 304).