LA TOUR DE BABEL
Bois de chêne ; 114: 155 cm. Signé : BRVEGEL. FE. MCCCCC.LXIIL.
Collection de l’archiduc Léopold Guillaume, peut-être d’abord en la possession de l’empereur Rodolphe Il.
Ce tableau, exécuté la même année que le Suicide de Saül, montre, encore qu'il soit dans le grand format en largeur, comme la plupart des tableaux qui vont suivre, une exécution fine à la façon des miniatures. Dans de pareilles peintures, il faut considérer chaque particularité pour en tirer une jouissance complète et pour pouvoir admurer l'exécution exceptionnellement spirituelle. A l'avant à gauche se tient l'architecte royal qui donne ses instructions aux ouvriers, et à l'arrière-plan s'élève la puissante tour bâtie en gradins, qui se dresse littéralement presque dans les nuages. Mais le plus beau est le paysage uni qui s'étend aux deux côtés de la tour : à gauche une ville avec d'innombrables maisons, à droite la vue sur un fleuve navigable. Le fin ton clair de l’atmosphère, qui baigne le tout et doue le tableau d’une poésie propre, marque un extraordinaire progrès dans le développement du peintre. — Le sujet n'était pas nouveau pour Bruegel, plusieurs de ses prédécesseurs l’avaient déjà traité, ainsi par exemple le paysagiste Joachim de Patinier dans un grand tableau sur toile perdu. Le célèbre Bréviaire Grimani, manuscrit exécuté au début du xvr° siècle, contient aussi déjà une représentation semblable de la construction de la tour babylonienne.
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