‹ Les tableaux de Peter Bruegel, le vieux, au Musée Impérial à VienneChapitre 8 sur 16 · LE PORTEMENT DE LA CROIX · texte numérisé non relu

LE PORTEMENT DE LA CROIX

à TEmie- des

LE PORTEMENT DE LA CRoIx.

Bois de chêne ; 124 : 170 cm. Signé : BRVEGEL. MD.LXIIII.

Collection de l’empereur Rodolphe II.

Cette même tonalité d'ensemble claire et gracieuse se retrouve sur le grand tableau du Portement de Croix, exécuté l’année d'après en 1564. Une mêlée innombrable de petits personnages couvre la surface du tableau et enveloppe avec ses nombreux traits de scènes de mœurs le nœud du grand drame biblique. Les figures de la sainte Vierge et de saint Jean seules, entourées des saintes femmes, se distinguent plongées dans une profonde douleur au premier plan. On a peine à découvrir dans le centre du tableau le Christ écroulé sous la croix, tellement le tableau est surchargé de scènes que l'artiste pouvait observer à l’occasion de ces évènements fréquents qu'étaient les exécutions de criminels, telles que de son temps — le temps de la domination espagnole aux Pays-Bas — elles avaient lieu plutôt couramment. La marche au supplice est accompagnée d'une tourbe énorme de badauds. — Pour ce sujet encore et pour sa façon de le concevoir Bruegel à des prédécesseurs, qui certes n'ont pas atteint sa hauteur artistique. Le plus imaginatif d’entre eux — et peut-être l'inventeur du genre — est Jan van Amstel, déjà nommé, le monogrammiste brunswickois, dont le tableau du Louvre semble une anticipation de celui de Bruegel.

Page 1