‹ Les tables de survieChapitre 3 sur 13 · ANS · texte numérisé non relu

ANS

Deparcieux

Beauvisage

Trois compagnies

françaises 18*60.

décédé» (le 1871 à 1877.

(Table Poti'[iiel.)

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Dans la lable de Deparcieux, en effet, la perle csl de 1 1/2 p. 100 de 5 à 20 ans, de 4 4/2 p. 100 de 20 à 60 ans el de 7 1/2 p. 100 de GO à 80 ans, landis que dans celle de Duvillard elle s'élève pour les mêmes périodes à près de 1.4, à 5.8 el à 8.4 p. 100. A 58 ans, Deparcieux nous présente encore plus de la moitié de la généralion vivante, landis que, dans celle de Duvillard, les sui'vivanls à l'âge de trois ans sont réduits de moitié avant d'avoir atteint leur quarante-neuvième année.

La comparaison de la lable de Berlillon avec celle de Beauvisage ou celle des trois compagnies françaises conduit à une conclusion semblable. La première perd 2.7 p. 100 de son effectif de 20 à 50 ans el 8.1 p. 100 de 50 à 80 ans; la seconde en perd 2.4 et 7.8 p. 100; la troisième de 50 à 80 ans n'en perd que 7 p. 100 (1).

Après avoir conjparé les tables portant sur une population non choisie et les tables calculées sur des tètes choisies, il est intéressant de comparer ces dernières entre elles: par exemple, celle de Deparcieux, dont les éléments appartiennent au commencement du xviii'^ siècle, celle de Beauvisage, dont les éléments, empruntés à la caisse Lafarge, à la fin du xv!!!*" siècle el à la premièi'e moitié du xix^ siècle (2),

(1) II ne laut pas toutefois s'exagérer la différence en comparant les deux séries. Celie des tables de têtes choisies ne commençant qu'à trois ans, ne laisse pas voir la période de la première enfance pendant laquelle la mortalité est très considérable, même parmi les enfants de la classe aisée. Elle Test cependant, comme nous le montrerons à propos de Paris dans le chapitre des agglomérations urbaines; car la mortalité enfantine est beaucoup moins considérable pour cette classe que pour la masse de la population. C'est par une hypothèse qui n'est pas suffisamment justifiée (car elle consiste à appliquer à peu près la mortalité moyenne à des têtes choisies), que V Annuaire du Lureau des Longitudes ^calcul de M. Mathieu) a complété la table de Deparcieux de o ans à 0 ans.

(2) La table de Beauvisage a été dressée en 18G7 à l'aide des décès des tontiniers de la caisse Lafarge sur 110,000 individus assurés à cette caisse; les documents n'ont permis d'établir le calcul que sur 38,90 l décôsl

et de les rapproclicr des travaux du même genre faits plus récemment pour les Irois compagnies d'assurances françaises en 1860 (1), pour les pensionnaires civils de rÉtat décédés de 1871 à 1877 (2) et pour les membres de l'Inslilut morts de 1795 à 1869 (à).

Les deux tables de Deparcieux et des trois compagnies françaises sont aujourd'lmi les plus autorisées en France; la première est celle dont on se sert pour calculer les tarifs de primes [)Our les contrats de rentes viagères, et la seconde est celle qui exprime le mieux la véritable mortalité de ces rentiers et qui se rapproche le plus de la table des vingt compagnies anglaises, dressée dans des conditions à peu près analogues (4). Entre les deux, la difféi ence est sensible : la mortalité est moindre à tous les âges sur la seconde; sur la table de Kertanguy (5), qui appartient, il est vrai, à une catégorie différente de personnes, elle e^t moindre aussi durant les cinquante premières années de la vie. La Caisse des retraites pour la vieillesse dont la clientèle se recrute surtout parmi les petits employés et les ouvriers prévoyants, c'est-à-dire dans une classe moins fortunée vraisemblablement que celle des tontiniers de Louis XIV, sait cependant depuis longtemps que ses rentiers ont une vitalité plus longue que celle de la table de Deparcieux. Elle Fa appris à ses dépens; cette prolongation de jouissance au delà des prévisions sur lesquelles le tarif des primes est établi, est une des causes du déficit que l'Etat a dû combler en lui attribuant, en 1884, 11 millions de rentes en 3 p. 100 amortissable (6).

Les tables de Beauvisage, des trois compagnies françaises et de Kertanguy, quoique présentant des différ ences intéressantes pour les actuaires qui ont à calculer des pi'imes, n'en ont |)as d'assez considérables au point de vue démogra[)liique

(1) La table des trois compagnies françaises (Assurances générales, Nationale ou ancienne Compagnie royale, Union), publiée on ISGO, contient les résultats de l'expérience des trois compagnies sur les décès de leurs rentiers de 50 à 85 ans.

( 2) La table de survie des pensionnaires civils de TÉtat a été dressée, à propos d'un projet de loi pour la création d'une Caisse nationale de prévoyance et à Tinsligation de M. L. Say, alors ministre des finances, par deux actuaires, MM. Gharlon et Achard. Klle a été dressée à l'aide de 1G,259 cas portant sur des pensionnaires décédés de (S7l à 1877, et se compose d'une table générale des pensionnaires civils, d'une table des pensionnaires du service sédentaire, d'une fable des pensionnaires du service actif, d'une table des pensionnaires de l'instruction publique et d'une table pour les veuves pensionnées.

(3) La table de survie des membres de l'Institut a été dressée pour la période 1795-18G9, par M. Potiquet. Voir le rapport de M. liienaymé à l'Académie des sciences en 187 2.

(4) La table des vingt compagnies anglaises, dont nous parlerons plus lo'iii^ est la meilleure qui existe aujourd'hui pour les têtes choisies (rentiers). En France, on emploie toujours Deparcieux pour dresser les tarifs des rentes et Duvillard pour dresser les tarifs des assurances en cas de décès. Mais ces tables, surtout celle de Duvillard, ne sont plus en harmonie avec Tétat actuel des choses, et les actuaires doivent, pour rétablissement des primes ou compensations, y introduire certaines corrections indi(iuées par l'expérience. 11 est regreilable que la table générale de la mortalité des rentiers, qui avait été entreprise par les six principales compagnies, n'ait pas été publiée jusqu'ici, et que les calculs d'une table semblable pour les assurés, en cas de décès, n'aient pas encore été faits, et que la France qui cependant a des matériaux sullisants, ne possède pas deux tables qui fassent autorité cumme celle des vingt compagnies anglaises fait autorité pour les rentiers.

(5) La table de M. Kertanguy a été dressée d après rexpérience de la Compagnie d'assurances générales ; cette table porte sur la période ïS;j7-1872 et sur 24,099 têtes (20,8G0 hommes et ;j,899 femmes) ayant sous(;rit l8/i27 polices, dont 23,478 pour la vie entière, 4,021 mixtes, 540 de survie et 388 à terme fixe; elle a été publiée en janvier 1874 dans le .Journal des actuaires français.

(G) Voici comment s'exprime à ce sujet le rapport de la Commission supérieure de la caisse nationale des retraites pour la vieillesse (Uapporl du 7 mars 1887) : « 11 ne faut pas perdre de vue en effet, que la valeur des rentes à inscrire et des capitaux à rembourser h partij' du l^"" janvier 1885, a été déterminée d'après la table de Deparcieux, bien que cette table indi(iue une mortalité trop rapide de nature à atténuer rimportance des charges probables, et que ce ne î-era ([ue dans quel(|ues années que la caisse, désornjais en mesui'o de suivre ses déposants, non plus seulement jusqu'à Teporfue d'entrée en jouissance, mais jusqu'à leur décès, pourra établir une table de moi taille ayant poui- base les observations constamment recueillies sur sa propre clientèle et conse(iucmment plus exacte. »

pour que nous croyions pouvoir en tirer quelque conclusion en faveur d'un accroissement de la vie moyenne. Nous nous contentons de dire que si la mortalité de la table de Kertang-uy est beaucoup plus ra[)ide que celle des trois compagnies, c'est qu'elle a été dressée sur des assurances en cas de décès, tandis que Tautre Ta été sur des rentes viagères (1).

La table des pensionnaires civils de l'État présente une courbe de mortalité beaucoup plus rapide que les trois autres. Mais il ne faut pas oublier que l'âge légal de la retraite étant de 55 ans dans le service actif et de 60 ans dans le service ordinaire, ceux qui sont retraités avant lage et beaucoup de ceux qui (juittent, volontairement ou involontairement, leurs fonctions à la limite réglementaire, sont en général retraités pour cause d'infirmités ou de mauvaise santé, et il convient d'ajouter que le changement d'habitude et la diminution de bien-être qu'entraîne souvent la mise' à la retraite, sont préjudiciables à l'équilibre de la vie. Il existe relativement aux commerçants une opinion, peut-être justifiée par l'expérience, qui confirme Tindication fournie par la table des pensionnaires : c'est que beaucoup d'entre eux, après avoir Bspiré longtemps à devenir rentiers, meurent peu d'années après avoir quitté, avec les affaires, le-tr^iin ordinaire de leur existence. D'après la talde de Kertanguy, la mortalité annuelle est de par 1,000 vivants de 50 ans; elle est de C6 p. 1,000 pour les pensionnaires. Cependant, quand ces derniers ont franchi le passage difficile, c'est-à-dire à partir de 70 ans, leur résistance contre la mort n'est pas moins hvle que celle des tontiniers de Deparcieux et des assurés sur la vie de Kerlanguy et leur vitalité, comme celle des rentiers, devient notablement supérieure à celle de la population en général.

Les veuves pensionnées n'ayant pas les mêmes causes de mort que leurs maris retraités et ayant, comme les femmes en général, l'avantage d'une longévité plus grande que les hommes, ont une courbe de mortalité d'une tenue supérieure à toutes les autres que la table de Kertanguy. Il en est de même pour les membres de rinstitut dont la table se place aussi dans les premiers rangs pour la longévité. En comparant la dîme mortuaire des têtes choisies, même de la table de Kertauguy, dont la mortalité est cependant la plus rapide, à celle de la population française (que nous avons déjà donnée dans le chapitre des décès), on voit que cette supériorité des têtes choisies est très accusée à tous les âges, excepté à l'extrême limite de la vie où

(I) En général, les individus qui font un contrat de rente viagère prennent cette détermination dans un ùgc avancé, de 50 à G5 ans le plus souvent, et ils la prennent parce que, se trouvant en bonne santé et pensant avoir de longues années à vivre, ils veulent faire de leur petit capital remploi le plus fructueux ; s'ils se savaient gi'avement malades, beaucoup ne signeraient pas un contrat de ce genre. Aussi les rentiers ont-ils, principalement de GO à 75 ans, une longévité plus grande que les assurés en cas de décès. Ceuxci, le plus souvent se sont assurés étant jeunes, parce qu ils avaient intérêt à le faire, la prime étant alors moins forte, et rien ne porte à croire que leur longévité soit supérieure à celle des autres têtes choisies; il arrive même quelquefois que certains individus, ayant précisément le dessein de s'assurer parce qu'ils se sentent menacés de quelque cause de mort, parviennent à Je faire, en tiompant le médecin chai'gé de la visite. Toutefois, c'est là une exception; la visite du médecin est en général une garantie qui écarte de Tassurance sur la vie les constitutions les plus menacées et c'est une des raisons pour lesquelles les personnes assurées sur la vie constituent réellement des tètes choisies. On voit cependant la différence qui existe dans les âges avancés entre les rentiers et les assurés en cas de décès en comparant la table des trois compagnies et celle de M. Kerlanguy. D'un travail récent d'un actuaire écossais, M. J. Ghatham (travaux de la société des actuaires d'Kdimbourg, t. II, 252), il résulte que la vie probable des rentiers est plus faible que celle des assurés sur la vie jusqu'à 50 ans et plus élevée api'ès cette époque, et qu'elle est à tout âge plus faible que celle des membres du clergé en Angleterre. Il y a d'ailleurs pour les rentiers, comme pour les assurés, durant les premières années qui suivent la signature du contrat un alea qui n'intéresse pas la démogr.iphie, mais dont se préoccupent avec raison les actuaires; iM. Finlaison calculait (18S3) que la mortalité normale ne se rétablit en moyenne qu'après la quatrième année; iM. Chaîham pense que la période d'incertitude varie de 1 1 4 ans suivant l'âge des assurés.

la statistique calcule pour l'ensemble de la population une mortalité moindre, sans pouvoir donner de cette anomalie une raison plausible.

Dîme mortuaire ( 1 )

(nombre ila décos par 1,000 vivants de clia(|ue ûi^o)

de la population française

(Méthode démographique.)

des lahlos tûtes ciioisies)

do Doparcieux.

de

Kertangny.

des

pensionnaires civils.

40 à 45 ans .

40 ans . .

La survie en France comparée à la survie danâ'Ues'pày s étrangers. — Nous avons constaté (dans un autre cliapiti'e) qu^ îa 'mortiilité a dijriinué dans les pays étrangers comme en France. En voici ^W'^' û'^g^[yg^\|U^^Y^^^g?^ tirées l'une de la comparaison de deux tables dressées engS^cue, la. 4irémiei ê.|ar Wargentin en 1766, la seconde |)ar le docteur Berg poili'^k<îj?(fr^ 1855-^âo, et Tautre de la comparaison des deux labiés dressées aux\^^s-Bas, la pre^^^/î^e par Baum.liauer pour la période 1840-1851, et la seconde pj<xB^vanPesdV^our la péi'iode 1870-

res^fw»é4rk€rtîe démo^rapliiaue.

1886. Ces quatre tables ont été dressées d'après"

PAYS-Bvs (hommes).

0 an .

10 ans .

Table de Bauinhaue;* (1840-1851).

Table de van l'csch (2) (1870-1880).

lOOÔ

0 an 10 ans

Table de Wargpntin xviii siècle.

lÔÔO

Table de Berg" XIX • siècle.

Les différences sont peu considérables aux Pays-Bas, parce que l'intervalle n'est que d'une trentaine d'années ; elles sont considérables pour la Suéde où l'intervalle est presque d'un siècle.

La population française a une vitalité peu différente de celle de l'Angleterre qui a une légère supériorité jusqu'à 45 ans et une légère infériorité de 45 à 70 ans, de celle de la Belgique qui est cependant quelque peu inférieure, à presque tous

(1) Des résultats analogues ont été constatés en Italie :

DIMK MOUTUAIRK

40 à 45 ans .

du royaume

d'Italie (1872-1877).

des penLiionnaires de l'Ktat en Italie (1808-1877j.

DIMR MORTUAIRE

du royaume

d'Iialio (1872-1877).

dis pensionnaires de l'État en Italie (18G8-1877).

(2) Dressée, d'après la méthoJe de Wargentin (méthode démographique), par M. van resch, professeur à r Université d'Amsterdam en 188 5.

les ôges, de celle même des Pays-Bas et de la Suisse. La Prusse a une morlalité un peu plus rapide que la France. La Bavière en a une beaucoup plus rapide; toutefois, son état démographique s'est amélioré depuis que la table que nous citons a été calculée par M. Ilermann pour la période 1834-18G7. Mais la France le cède de beaucoup aux États Scandinaves sous le rapport de la solidité de la vie.

La comparaison des tables de survie (dressée d'après la méthode démographique) confirme certaines observations que nous avons déjà présentées (dans un autre chapitre) sur la mortalité comparée des États d'Europe.

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