ACTE TROISIÈME
AGATHE
Nulle part... en rêve... Il était affreux!... Je patienterai jusqu'au rétablissement du divorce, mais on ne nous verra jamais ensemble. Ehl mais, Geneviève, il faut vous féliciter. On vient de m' annoncer votre mariage. C'est la nouvelle à sensation.
GENEVIÈVE
On se hâte trop, madame.
AGATHE
Vraiment ?
LE DOMESTIQUE, annonçant.
Madame de Folny.
GENEVIÈVE, à Valentine, qui entre comme une flèche.
Ah ! madame, comme vous paraissez émue !
VALENTINE^ s'asseyant près delà table.
On le serait à moins.
CLARISSE
Que vous est-il arrivé?
C'est kiouï, inouï, inouï !
CLARISSE
Ah! mon Dieu!
VALENTINE
Restez, Geneviève. Cela peut se raconter devant les jeunes filles : c'est très moral. Un notaire me fait prier ce matin de passer chez lui, pour affaire urgente... Voyezvous ce notaire qui veut qu'on passe chez lui ! — J'ai répondu que je ne sortais jamais. Il m'a fait demander à quelle heure je serais visible. — A trois heures. — Je pensais : il viendra pendant que je m'habillerai pour al"
1er chez Clarisse... il verra qu'il me gène, il n'entrera pas. — 11 est entré.
AGATHE
Ah! Que vous a-t-il apporté?
VALENTINE
Un testament de M. de Folny !
CLARISSE
Gomment ?
VALENTINE
Que mon mari lui avait remis, avec ordre de ne l'ouvrir qu'un an après sa mort, pour ne pas m' émouvoir. — Quelle attention !
AGATHE
Et ce testament ?
Horrible!
GENEVIÈVE
U vous déshérite?
VALENTINE
Horrible! « Je lègue toute ma fortune à ma femme. »