RAOUL, VALENTINE
VALENTINE
Comment! le prince Orbeliani est ici, et vous ne nous prévenez pas !
RAOUL
Il est allé fumer. C'est un sauvage !
VALENTINE
Sauvage ! Pas plus que vous. Combien de fois vous ai-je vu depuis im an?
Elle s^assied sur l'S.
RAOUL
Vous étiez en deuil.
La belle raison I
RAOUL, sur un fauteuil, près d'elle.
Je voudrais bien savoir ce qu'a pu devenir une mondaine comme vous pendant treize mois de veuvage.
VALENTINE
D'abord, j'avais à regretter mon mari : ce n'est pas une occupation, si vous voulez, mais c'est un maintien.
RAOUL
Je n'y avais pas pensé.
VALENTINE
J'ai patronné des œuvres de charité, j'ai encouragé des artistes, j'ai découvert un prix de Rome, j'ai fondé l'œuvre des jeunes égarées... Votre tante en est.
•RAOUL
Des jeunes égarées?
VALENTINE
Ehl non! des dames fondatrices. Nous voulons avoir votre père comme président et le docteur Bajol connue médecin.
RAOUL
Vous voulez faire du tapage?
VALENTINE
Le plus possible, pour réussir.
Alors, prenez-moi aussi... comme secrétaire!
VALENTINE
Non, par exemple, vous troubleriez nos jeunes converties.
RAOUL
Je m'engage à ne m'occuper que de vous.
VALENTINE
Ce serait inutile. J'aime mieux vous le dire tout de suite, je suis décidée à né pas me remarier.'