‹ Les tapisseries de Liége à Madrid, notes sur l'Apocalypse d'Albert Durer ou de Roger van derChapitre 3 sur 4 · V. La Descente de croix, n · texte numérisé non relu

V. La Descente de croix, n

Les renseignements pris à Madrid

par un collaborateur de M. Laurent

attribuent toutes ces tapisseries à

Roger. Les découvertes faites alors

dans les magasins et les inventaires

ne laissent aucun doute sur l'œuvre

de Roger et de Nicolas de Cusa,

particulièrement dans FApocalypse,

nos 429 à 487 des photographies, la

Passion, n^s 488 à 492, et les Vices

et Vertus, n^^ Su à 52o. MM. Mi-

chiels, Pinchart, Wauters et le

Kunstblatt ont aussi fait connaître

ces différents ouvrages de Roger Van

der Weyden.

On ne doit pas s'étonner de ne pas

trouver un nom d'artiste sur les

huit tapisseries de TApocalypse.

Beaucoup de pièces très-importantes de Madrid sont anonymes, sans aucune indication. En effet, on trouve le nom de Van Eyck sur cinq des six tapisseries de la Vie de la Sainte-Vierge et sur deux de l'Histoire de saint Jean : la Naissance de saint Jean, n^ 53o, et le Départ de saint Jean, n^ 53 1. Les deux dernières pièces de cette suite : saint Jean dans le désert, n» 463, et le Baptême de Jésus, n^ 464, sont dans une autre série et ne portent pas le nom de Van Eyck. On comprend, après tant de siècles et de vicissi-

tQdes, ces oublis, ces négligences, dans un pays étranger, à Madrid, si loin de Liège, et de l'école de Roger Van der Weyden.

C'était sans doute pour chercher à mettre un peu d'ordre dans toutes ces tapisseries liégeoises qu'on avait fait venir à Madrid, vers 1 555, Domitien de Chocquier, maître tapissier de Liège, qui résida quarante ans à la cour d'Espagne. Les voyages de Chocquier en Italie permettent peutêtre d'ajouter qu'une partie des anciennes tapisseries des ducs de Bourgogne était aussi à Naples.

M. Van de Casteele a fait connaître

Chocquier, qui est toute une révélation. Des documents sur Tindustrie des toiles, des papiers et des cuirs de décoration à Liège au XYII* siècle prouvent que l'industrie chercha toujours à suivre tous les progrès dans cette ville; maisdésolée par lesguerres civiles et étrangères, comptant à peine cent mille habitants, elle ne pouvait plus ni créer, ni inventer.

Dans les six tapisseries de la Vierge or et soie de Madrid, la première, le no 529, ne porte pas l'indication de l'auteur. Elle appartient cependant, certainement à la même main que les cinq autres, aux Van Eyck.

Marguerite Van Eyck paraît avoir surtout inspiré cet ouvrage si inconnu et si magnifique. Ces chefs-d'œuvre, que nous ferons un jour complètement apprécier, datent des premières années des grands artistes, pendant leur long séjour à Liège, sous Jean de Bavière, ou même peut-être sous Arnould de Horne, qui imposait déjà des miniaturistes à Tabbaye de Saint- Laurent en i382.

Ces dix tapisseries de l'Histoire de là Vierge et de l'Histoire de saint Jean paraissent avoir été composées pour rappeler les fêtes et les mystères du sacrement du baptême. On sait

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que le baptême se conférait à Lie'ge, dans réglise de Notre- Dame-aux- Fonts, renfermée dans Tenceinte même de la cathédrale Saint-Lambert.

Cependant Érard de La Marck, qui cherchait à rétablir toutes les splendeurs de son église, lui donnait, en 1 5 14, deux grands tapis sur la vie de la Vierge et de saint Lambert, qu'il avait fait venir de Paris. Il renouvelait peut-être d'anciens ouvrages encore célèbres, perdus en 1468. Malheureusement, il ne reste aucune trace de ces tapisseries. Le choix des sujets semble indiquer des compo-

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sitions alors un peu oubliées. On ne trouve absolument rien sur des tapisseries de la vie de saint Lambert.

C'étaient les premières qu'avait dû naturellement commander l'église de Liège pour honorer son patron et son fondateur. Et c'est sans doute à cause de cette antiquité, qu'on ne les retrouve plus à Madrid. Ce sujet révélait aussi trop facilement sa provenance.

Les tapisseries de Van Eyck sont très-importantes pour l'histoire de l'art. Elles datent, en partie, du XIV e siècle et sont les premiers essais des grands artistes. C'est aussi un

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premier pas vers un autre ordre de composition. On abandonnait déjà alors à Liège, la série des sujets juxtaposés, comme dans les tapisseries d'Éracle, de Saint- Martin et de Bayeux, attribués à la reine Mathilde d'Angleterre. Cependant on conservait encore partout cet alignement méthodique au XV® siècle et même au XVie siècle. Comme dans Tœuvre de la Chaise- Dieu, fabriquée en partie en Italie, en i5i8.

Le système de Van Eyck n'a été adopté que par un très-petit nombre d'artistes, comme dans les tapisseries de l'histoire de saint Rémi, don-

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nées à Téglise de Reims, en i53i; mais les dessins sont beaucoup plus anciens. MM. Vitet, Jubinal et la tradition les attribuent à TAUemagne, cependant toutes les légendes sont en français-wallon.

Les sujets sont groupés par les Van Eyck à droite et à gauche de la composition principale et séparés par de simples bordures ou des colonnettes très-élégantes. C'est en suivant ce nouvel ordre d'idées, que Técole liégeoise arrive, avec Roger, à comprendre le grand art de la composition, dont les premiers chefsd'œuvre sont dans l'Apocalypse : les

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Vices et les Vertus. On était parvenu à supprimer les petits cadres et adonner l'unité de sujet. Les tapisseries de l'Histoire de saint Jean montrent que Van Eyck était déjà arrivé à ce grand et dernier progrès qu'on retrouve aussi dans les ornements de la chapelle de la Toison d'Or, à Vienne.

Voici la suite des numéros des tapisseries de Van Eyck, photographiées par M. Laurent, à Madrid.

Elles mesurent environ quatre mètres sur trois et demi de hauteur.

I. No 529. Histoire de la Vierge. Sujets divers (7) de l'Ancien et du Nouveau Testament.

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IL No 524/ L'Adoration des Mages. (7 sujets.)

IIL No 525. Présentation de TEnfant Jésus. (5 sujets.)

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