LA GUERISON DU PARALYTIQUE
D'après le Carton oriôinal de Raphaël
LES ACTES DES APOTRES
sentement de sa femme, et il en apporta le reste et le mit aux pieds des apôtres. Mais Pierre lui dit : Ananie, pourquoi Satan s’est-il emparé de ton coeur, pour te faire mentir au Saint-Esprit et détourner une partie du prix de ce fonds de terre? Si tu l’eusses gardé, ne te demeurait-il pas ? Et, l’ayant vendu, n’était-il pas en ton pouvoir d’en garder le prix? Comment cela a-t-il pu entrer dans ton cœur? Ce n’est pas aux hommes que tu as menti, mais c’est à Dieu. Ananie, à l’ouïe de ces paroles, tomba et rendit l’esprit, ce qui causa une grande crainte à tous ceux qui en entendirent parler. Et quelques jeunes gens, se levant, le prirent, l’emportèrent et l’ensevelirent. »
On ne connaît pas d’esquisse pour cette composition si dramatique'.
Rappelons que le geste de saint Pierre est imité de celui de la fresque de Masaccio : le
payer le denier, térêt de constater que Berpour avoir surveillé le tisa imité à son tour une des fidans son rétable du musée de Job : la figure du Médant au milieu des monsanalogies avec Ananie.
de saint Étienne , Raphaël Actes (vu, p. 1-60) : « Enétaient transportés de rage çaient des dents contre lui.
du Saint-Esprit et ayant vit la gloire de Dieu et de Dieu. Et il dit : Voici, le Fils de l’homme qui est ils poussèrent de grands oreilles, et se jetèrent tous
Enfant portant des Tourterelles dans la Guérison du Paralytique. traîne hors de la VÜle, ÜS le (D’après le Carton original de Raphaël.) . , -, n
mirent leurs habits aux pieds d’un jeune homme nommé Saül. Et pendant qu’ils lapidaient Étienne, il priait et disait : Seigneur Jésus, reçois mon esprit. Puis, s’étant mis à genoux, il cria à haute voix : Seigneur, ne leur impute point ce péché. Et, quand il eut dit cela, il s’endormit. »
L’esquisse de la Lapidation de saint Étienne , conservée dans la collection Albertine, ne pré-
Christ donnant l’ordre de
Il ne sera pas sans innard Van Orley, qui passe sage des Actes des Apôtres , gures de cette composition de Bruxelles, l’ Histoire chant, qui meurt en se tortres, offre les plus grandes
Dans la Lapidation s’est attaché à ce récit des tendant ces choses, ils dans leurs cœurs et ils grin- Mais Étienne, étant rempli les yeux attachés au ciel, Jésus qui était à la droite je vois les cieux ouverts et à la droite de Dieu. Alors cris, se bouchèrent les ensemble sur lui. Et, l’ayant lapidèrent, et les témoins
i. — C’est à tort que l’on a vu une étude pour la Mort de la Femme d’ Ananie dans un dessin de la collection Albertine à Vienne, faussement attribué à Raphaël (École romaine, n° 236 ; photographie d’Alinari, n° 3977; Wickhoff, Die italienischen Hand^eichnungen der Albertina, p. XXIV). 11 s’agit en réalité, comme Passavant déjà l'a entrevu (t. II, p. 433), de la Mort de la Femme du Lévite d'Éphraim (Livre des Juges, ch. xix-xx). La pensée première d Ananie mourant nous a été conservée par une gravure sur bois publiée à Venise, dès 1 5 1 2 . dans les Epistole et Evangelii volgari hystoriade, en compagnie de \ Incrédulité de saint Thomas. Ce rapprochement a été établi par M. Bayersdorfer. Je dois à mon regretté ami, le baron de Liphart, le calque ci-après reproduit. Voy. Lippmann, Ein HoFschnitt von Marc-Antonio Raimondi, et Delaborde, Marc-Antoine Raimondi, PP- 274 - 277 -
dispose pas en faveur de Raphaël: c’est un premier jet rapide et sommaire; la conformation des têtes surtout est à peine indiquée. Aussi M. Wickhoff a-t-il cru pouvoir l’attribuer à Giovanni Francesco Penni. Malgré ma déférence pour l’avis d’un juge si autorisé, un examen approfondi m’a convaincu que seul Raphaël peut être l’auteur de ce croquis : la liberté et la justesse des attitudes, la netteté dans l’indication des attaches, révèlent incontestablement la main du maître. Ce qui achève de prouver que notre dessin a réellement été tracé par Raphaël, c’est l’extrême ressemblance des types et des attitudes avec la belle esquisse de combat, de l’Université d’Oxford (gravé dans mon ouvrage sur Raphaël, p. 633). Ce sont les mêmes têtes rondes et sommaires, avec le nez et la bouche à peine indiquées, les mêmes traits hardis, brutaux, jetés, comme d’une plume irritée,
sur les cuisses ou les poitrines. Mais il y a plus encore: le personnage vu de dos et debout à l’extrême droite, dans le dessin de Vienne, se retrouve, en contre-partie, dans celui d’Oxford, à l’extrême
gauche; enfin le personmartyr, correspond au second plan, derrière le la structure de la tête et les sont identiques. Nous confirmation de l’authentimais encore le moyen de tous deux ont pris nais- Dans la préparation Étienne , comme dans celtons, Raphaël a commencé nages sans vêtement, afin des mouvements ainsi que
Pensée première d’Ananie mourant.
(D’après les Epistole et Evangelii volgari de i5i2.)
nage debout, à côté du personnage debout au guerrier armé du bouclier :• le mouvement des épauavons là non seulement la cité du dessin de Vienne, dater le dessin d’Oxford :
sance à la même époque, de la Lapidation de saint.
le de plusieurs autres carpar représenter les personde se rendre mieux compte du jeu de leurs muscles..
Le carton de la Lapidation de saint Étienne a disparu depuis le xvr siècle.
Pendant l’intervalle entre l’exécution du croquis de la collection Alberthmet celle du carton, la composition a subi de grands changements; ayons le courage de proclamer qu’ils n’ont pas été des plus heureux. Dans le carton, ou plutôt dans la tapisserie, car la composition n’est plus connue que par celle-ci, l’ordonnance manque de netteté, de pondération, et la scène est tout à fait mal en cadre. Ce ne sont en outre qu’attitudes ultra-dramatiques : bras jetés en l’air ou étendus, on ne sait trop pourquoi. Le saint lui-même, partagé entre la douleur et l’espérance, n’a plus la pose si fervente qu’il avait dans le croquis. Raphaël n’a d’ailleurs conservé que deux des figures tracées sur ce dernier : l’homme debout, levant des deux mains une pierre, pour écraser la tête du saint agenouillé devant lui ; l’homme qui se baisse pour ramasser à son tour un des engins du supplice.
Il me paraît difficile, étant données de telles taches, d’attribuer le carton tout entier à Raphaël ; l’intervention de collaborateurs, probablement Jules Romain, n’y est que trop sensible.
La Conversion de Saül forme une paraphrase des plus fidèles du texte des Actes (ix, 1 - 9 ) : « Cependant Saül, ne respirant toujours que menaces et que carnage contre les disciples du Seigneur, s’adressa au souverain sacrificateur. Et il lui demanda des lettres pour les synagogues de Damas, afin que, s’il trouvait quelques personnes de cette secte, hommes ou femmes, il les amenât