‹ Les tapisseries de Raphaël au Vatican et dans les principaux musées ou collections de l'Europe; étude historique et critique accompagnée de neuf eaux-fortes ou planches sur ouivre et de 125 illustrations reproduites directement d'après les dessins, cartons ou tentures de haute lisseChapitre 7 sur 28 · LA MORT D’AN AMIE · texte numérisé non relu

LA MORT D’AN AMIE

LES ACTES DES APOTRES

liés à Jérusalem. Et comme il était en chemin et qu’il approchait de Damas, tout d’un coup une lumière venant du ciel resplendit comme un éclair autour de lui. Et étant tombé par terre, il entendit une voix qui lui dit : Saül, Saül, pourquoi me persécutes-tu ? Et il répondit : Qui es-tu, Seigneur? Et le Seigneur lui dit i Je suis Jésus que tu persécutes ; il te serait dur de regimber contre les aiguillons. Alors, tout tremblant et effrayé, il dit : Seigneur, que veux-tu que je fasse ? Et le Seigneur lui dit : Lève-toi et éntre dans la ville, et là on te dira ce qu’il faut que tu fasses. Or les hommes qui faisaient le voyage avec lui s’arrêtèrent tout épouvantés, entendant bien une voix, mais ne voyant personne. Et Saül se leva de terre, et, ayant ouvert les yeux, il ne voyait personne, de sorte qu’ils le conduisirent par la main et le menèrent à Damas, où il fut trois jours sans voir... »

Le carton de la Conversion de Saül revint en Italie du vivant même de Léon X :

il figura, de i52i à i 528, dans la collection du cardinal Grimani à Venise ; depuis, on en a perdu toute trace.

Une étude pour cette composition se trouve à Haarlem, dans la collection Teyler : c’est une sanguine (en contre-partie) représentant deux cavaliers et le soldat qui fuit en tenant une lance. Ce dessin provient incontestable-

mCllt d6 Ici melin do Raphaël, La Lapidation de Saint Étienne. — (D’après la Tapisserie conservée au Vatican.)

mais révèle un état de fatigue navrant : la monotonie des visages vus de profil, chacun avec la bouche ouverte, le modelé si ressenti, presque si vulgaire, des bras et des mains, étonnent chez un maître dessinateur tel que lui 1 .

A-t-on remarqué que dans sa fresque de la chapelle Pauline, représentant le même sujet, Michel-Ange a presque textuellement copié le cheval qui se sauve ? Le mouvement est le même, sauf qu’il a plus de naturel et de vivacité chez Raphaël, plus de raideur chez Michel-Ange. Il •ne s’agit — est-il nécessaire de l’ajouter ? — que d’une réminiscence inconsciente, non d’un emprunt direct et voulu (voyez la gravure de la page 16).

La composition suivante, connue sous le titre de Conversion du proconsul Serge Paul ou

i. — Je tiens à exprimer ici mes remerciements à M. Scholten, directeur du musée Teyler, pour l’obligeance avec laquelle il m’a communiqué la photographie de ce dessin.

i6 LES TAPISSERIES DE RAPHAËL

Élymas frappé de cécité , a sa source dans le chapitre xiii (versets 1-12) : « Ayant ensuite traversé l’ile jusqua Paphos, ils trouvèrent un certain juif, magicien et faux prophète’ nommé Barjésu, qui était avec le proconsul Serge Paul, homme sage et prudent. Celui-ci, ayant fait appeler Barnabas et Saül, désirait entendre la parole de Dieu. Mais Élymas, c’est-à-dire le Magicien, car c’est ce que signifie ce nom, leur résistait, tâchant de détourner le proconsul de la foi. Mais Saül, qui est aussi appelé Paul, étant rempli du Saint-Esprit, ayant les yeux fixés sur lui, lui dit : O homme, rempli de toutes sortes de fraude et de méchanceté, enfant du diable, ennemi de toute justice, ne cesseras-tu point de pervertir les voies du Seigneur qui sont droites? C’est pourquoi, voici dès

La Conversion de Saül, par Michel-Ange. — (Chapelle Pauline, au Palais du Vatican.)

maintenant la main du Seigneur sera sur toi, et tu seras aveugle, sans voir le soleil, jusqu’à un certain temps. Et, à l’instant, l’obscurité et les ténèbres tombèrent sur lui ; et, tournant de tous côtés, il cherchait quelqu’un qui le conduisît par la main. Alors le proconsul, voyant ce qui était arrivé, crut, étant rempli d’admiration pour la doctrine du Seigneur. »

La Bibliothèque de Sa Majesté la Reine, à Windsor, renferme une esquisse à la plume et au bistre, rehaussée de blanc, que M. Ruland considère comme un original, mais qui est trop fatiguée pour que je hasarde une opinion sur son authenticité.

La pensée première du geste de saint Paul se trouve dans la fresque du Carminé, peinte par Filippino Lippi, à ce qu’il semble, d’après les cartons de Masaccio.

Dans le Sacrifice de Lystra, Raphaël a mis en œuvre un des épisodes les plus saisissants des

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