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INCONVÉNIENTS. — COMPLICATIONS PLUS FRÉQUENTES DANS LES PAYS CHAUDS

Les accidents qui accompagnent les latouages sont assurément plus nombreux dans les pays chauds que partout ailleurs. Les complications consécutives se rencontrent aussi plus souvent, et sont plus graves. La douleur qu’occasionnent des piqûres couvrant une grande partie du corps ont quelquefois déterminé la mort chez des enfants à Tahiti (1).

Les accidents inflammatoires, infectieux ou de contagion sont bien plus nombreux chez les peuplades sauvages n'ayant aucune notion de l’antisepsie ou même de la propreté.

Les indurations prolongées, les ulcéralions persistantes, les Iymphangites sont très communes.

Quelques heures après l'opération, le patient est

(1) Ellis. Polynesy an Researches, London, 1829, t. IT, p. 463.— Mærenhout. Voyage aux îles du Grand Océan, Paris, 1837, t.11, p. 21.

De pris d'une fièvre violente, accompagnée parfois de délire. La peau présente des trainées rougeàtres, où il est aisé de reconnaître une angioleucite.

Le lendemain, le gonflement survient au niveau des parties piquées ou dans leur voisinage. Aux paupières ce gonflement est assez considérable pour empêcher l'exercice de la vue pendant plusieurs jours. Bientôt les régions latouées se recouvrent de croûtes, et ce n’est qu’à la chute de celles-ci que des dessins apparaissent sous forme de lignes bleuàtres ou ardoisées. À ce moment, le patient peut sortir de sa case et reprendre ses occupations. — Chose curieuse, le docteur Clavel (1) n’a point observé de cas d’érysipède ou de tétanos à la suite de tatouages. On sait néanmoins combien, dans les pays chauds, une plaie ouverte est susceptible de subir des infecions mulliples et variées : clou de Biskra, chancre mou, phagédénisme, et la gravité qu'acquièrent les cas de télanos et de syphilis dans ces contrées. M. le docteur Rey, professeur à l'Ecole de médecine d’Alger, a signalé la propagation du chancre mou par les tatouages (2).

Des complications très intéressantes et très communes chez certains naturels des pays chauds,

(1) Les Marquisiens. Clavel, In Archives médecine navale,

(2?) Travaux du comité d'études des questions médicales parliculières à Algérie, & 1, p. 447. Rey, La Syphilis en Algérie.

sont constituées par les chéloïdes cicatricielles. Le docteur Brault, dans son oui rage ygiène el prophylaxie des maladies des pays chauds, indique, en particulier, chez les nègres du Gabon et du Congo, la fréquence de la chéloïde (1). Ilest un fait, résultat d'observations faites depuis longtemps par les médecins de marine, c'est que la race noire a une grande tendance à fabriquer du tissu conjonctif (2) les moindres traumatismes, solutions de continuité de la peau, peuvent devenir le point de départ de tumeurs de nature fibreuse. (Nous avons vu que certaines peuplades utilisent cette propriété de leurs téguments pour instituer un véritable lalouage cicatriciel.) Dans certains cas, on peut dire qu'ils sont en puissance d’une vérilable diathèse fibroïde (3). Le docteur Langaard a vu un négrillon né avec celte dyscrasie, et chez lequel la plus petite blessure faite au moyen des ongles, d'une aiguille, d'une épine, donnait naissance à un bourrelet, de telle sorte qu'à l’âge de deux ans, époque à laquelle cet enfant mourut des suites d’une autre affection, il était littéralement couvert de ces excroissances cicatricielles. Ces bourgeons, constitués par des faisceaux de tissu fibreux,

(1) Hygiène et prophylaxie des maladies des payÿs chauds,

p- 152. J. Brault.

(2) Archives de médecine navale, février 1901. — Le Dantec et Boyé. Kéloïde de l'oreille, p. 141.

(3) Archives de médecine navale, 1891, p. 459. — Clarac.

Kéloïdes chez le noir.

ont une déplorable tendance à la récidive et peuvent devenir de véritables tumeurs, des fibromes.

Enfin, des cas de mort peuvent être la conséquence des tatouages. Ceux-ci, compliqués de gangrène, de pyohémie, déterminent des infections générales à terminaison fatale. Berchon (1), Jouan (2), eitent plusieurs cas de mort survenus à la suite de

tatouages.

(1) Berchon. — Relalion d’un voyage médical aux mers du Sud. Paris, 1858. — Un accident de tatouage. In Union médicale de la Gironde, p. 225, 1862.

(2) Jouan. — Cas de mort à la suite de tatouage. In Revue coloniale. Avril 1858.

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