‹ Les Tatouages Dans Les Pays Chauds Leur AblationChapitre 9 sur 20 · PROCÉDÉS D'ABLATION SCIENTIFIQUES MODERNES · texte numérisé non relu

PROCÉDÉS D'ABLATION SCIENTIFIQUES MODERNES

Lorsque les déportés de Cayenne ou de Nouméa sont libérés, une des premières choses qui les préoccupe, c'est de faire disparaître à jamais les (tatouages dont ils se complaisaient à s'orner pendant leur détention.

De même, lorsque les naturels des pays exotiques, parés des dessins en honneur dans leur tribu, veulent se mêler à la vie des peuples civilisés, ils n’ont en général rien de plus pressé que de se faire enlever ces ornements inutiles.

Depuis les temps les plus reculés, on a essayé différents procédés pour obtenir l’ablation des tatouages. Et vraiment quand on considère les moyens employés, on a lieu de penser queles patients étaient possédés d’un désir bien grand de se défaire de leurs tatouages : application d’une cuiller de fer rougie au feu, suivie d’un lavage au sulfate de cuivre ; grattage à l'acide chlorhydrique ; application d'emplâtres de

chaux vive !

= AFRO

Ce n'estque ces dernières années que des méthodes scientifiques et basées, non pas sur la destruction de la peau, mais sur le délalouage pur et simple, ont été essayées.

Nous ne parlerons, bien entendu, que des essais d'ablation des tatouages produits par piqûre. Les autres tatouages dus à des cicatrices (incisions ou brûlures) sont indélébiles ; il en est de même des tatouages par bourgeonnements : ces mulblations ne sont susceptibles que du bistouri.

Nous ne citerons que pour mémoire les essais de détatouage par l’électrolyse(1), qui n’ont pas donné des résultats suffisamment satisfaisants.

Successivement depuis 1888, MM. Variot (2), Sherwell (3), Ohmann-Dumesnil (4), Bailliot (5), J. Brault et Brunet (6) ont préconisé leurs procédés, que nous allons exposer.

(1) Heller. — Annales de Dermatologie, p. 1152, 1894.

(2) Variot. — Nouveau procédé de destruction des tatouages. In Comptes rendus de la Société de biologie, juillet 1888. — Les tatouages. In Revue Scientifique, 1? mai 1888.

(3) Bailliot. — Du tatouage (Thèse, Paris, 1894).

(4) Ohmann - Dumesnil. — Tatlomg and its succesful removal. In The New-Yorck Medical Journal, 20 mai 1893. (5) Braull. — Procédé de détatouage par des piqûres ser-

rées au chlorure de zinc. In Annales de Dermatologie et de Syphiligraphie, p.33, 1895.

(6) Félix Brunet. — Essai de détatouage par un procédé nouveau. [n Archives de Médecine navale el coloniale, t. LXX, p. 275.

Les procédés modernes de détatouage sont basés sur ce principe : piqüres avec agents escharoliques. On refait un véritable tatouage, et l'on cautérise en trempant ses aiguilles dans un liquide caustique avant de faire le repiquage. On se sert du jeu d'’aiguilles des tatoueurs européens, c'est-à-dire d'aiguilles fines, serrées solidement l’une contre l'autre à l'aide d’un fil fort, par trois, quatre ou cinq, et emmanchées sur un crayon où un manche quelconque, facilement stérilisable.

Variot, en 1888, propose un procédé basé sur le repiquage suivi d'une cautérisalion au nitrate d’argent. L'opération comprend trois temps : premier temps : badigeonnage de la région avec une solution concentrée de tannin ; deuxième temps: repiquage ; troisième temps : froltage des parties piquées à l’aide du crayon de nitrate d'argent.

Le Lannin introduit dans les piqûres tendrait lieu, d'après Variot, d'antiseptique et d'hémostatique, servirait aussi de mordant au caustique.

Ce procédé a de nombreux avantages, donne une cicatrice généralement peu apparente; mais Bailliot (1) lui reproche d'être douloureux et parfois infidèle.

M. Sherwell propose, à son tour, un procédé analogue en remplaçant le nitrate d'argent par une solution phéniquée. Cette méthode est aussi condamnée par Bailliot.

(1) Du détatouage, thèse Paris, Baïlliot, 1894.

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