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CHAPITRE VIII LA DERNIÈRE BATAILLE

Les semaines passèrent, puis les mois, puis les années... La vie faisait sur tous les personnages de ce petit drame son travail sinistre et lent. Elisabeth et Denis, luttant de toutes leurs forces contre la malechance, arrivaient à grand'peine à la paralyser, et jamais ils ne se relevèrent complètement du coup que leur avait porté la chute de leurs rêves, à Y Orangerie. Leur amour même avait perdu cette fleur délicate, ce duvet d'illusion et de poésie qui enchanta la première année de leur mariage. Il était peut-être plus fort et plus émouvant. Mais il y avait en lui quelque chose d'amer, encore accru du regret qu'ils gardaient de ce fils qu'ils n'avaient pu sauver, pauvre petite créature née dans des conditions si tristes que, sans doute, avait-elle voulu ne pas tenter la lugubre épreuve. Quels tristes souvenirs I

La gloire avait souri à Jean. Mais seuls ceux qui savent ce que c'est que la gloire comprendront l'indiffé-

rence que l'artiste ressentait à l'égard de cette compensation dérisoire. L'amour seul pouvait combler un cœur pareil au sien, et l'unique amour qu'il eût souhaité lui avait échappé.

Berthe vieillissait lentement, auprès de son indestructible tyran. Ce n'était plus aujourd'hui qu'un malade, une sorte de paralytique dont elle était l'infirmière dévouée. Quelques souvenirs suffisaient à l'aliment de son âme fidèle. Elle descendait quelquefois à Tours, faire visite à Ossian Pic. Le bon poëte vivait toujours dans sa mansarde de grisette, remplie d'oiseaux et de livres. C'est par lui qu'elle avait des nouvelles de Jean. Et elle s'exaltait au récit de ses triomphes.

Stéphane Pierron, depuis longtemps établi à Paris, y poursuivait sa carrière ambiguë de chimiste et d'inventeur. Et parfois on le voyait, sagement occupé dans quelque usine, avec des appointements magnifiques. Mais aussitôt après, il quittait cette place trop bourgeoise, louait un laboratoire et, avec l'argent gagné dans l'usine, il se livrait à ses expériences, lesquelles échouaient toujours, non sans lui laisser, à la figure ou aux mains, quelque trace plus ou moins profonde ; car elles se terniLaaient volontiers par des 'explosions catastrophiques.

L'abbé Fournemine, après la raclée magistrale reçue à YOrangerie et l'ordre formel de l'archevêché d'avoir à se tenir tranquille, rentra dans le rang et ne fit plus jamais parler de lui. Il était littéralement terrorisé. Quand on lui parlait de miracles et d'apparitions, il se signait, comme si le diable se fût dressé devant lui pour

le tenter, el il ne pouvait plus apercevoir une paysanne sans faire un détour de cinquante mètres, de peur qu'elle ne vînt lui proposer quelque combinaison myslagogique et architecturale du genre de celle où l'avait entraîné la bergère hallucinée, et dont les ruines solides de la colline de Saint-Gnitien semblaient vouloir, ironiquement, éterniser tout près de son presbytère, dans sa propre paroisse, le souvenir affligeant. Il vivait en outre dans l'anxiété, depuis que l'abbé Lestourneau, que cette fâcheuse histoire avait mis en avant, était devenu vicaire général. Il avait tort du reste, car ce dernier, maintenant qu'il triomphait, méprisait trop son ancien rival pour lui porter des coups. Il le laissait, négligemment, subsister. Et engraisser aussi, ce qui est la consolation suprême des déchus. L'abbé Fournemine, en l'absence de tout autre dérivatif, s'était remis aux plaisirs de la table.

Modeste Bartouille avait aussi complètement oublié les saints Anges que s'ils n'eussent jamais existé. Les soucis de la maternité lui avaient décidément retiré tout mysticisme, et elle s'était tout entière consacrée à l'éducation du marmot qui, né dans des conditions aussi exceptionnelles, menaçait de devenir un très joli garçon. Elle suivit du reste un jour un chemineau qui passait par là, emmena son gosse avec elle, et on n'en entendit jamais plus parler.

Opportune retourna dans son pays natal. Honorine et Benoît, à force d'errer partout, finirent par trouver, sur la recommandation de Berthe, une place de portiers dans un château des environs de Blois.

Seule, Marceline de Gouvain semblait n'avoir été atteinte par rien. C'est que rien, absolument rien, n'avait changé à sa vie depuis le jour où elle accepta de la partager avec les sœurs Louvicourt. Elle les utilisait avec âpreté, les tenant en haleine cyniquement par cette promesse de leur laisser la maison après sa mort. Et rien que la maison. Pas un pouce de terre en plus, pas un centime. C'était de sa part un plan savamment et minutieusement concerté. Elle leur répétait sans cesse une légende à laquelle elle avait fini par croire ellemême. D'après cette légende, elle avait été complètement ruinée par la catastrophe de la basilique. Réunissant ses dernières ressources, elle avait pu à grand'peine constituer un capital dérisoire dont il n'y avait moyen de tirer parti qu'en le plaçant en viager. Les quelques sous qu'elle leur donnait par semaine pour le ménage, telle était sa rente, son unique revenu. C'est pourquoi elle se privait de tout, ne sortant plus, ne renouvelant jamais sa garde-robe, vivant comme une mendiante. Il ne lui restait que la maison et le parc. Cela, elle n'y toucherait jamais. C'était sacré, doublement sacré, puisqu'elle le considérait comme appartenant déjà à ses petites amies Eulalie et Lucienne.

A part ces rares accès d'attendrissement, elle les traitait avec un égoïsme terrible, exigeant leurs services à toute heure du jour ou de la nuit, se servant d'elles comme de domestiques, les faisant coucher, l'une en bas, dans un appentis attenant à l'office, l'autre dans le retrait près de l'alcôve, où dormait naguère Opportune. Les deux sœurs supportaient tout cela avec patience.

Elles calculaient. II fallait bien que la maison leur appartînt un jour. Marceline n'était pas éternelle. Surtout que la crise qu'elle avait eue le soir de la grande scène avec l'abbé l'avait beaucoup éprouvée. Elle était très amaigrie, toute jaune, vite épuisée, en proie à des accès de tristesse sans raison.

A la suite d'un de ces accès, il lui prit soudain une véritable terreur que Lucienne et Eulalie ne l'abandonnassent. « Qui sait, pensa-t-elle, qui sait si cette promesse de leur laisser rO?'aw^ene leur suffît? Je sais bien qu'à leur place il me faudrait des preuves, des garanties. Que deviendrais-je, si elles s'en retournaient chez elles?

Ces idées se mirent à l'obséder tellement qu'elle ne pouvait plus s'en débarrasser. Elle ne dormait plus. Pour retrouver la sérénité, elle eut recours à un grand moyen. Elle fit venir Maître Lacorne de Chassignolles et, devant les deux sœurs, dicta son testament, qu'elle lui remit ensuite, le priant d'en être le gardien légal. Ce testament mentionnait, comme des choses sans importance, le legs des débris de sa fortune mi-partie à l'État et mi-partie à la commune, avec un prélèvement de quatre mille francs au notaire pour ses bons services, et il en venait tout de suite au principal, qui était la propriété de VOrangerie, Elle devait appartenir, tout entière et indivise, sans aucune charges ni servitude, à mesdemoiselles Eulalie et Lucienne Louvicourt « afin de leur témoigner ma gratitude pour les soins filiaux dont elles n'ont cessé d'entourer ma vieillesse ».

Ce document fut emporté solennellement par Maître Lacorne en son étude, et le fait est que, si les deux

vieilles filles eussent conservé des doutes, il les leur eût enlevés, car, complètement rassurées maintenant, elles redoublèrent de zèle.

Puis le temps passa de nouveau. Les semaines, les mois, les années... «

Un jour, sans raison apparente, peut-être bien tout simplement parce que son temps terrestre était fini, Marceline tomba malade. Une crise, moins violente que celle qui l'avait une première fois terrassée, et qui lui laissait de longs répits, mais plus sournoise et pour tout dire plus inquiétante.

Dans ses interv^alles de lucidité, elle éprouva un sentiment qui lui était inconnu jadis : la peur. Cette femme d'un orgueil farouche et d'une volonté terrible, qui avait toujours pu se passer de tout le monde, qui méprisait tout le monde, qui se fût volontiers dressée seule contre une douzaine d'ennemis, se mit à trembler comme un petit enfant... Et à trembler à cause de ses gardiennes. Jamais elle n'avait aimé Eulalie ni Lucienne. Maintenant, elle les haïssait avec ardeur, de toute la haine qu'elle leur supposait. Elle se rendait bien compte que, pendant cinq années, elles les avait sunnenées, harcelées, tyrannisées, humiliées de mille manières. A leur place, elle eût, tout simplement, assassiné. Alors?,..

L'idée qu'elle était seule, dans celte immense demeure, malade, faible, entièrement à leur merci, lui donnait des sueurs d'angoisse ? Un soir, toute fiévreuse, elle se

leva, s'enveloppa dans une robe de chambre et descendit au rez-de-chaussée afin de les épier, de surprendre leur conversation. Elle les savait à la cuisine, occupées au repas du soir. Pieds nus, pour faire moins de bruit, elle se mit dans une encoignure derrière la porte, écouta.

Les deux sœurs, à cent lieues de se douter d'une pareille imprudence, parlaient sans ménagement. Chose étrange, le corbeau était avec elles. Elles le haïssaient, avaient tout fait pour le chasser, mais Nestor n'avait pas admis pareille chose. Tenace, il s'était incrusté, revenant par la fenêtre quand on le chassait par la porte, se cachant au salon, dans la serre, partout, volant la nourriture qu'on refusait de lui donner de bonne grâce. Sans doute so considérait-il comme le vrai propriétaire de VOranfjerie, et le fait est qu'il y avait vu passer tous les autres, sans la quitter lui-même. De guerre lasse, les sœurs avaient cédé, et le corbeau, à qui il fallait une compagnie à tout prix, les suivait partout, ne voulait plus les quitter. Perché sur le dossier d'une chaise, il répétait de temps à autre :

— La ferme î... la ferme !...

— Va donc dire ça à la vieille, là-haut, espèce d'imbécile ! s'écria Eulalie.

Le corbeau cligna de l'œil d'mi air malin. Ce geste, sans doute inconscient, avait tellement l'air do signifier : « Pas si bête ! . . . Allez-y donc vous-même » , que les deux sœurs éclatèrent de rire.

— Il est lâche, tout de même ! cet animal, déclara Lucienne.

— Pas plus que nous, observa sombrement Eulalie. Tu entends, ma petite*? Pas plus que nous. Voilà cinq ans que cela dure ! Cinq ans que nous sommes ici, à porter le tablier, comme des bonnes, à servir cette horrible mégère en attendant qu'elle crève ! Cinq ans ! Et cela peut se prolonger je ne sais combien de temps. Et nous sommes là!... à user ce qui nous reste de jeunesse...

— Mais que te prend-il, Eulalie? Tu m'effrayes.

— Il y a des jours, vois-tu, où je perds patience, moi. Est-ce une vie, voyons, celle que nous menons ici? Une vie où personne ne passe, où toutes les occasions s'en vont!... Pierron est parti, je ne l'ai jamais revu. Et toi, ton Jean?...

— Tais-toi...

— Tu crois que tu t'es vengée, en l'enlevant à Berthe, en t'arrangeant pour qu'on tire dessus, comme sur un lièvre. En es-tu plus avancée ? Et nous, parce que la maison n'est plus à Elisabeth, en sommes-nous plus avancées?... Voilà plus de vingt-cinq ans que nous patientons. Tout le monde s'est moqué de nous.

— La ferme ! la ferme ! répéta le corbeau, très excité par cette violence...

— Tais-toi, toi-même, animal de malheur î

Et elle se précipita sur lui? Nestor, épouvanté, se réfugia en battant de l'aile sur le sommet de la pendule à poids, et appelant de toutes ses forces, sans doute à son secours :

— Benoît î Benoît ! Benoît !

— Il est loin, Benoît. Tu peux t'égosiller.

— Je t'en prie, Eulalie, tu me fais peur.

— Je te dis que je n'en puis plus. Il y a des jours où, quand cette mégère me parle, qu'elle me fixe de ses yeux froids et méprisants, qu'elle a l'air de me dire : « Tu es ma cuisinière, ma femme de chambre. Et je ne te donne pas même de gages. Et je me fiche de toi. » et qu'il faut que je sourie et que j'obéisse, il y a des jours, vois-tu, où je ne sais ce qui me retient de me jeter sur elle et de taper sur sa figure insolente jusqu'à ce qu'elle me demande grâce, là, à ge^noux !... à genoux !...

Eulalie s'était dressée, farouche, les dents serrées et les mains crispées au bout de ses deux bras tendus comme si elle eût maintenu sur le sol la tête d'une personne à genoux, écrasée, humiliée.

Alors, épuisée par sa propre colère, les yeux pleins de larmes de dépit, elle alla tomber sur une chaise, prostrée...

A pas de loup, sur ses pieds nus, grelottante, en proie à une peur panique, madame de Couvain remonta dans sa chambre.

La fièvre la faisait claquer des dents. Mais elle n'y voulait pas céder. Exigeant de sa volonté un suprême effort, elle ouvrit son secrétaire, y prit une lettre, la relut.

C'était une lettre qui datait de deux ans et que lui avait envoyée Elisabeth, dans une dernière tentative de se rapprocher d'elle. Marceline ne put la lire entièrement, tellement ses mains tremblaient. Quelques passages seulement :

« Ma chère marraine,

» Je vous en supplie, pardonnez- nous, maintenant. Si c'est une leçon que vous avez donnée à ma légèreté, je vous assure qu'elle fut assez longue et assez dure...

» J'étais une enfant, je ne voulais pas vous offenser, je vous le jure. Je vous aime bien, au contraire. J'avais été si heureuse à Molières, auprès devons, avec Jeanî...

» Vous ne le reconnaîtriez pas. Il est pâle, il a vieilli, il est découragé. Depuis plus de trois ans qu'il lutte, la mort de notre pauvre Jeannot, l'échec de tous ses espoirs, ce travail forcené auquel il est obligé pour seulement vivre, si vous saviez comme tout cela a pu l'user, le flétrir ! Que serions-nous devenus, si nous n'avions pas notre amour? Mais nous n'en pouvons plus...

» ...Tout ce que vous voudrez. Un peu d'argent... H vous le rendra. Vous ne pouvez pas lui refuser ce service. Vous l'aimiez tant, le pauvre Denis î Nous n'avons plus que vous. Laissez- vous fléchir. Je suis tellement certaine que tout cela est un malentendu, un long et terrible malentendu, mais pas autre chose...

» Ayez pitié, marraine, ayez pitié î »

Depuis deux ans, la lettre gisait là, dans un tiroir du secrétaire. Par dépit, jamais Marceline n'avait voulu

répondre... Aujourd'hui, en présence de la mort imminente, quelque chose qui ressemblait à un remords naissait en l'âme aride de madame de Gouvain... La justice ! Il existe tout de même une justice... Qui l'avait le plus offensée des deux : de cette malheureuse, coupable seulement de quelques railleries, ou de la monstrueuse fdle d'en bas, ivre de rancune et de haine, qui guettait le décès d'une vieillarde malade?... Ah! il fallait la punir, celle-là, la punir tout de suite... Et le meilleur moyen de la punir, n'était-ce pas de lui retirer, au dernier moment, sa proie si longtemps convoitée, pour l'offrir à celle qu'elle haïssait, et à qui elle l'avait elle-même volée?...

Encore un effort, il faut en finir. Marceline prend une plume, de l'encre, une feuille de papier... Elle écrit.

Quelques lignes signées de son nom. Il n'en faut pas plus. Quelques lignes, mais, trouvées dans le tiroir du secrétaire, elles suffiront à déshériter les misérables en annulant les dispositions prises devant Maître Lacorne, elles suffiront à restituer la maison à la malheureuse innocente qui a demandé pardon...

C'est fini. Après, madame de Gouvain a tout juste la force de monter dans son lit, de s'y étendre. La fièvre la saisit, l'enveloppe, la brûle... Le délire s'empare d'elle. Elle râle... A ses cris, Eulalie et Lucienne accourent... Trop tard! Elles ne peuvent plus assister qu'à l'agonie... Marceline, sans même avoir témoigné par ses yeux \itreux qu'elle les avait vues, expire, devant elles, en prononçant d'inintelligibles paroles...

Lucienne prend peur. Eulalie lui saisit le bras :

— Tais-toi, dit-elle à voix basse. C'est maintenant ou jamais qu'il faut avoir du sang-froid. Nous n'avons que quelques minutes. Tu vas m'obéir en tout.

— Oui, répond Lucienne, subjuguée.

— Pour l'instant, ne bouge pas. Laisse-moi faire. J'ai idée que cette femme est incapable de s'être laissée mourir sans avoir voulu nous jouer un tour... Qui sait si tout à l'heure, quand nous parlions à cœur ouvert?...

Elle va délibérément vers le secrétaire. C'est un meuble qu'elle connaît bien. Sans hésiter, comme mue par un de ces instincts d'insecte qui mènent infailliblement à la place voulue, elle va droit au tiroir que Marceline a touché le dernier. La clef n'est pas sur la serrure, mais elle est tombée sur le tapis, de la faible main de la mourante... Eulalie la ramasse, ouvre le tiroir, y prend les deux papiers qui s'y trouvent. Le premier est la lettre d'Elisabeth, le second le testament autographe. Un cri de rage lui échappe.

— Viens voir, Lucienne, regarde I... Ohl la coquine! la coquine!... Après ces cinq ans d'esclavage, voilà ce qu'elle nous réservait. Et c'est daté de tout à l'heure... Si je n'avais pas eu la présence d'esprit de fouiller ce tiroir, si je n'avais pas eu le pressentiment de cette ruse ignoble... Eh bien! au delà de la tombe, sa dernière méchanceté sera déjouée. Non, la maison ne sera pas à Elisabeth. Elle sera à nous, à nous !

Et se tournant du côté du cadavre impassible :

— A nous ! entends-tu, vieille misérable? A nous

Regarde ce que j'en fais, de ton testament. Je te fermerai les yeux après. Tu verras d'abord ça.

Et elle fait brûler la lettre et le testament dans le feu de la cheminée. Elle attend que les cendres ellesmêmes s'en confondent avec celles du foyer. Aucune trace au monde ne reste de l'action accomplie... Tout est bien.

— Maintenant, ma petite Lucienne, tu vas immédiatement chercher le docteur. Qu'il vienne de suite! Il faut qu'il constate que la mort ne date pas d'une heure, que nous n'avons pas eu le temps matériel de rien faire ici depuis elle. Vite.

Et, pieusement, tandis que Lucienne se hâte dans la nuit noire à la recherche du médecin, Eulalie ferme les yeux de la morte.

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