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Les manifestations spectaculaires, auxquelles un peuple nombreux se rend sont de celles qui, de tous temps, ont retenu l'attention des gouvernants. Il importe de surveiller ces contacts massifs de citoyens.
Aussi, dans les spectacles prodigués jadis au peuple, voit-on toujours se mêler le prince ou ses suppôts.
Le chef de l'État participe aux joies de son peuple, diton plus habilement.
Quand, dans l’ancienne France, le genre théâtral se précise on laïsse beaucoup de liberté aux troubadours, auteursacteurs, utilisant souvent l’Église comme salle de spectacle. On ne leur demande ainsi qu'aux jongleurs loués pour les fêtes et les assemblées que de remplir leur engagement et de respecter la décence,
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La première organisation de comédiens est une confrérie placée sous l’invocation de la Passion de Jésus-Christ ; elle ne pouvait jouer qu'après vêpres. Elle devait aussi respecter la décence.
Louis XIII a défendu les comédiens. Il leur faut gagner l'estime de leurs concitoyens, et ce résultat sera atteint si leurs spectacles ne sont pas contraires à la morale. Dans une déclaration du 16 avril 1641, Louis XIIT veut que « l'exercice des comédiens ,qui peut innocemment divertir « les peuples de diverses occupations mauvaises, ne puisse « leur être imputé à blâme, ni préjudicier à leur réputation « dans le commerce public. » (Cité par Vivien et Blanc, dans « Législation des théâtres », Paris, 1830.)
La préoccupation de moralité publique, qui avait ellemême succédé à la moralité religieuse, passe à son tour au ‘second plan et les interventions de l’État exerçant la surveillance de l’art dramatique aboutissent à une censure nettement politique. :
Au cours des siècles, les allusions et les critiques auront des portées différentes. On trouvera aux XxvIe et XVIIe siècles des satires de la vie des grands du royaume, tandis qu’au xvIrIe siècle la forme même du gouvernement sera visée. Précisons tout de suite qu’il ne faut pas confondre censure et liberté d’exploitation théâtrale. Cette dernière fut accordée par une loi de 1864 tandis que la censure subsista effectivement bien plus longtemps. La censure vise ce qui est offert aux réflexions des spectateurs dans l'établissement de spectacle, l’exploitation théâtrale n’est qu’une activité commerciale particulière.
La souveraineté absolue du roi lui permet de soumettre les auteurs à tous les régimes .En 1706, cependant, Louis XIV décide de nommer désormais des censeurs qui
ne
exerceront une censure préventive, sur les œuvres théâtrales offertes au public.
Ces censeurs, devenus rouages administratifs, vivent dans la dépendance totale du roi. Il n’est que de se souvenir des démêlés de Beaumarchais avec la censure royale pour son « Mariage de Figaro ». La Révolution proclamant la liberté d’opinion, on pouvait penser que la scène allait aussi être libre. Il n’en fut rien et l’ordre public troublé fut le prétexte complaisant de maintes interdictions.
Un gouvernement autoritaire multiplie les risques de critiques, car nombreux sont les auteurs qui s’adonnent à ce jeu d'autant plus attirant qu’il est plus dangereux.
A l’époque de son divorce, Napoléon entra dans une violente colère au cours d’un spectacle que donnèrent les comédiens du Théâtre-Français, parce que Cadet Roussel s’était écrié : « Il est malheureux pour un homme comme « moi de n’avoir personne à qui transmettre l'héritage de « sa gloire. Décidément je vais divorcer pour épouser une « jeune femme avec qui j'aurai des enfants. » Dans «Britannicus », Narcisse conseillant à Néron de répudier, lempereur se crut encore visé. et décida lui-même d’être censeur. Ce ne fut qu’une velléité, la tâche étant certes excessive.
La censure est active jusqu’en 1870. Le 30 septembre 1870, un décret, inspiré par Jules Simon, la supprime. Mais le maréchal de Mac-Mahon rétablit le régime antérieur le 18 mars 1871. Depuis lors, la censure n’a pas été supprimée en droit, malgré des attaques aussi violentes que répétées. L’interdiction des « Avariés » de Brieux, fit plus scandale que son sujet lui-même. La dernière victime fut une pièce de F. Nohaiïn : « Au temps des Croisades ».
La censure est morte, en fait, lors de la discussion du
budget de 1905, par la suppression des crédits alloués aux censeurs. Ainsi disparaissait la manifestation la plus ancienne de l'intérêt apporté par l’État aux spectacles.
Le point de vue fiscal, pour ne pas s'être dégagé aussi vite, n’en à pas moins été retenu rapidement. L’intervention de l’État dans l’industrie des spectacles, sur le plan fiscal, s’est affirmée au cours des siècles.
Le plus ancien droit qui ait frappé les amateurs de spectacles publics est le droit des pauvres. Ce prélèvement fut longtemps unique. Il faut attendre le xx£e siècle pour trouver de nouvelles dispositions : taxe d’État et taxe municipale.