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Amas mvcélien entourant la base d'une plume, x

vieux, et prenant plus fortement la couleur (fig. 259.) Les amas épais, qui sont de véritables godets, montrent un lacis mycélien touffu, sans éléments épidermiques interposés.

Ainsi concordent les résultats de l'examen microscopique extemporané, et ceux que fournissent les coupes des biopsies.

Lorsqu'on extirpe au niveau des lésions actives, une plume entourée à son émergence de la peau, d'un anneau squameux, elle présente l'aspect que reproduit la fig. 260.

Si l'on examine comment est faite cette surproduction qu'on enlève avec la plume, on trouve l'amas squameux constitué par un lacis mycélien inextricable, en tout semblable à celui du godet (fig. 261).

Plus bas et au long de la plume elle-même les filaments deviennent plus rares, plus distincts, et ils ont tous les caractères des filaments

jeunes, moins fortement colorables, ayant la forme rubanée et peu de cloisons. Leur direction est ir régulière.

Nous n'avons pu savoir si la plume ellem ê m e était envahie, et dans quelle mesure, faute d'une technique suffisante (fig. 262).

Malgré les lacu-

Fig. 262. — Mycélium jeune au long de la plume, x 260. nés que présente

encore l'étude de ce Parasite, il semble que les dernières recherches à son sujet aient mis hors de doute sa vraie nature, par la morphologie des lésions qu'il dé-

FAVUS.

termine. C'est un Achorion puisqu'il détermine des godets faviques. Les inoculations apportent à l'appui de cette conclusion des arguments importants.

L'inoculation de la Poule soit avec les squames d'une Poule malade, soit avec la culture pure du Parasite, est régulièrement positive. Elle reproduit la maladie avec tous ses caractères. Et son évolution est la

ACHORION GALLINAE.

A'.'W ''nV X;V v -

même que celle de la maladie spontanée; quatre mois après l'inoculation, les Poules sont encore malades.

L'inoculation à l'Homme, pratiquée deux fois avec une culture adulte, a été deux fois positive. Il faut donc s'attendre, bien qu'on n'ait pas encore rencontré de cas d'inoculation spontanée à l'Homme, à en observer par la suite (').

L'une des lésions ainsi provoquées, lorsqu'elle eut atteint, après 10 jours, un demi-centimètre de diamètre, avorta et disparut sans laisser de traces.

L'autre, nettement positive au 10e jour grandit jusqu'aux dimensions d'une pièce de un franc, et commença sa régression spontanée, 17 jours après l'inoculation. Les deux lésions furent d'abord finement vésiculeuses. Puis les vésicules séchèrent sur place et desquamèrent sous

la forme apparente de croùtelles lenticulaires. La lésion, d'un rose vif pendant sa durée, passa au rouge sombre et prit une teinte bistre qui s'effaça peu à peu. Elle avait été prurigineuse pendant tout son développement. A aucun moment la lésion érythémato-vésiculeuse d'abord, puis érythémato-squameuse ne montra de véritables godets, visibles à l'œil nu. Mais les croùtelles lenticulaires qui se détachèrent à la guérison et qui étaient très petites, montées comme des pièces biopsiques et débitées en coupes, montrèrent à maintes reprises la figure suivante qui est assurément d'un godet favique (fig. 1265).

La lésion que nous avons obtenue sur le Lapin n'a pas été biopsiée, nous n'en avons fait que des examens directs extemporanés. Et, comme tous les examens de ce genre, celui-ci a donné des résultats moins démonstratifs que la coupe histologique (fig. 2(34).

Au contraire, les coupes que nous avons pratiquées à la peau du Cobaye nous ont donné une nouvelle et éclatante démonstration de la

Fig. 264.

Achovion Gallinar. Squame de la lésion d'inoculation au Lapin, x 260.

(') J'ai dit plus haut que le fait venait de se rencontrer

ACHORIQN GALLINAE. 567

nature favique de la maladie, ainsi que la figure 265 en témoigne. Elle reproduit deux godets, l'un G en exfoliation, l'autre F en formation autour d'un follicule.

Ces préparations justifient donc excellemment l'opinion antérieure de Sabrazès et permettent de rendre à ce Parasite le nom et la qualité d'un véritable Achorion.

Culture. — La culture de Y Achorion gallinae serait d'une obtention facile si les plumes de la Poule n'étaient le réceptacle d'une foule de Moisissures banales qu'on ne peut pas toujours éviter. dans les ensemencements primaires. Nous l'avons obtenue de tous les éléments morbides décrits. Tous les cas ont donné une culture semblable, sans variétés. Sur les deux milieux d'épreuve, la culture est similaire* Elle est un peu plus régulière sur milieu maltosé, et elle donne plus de pigment sur milieu glucose (fig. 266).

Au début c'est un petit gâteau rond, plat, à duvet court, d'un blanc pur, qui, en grandissant, prend la forme d'un bouton légèrement déprimé en cupule. La culture garde ordinairement sa couleur d'un blanc pur, si on la laisse à basse température. A l'étuve, à 50° C, la culture devient au contraire et constamment d'un rose tendre, elle s'ombilique, et se partage en secteurs, par des plis radiés, convergeant vers le centre où ils font quelques petites circonvolutions cérébriformes lesquelles en vieillissant, montrent des craquelures. La culture rose est plus ou moins foncée. Deux cultures peuvent différer à ce point de vue dans le même tube. Ce pigment rose diffuse de la culture dans le milieu et le colore en rose framboise. Cette diffusion du pigment dans le milieu, est jusqu'ici un caractère exclusif à cette culture dans toute la série des Dermatophytes.

Sur gélose peptone o 0/0 non sucrée, la culture garde la forme d'un bouton plat, un peu concave; elle est cernée de trois ou quatre plis annulaires, concentriques, très fins.

Sur pomme de terre, la strie d'ensemencement est signalée par une culture, interrompue par places, assez florissante, montueuse. Sa couleur est blanche. Elle est sillonnée de petites craquelures transversales, irrégulières, de couleur jaunâtre.

Sur lait, en tubes, après 27 jours la peptonisationdu lait est évidente sans être complète, et, au-dessus du disque de crème, apparaît une traînée horizontale, de couleur vermillon ; on dirait une touche d'aquarelle tracée horizontalement au pinceau. Cette culture doit être différenciée explicitement du Trichophyton rosaceum puisque, d'après ce que nous avons vu en retraçant l'histoire connue de ce Parasite, ou bien ce Parasite existe aussi chez la Poule, ou bien sa culture a déjà été confondue avec celle de l'Achorion Gallinae.

FAVUS.

. 26(i. — Achorion Gallinae. Cultures sur gélose maltosée : A, 20 jours; B, 50 jours: C, 40 jours. Cultures sur gélose glucosée : D, 20 jours; E, 50 jours; F, 40 jours

OOSPORA CANINA. 569

La culture du Trichophyton rosaceum se dislingue de celle de YAchorion Gallinae d'abord en ce qu'elle est plus lente, plus pauvre; sa forme au début est celle d'une houppe à poudrer, non pas d'un gâteau plat; sa face dorsale est d'un violet groseille sur milieux sucrés et centrée d'une tache d'un noir d'encre sur milieux peptonisés sans sucre. Cette tache d'un noir d'encre est caractéristique. Le pigment créé par le Trichophyton rosaceum ne diffuse pas autour de la culture dont le milieu garde sa couleur propre, tandis que YAchorion Gallinae colore tout son milieu en rose framboise. Cette différence est également très importante et remarquable. Quand on examine ces deux cultures côte à côte, leur confusion est impossible.

OOSPORA CANINA fSabrazès, 1895).

La mycose dite Favus du chien, due à YOospora canina de Sabrazès- Costantin, a été étudiée par Sabrazès de Bordeaux, mais cet auteur ne semble pas avoir observé la maladie spontanée du Chien. Les semences de cette espèce dermatophytique lui ont été adressées par Vincent. Et c'était Nocard qui les avait extraites d'une mycose du Chien en 1889. Les lésions décrites sur le Chien par Sabrazès sont donc des lésions d'inoculation expérimentale.

L'inoculation, pratiquée au Chien, de cultures adultes a produit « des godets confluents qui ont rapidement couvert toute la surface de l'oreille.... Ils étaient masqués par une carapace de croûtes et de squames dégageant une odeur de vieux fromage fermenté ». Le placard d'inoculation s'étendait, produisant des réinoculations spontanées à distance sur le même sujet et ne guérissant pas seul.

Sur la Souris l'inoculation donne lieu à des croûtes minces, rouges et jaunes, térébrantes, circonscrites par un bord surélevé et talué, donnant lieu au-dessous d'elles à des nécroses profondes, pouvant amener la cachexie et la mort de l'Animal.

Sur le Lapin, l'inoculation intra-oculaire produit une pseudo-tuberculose pulmonaire à laquelle il succombe en trois ou quatre jours.

Cette mycose n'a jamais été observée spontanément sur l'Homme, mais seulement après inoculation. Ces inoculations ont été pratiquées 8 fois par Sabrazès. Chacune a donné lieu à un placard cVérythème circiné sur lequel, une seule fois, se sont produits des godets typiques, d'un beau jaune vif, géométriquement ronds plus minces et plus creux que les godets du favus humain ordinaire.

(') Sabrazès. Sur le favus de l'homme, de la poule et du chien. Paris, 1895.

570 FAVUS.

Anatomie pathologique. — Sur le Chien les godets encapsulés dans l'épaisseur de l'épidémie sont formés d'éléments arrondis ou ovalaires, d'un diamètre de 5-6 p. distribués en chaînes irrégulières, et de filaments fins se colorant par la méthode de Weigert assez difficilement.

Les coupes microscopiques de l'un des godets de l'Homme y montrent de longues chaînes de spores ovalaires et un treillis de filaments, disposés en faisceaux droits dans la profondeur de l'épiderme et se colorant plus difficilement par la méthode de Weigert que l'Achorion Schônleinii ».

Cultures. — La caractéristique générale des cultures de YOospora canina est la production d'un pigment rouge, constant, qui se dissout et diffuse dans le milieu de culture.

Cette pigmentation rouge est intense et rapide sur gélose peptone, la culture est un duvet court, serré, d'un blanc pur, çà et là très finement poudré.

Dans le lait la culture forme un piqueté rouge très caractéristique, comparé par Sabrazès à une éruption de purpura.

Sur moût de bière la culture forme une membrane ondulée adhérente aux parois du verre, et couverte d'un gazon court, blanc de neige. La face profonde de la culture est rouge sombre et le milieu prend une coloration rouge foncé.

Sur pomme de terre, la culture en strie forme des massifs acuminés bruns, cerclés de duvet blanc, très extensifs.

On peut croire que l'ensemble de ces caractères est assez typique pour que celui qui rencontrera de nouveau VOospora canina ne puisse pas le méconnaître (').

(*) Aucune ou presque aucune étude mycologique n'a encore été donnée de l'Oospora canina, ainsi que le constate Gedoëlst (toc. citât., p. 131).

Le mycélium, dit Costantin, ne présente ni renflements ni divisions dichotomiques ; sur les bords delà culture, on trouve des filaments de cellules courtes, cylindriques ou rétrécies vers le milieu ou légèrement bombées ; des fragments de filaments, arrondis aux extrémités, peuvent s'isoler en comprenant deux ou un petit nombre de cellules. Il peut se produire des gemmes tout à fait semblables à celles du favus de l'Homme, disposées assez régulièrement dans quelques cas et affectant la disposition en longs chapelets dont les éléments forment la transition avec les spores. Dans certaines formes dégradées, on trouve des transitions analogues des cellules végétatives aux cellules reproductrices.

C'est sans doute à cause de l'insuffisance de cette étude que les auteurs n'ont pu retrouver dans les cultures de ce Parasite de formes plus différenciées et qu'ils l'ont classé comme du reste l'Achorion Schônleinii parmi les Oospora, c'est-à-dire parmi les Mucédinées simples, les plus dégradées. L'exemple de l'Achorion Schônleinii nous porte à penser qu'une étude plus approfondie de l'Oospora canina le ferait rentrer sans peine, dans la môme grande famille que les autres Dermatophytes. Cf. Costantin et Sabrazès. Étude morphologique des Champignons du favus (Arch. de méd. expérim. et d'dnai. patkol. Mai 1895, p. 554).

ACHORION GYPSEUM. 571

ACHORION GYPSEUM (Bodin, 1907).

Achorion gypseum. — L'Achorion gypseum (Bodin) est le dernier découvert des quatre Achorions animaux aujourd'hui connus.

Les observations de lésions humaines causées par lui et que l'on connaît étant encore on ne peut plus rares, je rapporterai le plus complètement possible toutes celles que j'ai pu réunir :

I. C'est certainement F Achorion gypseum que j'avais rencontré une fois en 1894 dans des lésions de « folliculite trkhophytique suppurée à petits éléments » chez un enfant et sur les plaques dépilées de son Chien. J'avais hâtivement cultivé ces lésions au moment où mon livre des Trichophyties humaines était sous presse et je l'y mentionnai (*) sous le nom de Trichophyton du Chien, en notant que « sur tous milieux sa culture présente une couleur café au lait clair » qui est à elle seule caractéristique, car le seul Dermatophyte connu dont la couleur soit analogue est le Microsporum fulvurn qu'on n'a encore observé que dans l'Argentine.

Par une erreur plusieurs fois reproduite depuis lors, j'avais décrit ce Parasite nouveau, à côté des Trichophytons à grande culture blanche poudreuse, auxquels leur prototype : Trichophyton {gypseum) astéroïdes a donné son nom.

II. La suivante observation est due à Sabrazès2. Il s'agissait d'un homme de 50 ans, charpentier, qui présenta à droite du menton un petit bouton que le rasoir écorcha, qui « dès lors augmenta rapidement de volume et suppura par plusieurs orifices ». La lésion augmenta pendant quinze jours ; après un mois, elle se présentait comme une tumeur ovalaire à grand axe parallèle au maxillaire inférieur, longue de o à 6 centimètres et large de 3, faisant au-dessus de*la peau un relief d'un centimètre et demi.

« En la regardant de près, on y voyait des saillies acuminées hérissées de poils, soulevées par une sanie jaunâtre, ainsi que des pertuis nombreux par lesquels la pression faisait sourdre du pus bien lié. »

Tout ce tableau est d'un Kérion typique. Mais ce malade était entré le 10 janvier 1898 dans un service de chirurgie, et le 20 janvier on procéda à l'ablation de la tumeur « qui par sa consistance et son aspect végétant faisait craindre un épithélioma cutané, infecté secondairement ». C'est cette pièce dont Sabrazès pratiqua l'examen histo-

(') Trichophyties humaines, p. 114.

(2) J. Sabrazès et Brexgues. Trichophytie profonde de la barbe (Actes de la Soc. linnéenne de Bordeaux, T. LUI).

572 FAVUS.

logique, lequel y démontra la structure d'un kérion trichophytiqne des plus nets.

L'origine de l'infection est demeurée incertaine. Le malade ne vivait pas en contact avec des Chevaux. Il avait auprès de lui des bêtes à corne d'apparence saine.... Sabrazès crut pouvoir identifier la culture de ce cas à celle que j'avais décrite deux ans plus tôt du Trichophyton gypseum.

Et ce sont ces cultures qui, lorsque Sabrazès les eût réinoculées à l'Homme et à l'Animal donnèrent lieu à de petits godets faviques. Or, j'ai examiné ces cultures mêmes, et il est tout à fait certain que ce sont des cultures de Y Achorion gypseum de Bodin; cette identification étant aisée à faire sur la seule comparaison de l'aspect extérieur de la culture qui est trichophytoïde à ses organes mycologiques qui sont d'un Microsporum : fait unique jusqu'ici parmi les Dermatophytes(').

III. Faut-il rapporter au même Parasite une observation de Mewborn (2), d'un malade chez lequel coexistaient un herpès circiné et des godets faviques? Cela est très probable. Car les cultures très triches phytoïdes du cas ont fait croire, à Mewborn comme à Sabrazès, à un Trichophyton gypseum. Néanmoins il se pourrait que Y Achorion gypseum ne fût pas le seul Achorion à culture trichophytoïde et qu'il exis-^j tât des Parasites de culture analogue, capables, comme les siennes, de déterminer tantôt des cercles et tantôt des godets.

IV. C'est ici que se place chronologiquement l'observation de Bodin (3), la quatrième en date, mais la première qui comportât l'étude et l'identification du Parasite et l'affirmation de sa vraie nature : « L'JcAorion gypseum a été extrait par moi — écrit Bodin — de lésions cutanées chez une femme de 50 ans exerçant la profession d'ouvrière. Lorsque cette personne s'est présentée à mon examen, elle portait sur la joue droite, depuis 10 jours, un placard arrondi de trois centimètres de diamètre, érythémato-squameux dans toute son étendue, et sur lequel existaient, irrégulièrement disséminés, quatre godets faviqnes, de couleur jaune soufre, de 2 à 5 millimètres de diamètre et dont les caractères étaient si parfaitement classiques que toute autre description de ces éléments est inutile. »

« Quant à la provenance de cette mycose, il m'a été impossible de la préciser, les commémora tifs ne m'ayant rien révélé qui puisse permettre d'attribuer à la contagion une origine humaine ou animale. »«

C1) Voir la mycologie de ce Parasite, p. 600.

(2) A. D. Mewborn. Report of a case of favus of scrotum, coexisting witî ringworm of th'e thigh, giving idenlical trichophyton-like cultures (Journal of cutaneous diseases, janv. 1903, p. 11).

(3) E. Bodin. Sur un nouveau Champignon du Favus (Achorion gypseum). Annales de Dermat. el de Syph., 1907, p. 597-590).

ACHORION GYPSEUM. 573

V. Cette origine allait être presque immédiatement démontrée par Suis, de Toulouse. Celui-ci, étudiant toutes les dernTatophyties animales qui se présentaient à l'école vétérinaire rencontra une plaque trichophytoïde chez un jeune Poulain d'un an, de race commune (').

« C'était, à la l'ace externe du. bras, sur une surface de forme ovalaire correspondant aux dimensions d'une pièce de deux francs, les poils semblaient hérissés. On les enlevait à la main par touffes, emportant avec eux une mince croûtelle ou d'abondantes squames épidermiques. La plaque une fois dépilée montrait un contour régulier, arrondi, une surface sèche, squameuse, sans que la peau, au niveau de la lésion parût épaissie. Il n'y avait pas de prurit. Deux plaques analogues mais plus petites, grosses comme des lentilles, existaient, déjà dépilées, sur le chanfrein et sur le nez. » Au moment où "cette brève note clinique fut recueillie, Y impression était d'une lésion trichophytique. On ne vit rien qui ressemblât à des godets miliaires. Cependant l'examen microscopique montra entre les squames épidermiques des amas mycéliens scutuliformes que nous étudierons plus loin.

VI. Quant à l'unique observation que j'aie pu faire de la lésion humaine de VA chonon gypseum en ces quatre dernières années, c'était chez un nourrisson, de vingt jours, une plaque ronde tout à fait trichopfry tique d'aspect, et située mi-partie sur le front, mi-partie sur le cuir chevelu. Cette lésion, grande comme l'empreinte rouge d'une pièce de deux francs, était érythémato-vésiculeuse, mais sous l'épidémie corné, décollé, à peine remarquait-on une moiteur sousjacente légère, bien loin qu'il y eût un véritable suintement.

Ces squames montraient à l'examen microscopique un mycélium jeune, sans caractères spécifiques. Rien, à l'examen objectif ou à l'examen microscopique ne pouvait faire croire qu'il ne s'agit pas d'une trichophytie banale. Rien sur la surface malade ne ressemblait à un godet. Et c'est la culture seule qui fit la preuve du Rarasite causal.

VII. Une dernière observation doit être mentionnée. Elle appartient à Lefèvre, de Rruxelles. Au cours des derniers mois de 19\)8,il observa un « Kérion de la barbe », dont la culture donna ÏAchorion gypseum. Je reçus de lui la culture pour en faire l'identification. Je n'ai pu avoir d'autres renseignements sur le cas clinique.

En résumé, il existe dans la science six observations, dont cinq seulement indubitables, de la lésion spontanée fournie par Y Achorion gypseum sur l'Homme, et deux observations sur l'Animal. Dans les deux observations humaines où la lésion s'est accompagnée de godets (Obs.'de Rodin et Obs. de Mewborn, celle-ci avec identification incertaine), les godets étaient nés sur un disque d'herpès circiné ou au

(') Communication par lettre avec envoi de poils malades (1908).

574 FAVUS.

milieu d'un cercle trichophytoïde, fait à retenir, pour plus tard, car cet élément de diagnostic pourrait par de nouvelles observations être démontré important.

Dans deux cas (Sabrazès et Lefèvre), la lésion était un kérion de la barbe, et celui qu'ont décrit Sabrazès et Brengues était du type le plus net et le plus authentique.

Dans mon observation de 1894, la lésion humaine était une folliculite suppurée à petits éléments, donc un kérion de type bénin. Et dans ma dernière, un cercle trichophytique banal érythémateux (1).

La présence d'un cas sporadique chez le nourrisson (Obs. VI) évoque presque à coup sûr l'idée d'une dermatose animale, confirmée par mon observation de 1894 sur le Chien (Obs. I) et par l'observation de Suis chez le Cheval (Obs. V).

Chez l'Homme et chez l'Animal, les lésions ordinaires de l'Achorion gypseum paraissent donc trichophytoïdes, et c'est plus rarement qu'on les voit porter des godets. Les observations humaines qui précèdent ne montrent des godets que dans deux cas sur six, et c'est la proportion que fournissent aussi les inoculations expérimentales de Bodin et les miennes (2). Ainsi se présente jusqu'ici l'histoire clinique de ce Parasite singrilier.

Examen microscopique. — Nous ne connaissons, pour le moment, l'aspect de F Ac horion gypseum dans le poil que par les matériaux ànous fournis par le Dr Suis et provenant de la lésion observée par lui sur le Poulain.

Comme toujours dans les dermatomycoses animales, les poils sains sont plus nombreux que les poils malades, parmi ceux que la croûte, surmontant la lésion englobe. Parmi les poils malades on en trouve certains que le Parasite a envahis, d'autres qu'il entoure sans les pénétrer.

Dans ceux qu'il a envahis (fig\ 267) on trouve le Parasite sous forme de chaînes distinctes faites d'articles sub-cubiques, de diamètre très variable. L'irrégularité des éléments parasitaires d'une chaîne à l'autre est frappante. Ces chaînes remplissent le cheveu presque en totalité dans les trois millimètres de la racine, d'éléments presque aussi serrés que ceux des Trichophytons endothrix, mais bien plus irréguliers et de place en place mélangés de quelques bulles d'air.

Dans d'autres cas le poil est intact et ne contient aucun Parasite, mais sa gaine folliculaire est traversée en tous sens par des filaments

(4) Il faut noter que la lésion était, dans ce cas, à un stade premier de son développement et qu'elle aurait pu évoluer vers le type des kérions quelques jours plus tard, ou donner lieu à des godets.

(-) Les inoculations de Sabrazès ont montré des rudiments de godets dans toutes les inoculations expérimentales qu'il mentionne.

ACHORION GYPSEUM.

rubanés, tortueux ou rectilignes, et par des chaînes moniliformes d'éléments courts articulés (fig. 268).

En outre de ces aspects que présente le poil du Cheval atteint par YAc/torion gypseum on observe, dans l'épidémie circumpilaire, des agglomérats mycéliens composés de rubans mycéliens, de chaînes moniliformes et d'éléments dis-

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Fig. 267. — Portion radiculaire d'un poil de Cheval envahi par YAchorion gypseum. x 260.

Fig. 268. — Poil de Cheval entouré par les éléments parasitaires de YAchorion gypseum.

sociés formant des amas compacts, de structure confuse, qui rappellent de très près les mêmes éléments du godet favique humain, avec cette réserve que les rubans mycéliens solides, fréquents en cette figure, sont rares dans les préparations par dissociation du godet favique de l'Homme.

L'inoculation de YAchorion gypseum est toujours très aisément positive. Le plus souvent la lésion est identique à celles de toutes les mycoses d'inoculation : une croûte séro-sanguine survenant, après

Fis

269. Amas mycélien intra-épidermique de l'Achoriôn gypseum sur la peau du Cheval, x 260.

10 jours, au point inoculé, et englobant les poils en pinceau, lésion

évoluant 10 jours, et guérissant 10 jours plus tard, par dessiccation et chute spontanée du poil sur la région malade.

Dans ce cas, l'épiderme montre un mycélium rectiligne ou onduleux, rubané ou en chapelet, que rien ne distingue des éléments parasitaires d'un Microsporum ou d'un Trichophyton.

Mais dans trois ou quatre cas sur douze inoculations, on voit vers le dixième jour, sur la tache érythémateuse qui marque le début de la lésion, se former, de-ci de-là, de petits points jaunes, à peine gros c o m m e une tête d'épingle, qui sont d'indubitables godets l'aviques. 11 est nécessaire de les chercher poulies voir, car ils sont toujours très petits et parce que leur durée est éphémère . Sur le Cobaye, la lésion d'inoculation est très démangeante. Le lendemain du jour où les godets sont apparus, la lésion

Fi<r. 270.

— Épidémie du Cobaye 12 jours après l'inoculation d'une culture de l'Achoriôn gypseum. x 260.

ACHORION GYPSEUM. 577

n'est plus qu'une plaie vive. Le Cobaye s'est débarrassé par morsure de la lésion mycosique et l'a transformée en une ulcération simple qui se cicatrise peu à peu. Néanmoins Bodin, qui a observé cette évolution, a pu faire la biopsie de la lésion du Cobaye à sa naissance

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Fig. 271.— (D'après Bodin). Coupe du godet fayique de l'ihoçulajtion au Cobaye de YAchorion gypseum. x 45-50. D, derme. Ê, Epidémie: V, Lésions de vacuolisation. Infiltration leucocytaire. G, Godet favique. S, couches épidermiques en exfoliation.

et fournir de l'existence des godets la preuve certaine que donne la figure 271. Ces godets sont typiques et identiques de tous points à ceux du favus humain (').

f1) Pour ses inoculations, Bodin s'était servi de colonies jeunes de la culture primaire de l'Achorion gypseum et les avait inoculées par excoriations et scarifications aussi superficielles que possible. Il a obtenu ainsi un succès sur une Souris et 4 succès sur 12 Cobayes. Aux 10e et P2e jours, ces lésions ne pouvaient laisser aucun doute. Chez la Souris, c'étaient des godets classiques aux oreilles. Chez le Cobaye c'était un placard rouge squameux, à bords nets, sur lequel, au 10e jour, plusieurs petits godets gros comme des tètes d'épingles, de diagnostic assuré. Bodin note que « la vacuolisation très marquée avec infiltration leucocytaire dans les couches épidermiques du godet représentent un processus de défense des plus efficaces » chez le Cobaye inoculé d' A. gypseum, car la lésion spontanée guérit rapidement comme toutes les autres teignes expérimentales. Les inoculations de la forme pléomorphique de YAchorion gypseum pratiquées

LES TEIGNES. "i

578 FAVUS.

Cultures. — L'aspect des cultures de YAchorion gypseum est presque tout à fait celui d'un Microsporum animal ou d'un Trichophyton microïde.

Sur gélose maltosée, en 10 jours ce sont des petits disques de un centimètre de diamètre, présentant d'ordinaire un très petit bouton central, trois plicatures radiées, et un cercle de petites saillies mamelonnaires à leur périphérie. Cette zone externe est blanche et le centre café au lait (PI. XXVIII, i).

Après 20 jours, deux caractères nouveaux.se dessinent que le temps amplifiera. Le premier, c'est l'apparition au pourtour de la culture de rayons lancéolés plus ou moins distincts ; le second est unique dans toute la série des cultures de Dermatophytes, provient de la naissance, à la surface de la culture, d'un sillon dessinant excentriquement un ovale irrégulier et imparfait, Toutes les cultures, même sur milieu glucose, reproduisent ce caractère, avec des variantes, mais toujours sous une forme reconnaissable. Les fig. i\ i3, u-, expliqueront mieux l'aspect de cette caractéristique que nulle description.

Sur les cultures adultes (PI. XXVIII, i3), au centre, apparaît une minime tache poudreuse blanche; autour de cette tache la culture a gardé sa couleur café au lait, et les rayons du pourtour sont blancs; ces rayons sont d'aspect cotonneux, tandis que le centre café au lait est poudreux.

Lorsque la culture vieillit, on voit naître à sa surface, d'une façon invariable et assez précoce, un duvet blanc qui prend de plus en plus de développement; son apparition se fait vers la quatrième semaine environ, dans le délai même où ce duvet apparaît sur les cultures de Microsporums animaux, et plus tôt que chez les Trichophytons microïdes.

Cultivé sur milieu d'épreuve, ce duvet se reproduit sous la forme d'un disque de duvet blanc, marqué à peine de cercles concentriques et de sillons radiés, très peu différent de la forme pléomorphique de la plupart des grands Microsporums auxquels YAchorion gypseum se rattache nettement par tous ses caractères culturaux et mycologiques (PL XXVIII, i5).

Conclusions. -- En un sujet comme celui-ci, on ne doit encore fournir que des conclusions particulières.

Nous ne pouvons pas dire : Il y a des Achorions capables de donner lieu à des Kérions.

Nous ne pouvons pas dire davantage : Il y a des Trichophytons capables de donner lieu à des godets.

sur \ Souris et 6 Cobayes ne lui ont pas donné de résultat appréciable (E. Bodix. Annales de Donnât, et de Syph., 1007, p. .000).

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tout à l'ail celui d'un Vli< n anima! on d'un ! n microïde.

llosée, en 10 j i des |>elifs disqu centimètre de diamètre, présentant d'ordinaire un très petit, \, central, trois plicatures radiées, et un cerele de petites saillies m

lonu. eur périphérie. Cette z rue est blanche et Le <

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