TECHNIQUES D'ETUDE MYCOLOGIQUE
ou trois cultures qui se développeront peu ou mal, dont la goutte pendante séchera ou viendra toucher la paraffine de soudure, ou bien qui seront infectées, cas rare et qu'on discerne de suite à l'œil nu.
On examinera chacune des bonnes cultures à des intervalles réguliers. (On peut les examiner à la loupe montée ou au microscope, à un faible grossissement, pour s'assurer de l'état de leur développement.) On les arrête et on les fixe aussi chacune à un stade de ce développement.
Pour une espèce Dermatophytique donnée, nous faisons deux séries de cultures en goutte, chaque série faite de dix cellules, rime en bouillon glucose, l'autre en bouillon maltosé. Nous en avons essayé comparativement plusieurs en bouillon peptone simple, bien que ce milieu altère ou supprime presque toutes les formes de reproduction de beaucoup d'espèces.
Si nous ajoutons que, pour la plupart, les Dermatophytes ont une forme pléomorphique duveteuse qui a demandé la même série d'expériences, on se rendra compte que chaque espèce a demandé au moins quarante et quelquefois soixante cultures en goutte, pour elle seule.
Ce sont là des techniques minutieuses capables de décourager beaucoup d'observateurs.
Quant au montage des cultures en goutte, il est simple. On décolle la lame qui porte la culture, de la bague à laquelle elle adhère, on essuie la paraffine et la vaseline qui lui sont restées adhérentes ; on sèche dans l'étuve à 58°. Ensuite on fixe, en une seconde, avec une goutte d'acide acétique pur. On lave à l'alcool absolu, on colore trente secondes à l'éosine en solution aqueuse au 1/400. On déshydrate à l'alcool absolu, on passe au xylol, et on monte au baume (').
Coloration des cultures en gouttes. — Plato et Guth (2) ont suivi les détails de germination des fuseaux trichophytiques par la coloration au moyen de Neutralroth, procédé compliqué, mais qui pourrait être utilisé pour des recherches mycologiques plus fines que celles d'un travail d'ensemble comme celui-ci.
F. Guéguen a donné un autre procédé plus pratique et très fin, basé
(J) Je note en passant la haute valeur de l'acide lactique comme fixateur des organes fuselés des Dermatophytes qui sont des organes très fragiles, que la plupart des autres liquides fixateurs altèrent dans leur forme.
(2) J. Plato et H. Guth. Ueber den Nachweis feinererWachsthumsvorgânge in Trichophyton-und anderen Fadenpilzen mittels neutralroth. (Zeitschrift fur Hygiène und Infections kranhheiten. Leipzig. BH 58, 1901. Les auteurs se servent du neutralroth dilué au 1/50 000 ou au 1/100 000 dans du sérum physiologique, alcalinisé jusqu'à ce que la couleur devint jaune orange. La coloration se fait à 212°, par immersion d'une culture de 2 à 4 jours. La coloration suivie sous le microscope, montre des figures d'une précision remarquable. Les préparations conservées sont beaucoup moins bonnes.
588 ÉTUDE MYCOLOGIQUE DES DERMATOPHYTES
sur Temploi du Sudan III, associé ou non au bleu coton ou à l'iode ('), ce procédé colore les matières grasses en orange vif, l'amidon en violet et le glycogène en brun acajou.
J'insiste de nouveau, quel que soit le but exprès d'une étude mycologique des Dermatophy tes, sur le nombre considérable de cultures en goutte qu'il en faut pratiquer si l'on veut se faire une idée d'ensemble.
Notre habitude est de placer en rang les cultures en goutte, côte à côte, sur une feuille de verre sur une étagère du laboratoire. Nous ne les mettons pas à l'étuve, car tout ce que nous avons dit plus haut de la température qui convient aux cultures dermatophytiques, reste vrai pour les cultures en goutte, bien entendu. Néanmoins l'étuve à 25° est utile à l'époque des demi-saisons, car, laissées à une température moyenne de 12°, les cultures en goutte sont très retardées et beaucoup se développent mal. Pour être bonnes, les cultures en goutte doivent se développer rapidement.
Toute collection dermatophytique doit comporter une bibliothèque de préparations permanentes, faites des cultures en goutte de chaque espèce en divers milieux. Ce sont ces préparations permanentes qui ont servi à tous les dessins mycologiques de cet ouvrage.
RÉSUMÉ DE L'HISTOIRE MYCOLOGIQUE DES DERMATOPHYTES
Pendant toute une période antérieure à l'introduction des cultures pastoriennes en ce sujet, on eut sur la classification des Dermato-
(l) F. Gueguen. Emploi du Sudan III comme colorant mycologique seul ou combiné au bleu coton et à l'iode. (Bulletin trimestriel de la Société mycologique de France, t. XXII, 1906, fasc. III). Pour préparer ce Sudan lactique, 0,10 centigrammes du produit sont finement broyés au mortier et mis en suspension dans 100 grammes d'acide lactique pur. Le mélange versé dans un ballon est chauffé doucement jusqu'à obtention d'un liquide limpide, rouge-cerise. Après refroidissement et repos de '24 heures, on le filtre au papier, et on le conserve en vase bouché, à l'abri de la lumière. Ce réactif s'emploie comme l'acide lactique pur; il colore en rouge ponceau, après une minute, les inclusions oléagineuses des tissus l'ungiques qu'on y examine; on peut opérer à chaud quand on ne craint pas de voir les globules épars dans une cellule se rassembler en une goutte unique. Dans le sudan lactique, préparé comme il vient d'être dit, on peut faire dissoudre à froid, au mortier, un millième de bleu coton (Bleu C. 4B. Poirrier); après filtration on ajoute au mélange une certaine quantité deteinture d'iode (I à III gouttes par 10 centimètres cubes ou davantage). Le liquide violet foncé ainsi obtenu doit être conservé à l'abri de la lumière dans un flacon à tige plongeante. Grâce à ce réactif d'une activité précise et parfaite (i. ;i pu mettre en évidence, au sein de certains protoplasmes en apparence homogènes, des matières grasses qui s'y trouvaient émulsionnées en particules d'une extrême ténuité et suivre l'attaque des grains d'amidon par les ferments d'une Mucédinée. ■ .
RESUME DE L'HISTOIRE MYGOLOGIQUE DES DERMAÏOPHYTES. 589
phytes des idées très fausses, parce qu'on croyait que, dans leur vie parasitaire, les Dermatophytes atteignaient à leur parfait développement.
Le premier, Bouchard avait remarqué la forme simple du mycélium dans la squame, où il est septé à larges intervalles, et la forme plus différenciée qu'il affecte dans le cheveu. Il crut donc que les articles courts du Trichophyton dans le cheveu étaient des spores vraies : d'où la formule que le Trichophyton croît dans l'épidémie et se reproduit dans le cheveu (*) : erreur de fait qui dura jusqu'à Duclaux (2) et erreur de terme qui fait dire encore le mycélium sporulé quand il affecte la forme que reproduit la figure 275.
Duclaux et son élève Verujsky (3) dissipèrent cette équivoque en montrant dans leurs cultures artificielles des spores externes portées par des hyphes différenciées. Duclaux découvrit également la spirale ou vrille que nous verrons caractéristique du groupe des Microïdes. Neebe et Furthmann (4), les premiers, signalèrent, dans les cultures de certains Dermatophytes, les fuseaux pluricellulaires communs à un grand nombre d'espèces. Ils furent retrouvés, dans la culture des Tr. gypseum, par moi (3), dans les cultures microsporiques par Fox et Blaxall (6). Les travaux successifs de Bodin, de Matruchot et Dassonville (7) en France, de Truffi en
(*) Erreur partagée par Balzer. Recherches histologiques sur le favus et la trichophytie. Arch. gén. de méd., 1881, t. II, p. 587, et aussi par Neumann, loc. cit., et par Costantin. Les mucédinées simples, p. 177 et 158, et par Zopf. Die Pihe, 1890.
("-) E. Duclaux. Soc. de Biol., 16 janv. 1886, in Thèse de Feulard : Teignes et teigneux, 1886, p. 96.
(3) Verujski. Loc. cit., 1887.
(4) Neebe et Furhmann. Loc. cit., 1891.
(3) Sabouraud. Les Trichophyties humaines. Atlas, 1894.
(6) G. Fox et F. Blaxall. Transactions ofthe third intern. Congr. ofDermat^ 1896. Aninquiry, etc., p. 16.
(7) L. Matruchot et Ch. Dassonville. Sur le champignon de l'Herpès (Trichophyton) et les formes voisines et sur la classification des Ascomycètes (Bull, de la Soc. mycol. de France, t. XV. Fasc. 5% p. 240).
Fi g. 274.
Mycélium Trichophvtique dans la squame.
XÔOO.
590 ETUDE MYCOLOGIQUE DES DERMATOPHYTES
Italie complétèrent nos connaissances actuelles sur la mycologie des Dermatophytes.
Cette augmentation de nos connaissances n'alla pas sans beaucoup d'erreurs. Je crus d'abord la mycologie des Microsporums plus différente de celle des Tri chophy tons qu'elle ne l'est réellement.
Krôsing(') put croire qu'on arriverait à différencier chacune des espèces dermatophytiques par ses caractères mycologiques. De même
Mycélium Irichophylique dans le cheveu, x 500.
plus tard Pelagatti (2), tandis que quelques espèces seulement permettent par l'examen mycologique leur différenciation précise et que toutes appartiennent à la môme famille botanique.
Ducrey et Reale, Truffi(3), Krzystallowicz contribuèrent au contraire avec Fox, Bodin et moi à établir la proche parenté mycologique des groupes de Dermatophytes.
Jusqu'en 1900, beaucoup continuaient à séparer des autres teignes le Favus et faisaient des Achorions des Oospora(4). Je retrouvai à cette
(') Krôsing. Studien iïber Trichophyton. (Verhandl. d. IV Deutschen. Dermat Congre». Breslau).
(2) Pelagaïïi, Log. cit., 1899.
(3) Truffi. Sulla tigne, 1902.
(*) Gostantin et Sabrazès. Loc. cit., 1895, cf. aussi Plaut. Beitrag zur Favus frage. (Centralblatt /'. Bakteriologie u. Parasiten kunde. Bd XI, 1892, n° 12). J. Sabrazès. Sur le favus de l'homme, de In poule et du chien. Paris, Steinheil,
MYCOLOGIE DES TRICHOPHYTONS ACUM1NATUM. 591
époque ses spores externes déjà affirmées par Verujsky, et que Truffi étudia aussi deux ans plus tard.
Depuis lors la plupart des auteurs admettent la communauté de famille de toutes les teignes.
MYCOLOGIE DES TRICHOPHYTONS ACUMINATUM ET CRATERIFORME
Les Trichophytons à culture acuminée et à culture cratériforme qui restent cliniquement et culturalement (ce néologisme est nécessaire) les prototypes de la famille trichophytique, gardent cette môme valeur botaniquement. Le mycologue qui connaît bien leurs formes de végétation et de reproduction, dans les cultures en goutte pendante, connaîtra le type familial de tous les Trichophytons, car tous, avec des variations d'espèce à espèce, gardent les caractéristiques fondamentales que ces deux espèces nous montreront. Botaniquement, la plus simple des deux est l'espèce à culture acuminée, et c'est pour cela que nous parlerons d'elle tout d'abord.
TrICHOPHYTON ACUMINATUM .
Envisagé à un très faible grossissement, le centre de la culture apparaît opaque et comme criblé de petites perles. Au pourtour de la culture s'observent des multitudes de rameaux radiés, portant chacun de petites palmettes (fîg. 276).
Ces petites palmettes examinées à un plus fort grossissement sont des hyphes dressées portant (fig. 277) des spores. Ces spores externes sont assez irrégulièrement piriformes et irrégulièrement disposées de part et d'autre d'un rameau mycélien qui forme l'axe de la grappe.
De ces spores les unes sont sessiles, les autres portées sur un stérigmate ordinairement très court, mais qui peut être plus ou moins développé. De ces grappes, les unes sont terminales (fîg. 277, A, B) ; beaucoup sont latérales aux tiges principales (C, D) ; quelques-unes sont terminées par un renflement massue (E).
éclit. 1895, p. (37-68. Cf également, Boer. Zur Biologie des Favus (Wierleljahreschrift /'. Dermatologie, 1887).
F. Kral. Ueber den Favusserreger (Centralblatt f. Bakter. u. Parasitenkunde. Bd VIII, 1890, n° 24-25).
F. Kral. Untersuchungen ùber Favus IL Mykologischer Theil (Erganzungshefte zum. Archiv. fur Dermatologie und Syph. Jahrgang, 1891, I, Ileft).
Matruchot et Dassonville. Sur le Ctenomyees serratus Eidam, comparé aux Champignons des teignes (Bull. Soe. mycol. de France, XV, 1899, p. 505).
ETUDE MYCOLOGIOUE DES DERMATOPHYTES.
Le filament aérien portant des spores latérales est, par excellence, la forme de reproduction des Trichophytons.
Fig. 276. — Trich. acuminalum. Culture en goutte de 8 jours, x 60. (Bouillon maltosé)
Et le Trichophylon acuminalum est de tous les Trichophytons celui
Fig. 277. — Trich. acuminalum. Culture en goutle de 8 jours. Les thyrses sporileres. x 260.
TRICHOPHYTÔN CRATERIFORME.
qui en montre les exemples les plus simples, les plus nombreux et les plus typiques.
TRICHOPHYTON CRATERIFORME.
Les formes de fructification du Trichophyton crateriforme sont du même type, mais elles sont déjà plus complexes.
Quand on vient d'examiner, à un faible grossissement, une culture en goutte pendante du Tr. acuminaium, et qu'on examine une semblable culture du Tr. crateriforme de même âge, ce qu'on remarque
Fk
Culture en goutte pendante du Tr. crateriforme. Age : 13 jours. Fixation à l'acide acétique pur. Eosine à 1/500. x 60.
d'abord, ce sont des groupes de spores plus tassées (fig\ 278). Les spores ne forment plus seulement des thyrses comme dans le Tr. acuminatum, mais bien de vraies grappes (fig. 279, H, I, G).
Les thyrses existent dans cette seconde espèce comme dans la première. On voit même des filaments porter des spores latérales sur une très grande longueur (fig. 279, A, B), mais cet appareil est moins élégant, moins évidemment différencié, que dans le Tr. acuminaium.
ETUDE MYCOLOGIQUE DES DERMATOPHYTES
Ainsi les spores externes varient en dimensions du simple au double. On en voit même (fig. 279, C) être remplacées par de grosses cellules
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Fig. 279. — Formes différenciées du Trichophyton crateriforme. Thyrses, grappes, massues, etc.... Culture en goutte pendante âgée de 15 jours, x 260.
renflées et pointues, qui sont les ébauches des chlamydospores à éperon, fréquentes en d'autres espèces trichoph) tiques (fig. 279, D).
TRICHOPHYTON CRATERIFORME.
Mais ce qu'on observe surtout chez le Tr. crateriforme, c'est le développement du thyrse sporifère, qui prend ici la forme d'une grappe
Fig. 280. — Appareils différenciés du Trichophyton crateriforme. Tiges sporifères (forme Acladium de Bodin); réserves protoplasmiques intra-mycéliennes (forme Endoconidium de Bodin). Coloration : éosine à 1/500. x 750.
compliquée (fig. 279, F, G, H, I). Un rameau terminal ou latéral se divise et se subdivise, et chacune de ses ramifications se couvre de spores, tout l'appareil prenant ainsi une forme assez élégante.
596 ETUDE MYCOLOGJQUE DES DERMATOPHYTES.
Il est important de noter ici un phénomène que Ton retrouve à chaque pas dans l'étude des Trie/iopJrytons cultivés, c'est le phénomène de la migration protoplasmique que j'ai signalé et figuré en d'autres études sur le même sujet ('). Quand on colore les filaments sporiières des cultures trichophyliques, on observe (fig. 279, B, C, F, P) que, par place, le protoplasme prend la couleur, et que, en d'autres points, il ne la prend pas. Le plus souvent (fig. 279, B) le filament se vide de son protoplasma au profit des spores externes qu'il émet. Quand une certaine portion du filament n'émet aucune spore (fig. 279, E), on le voit garder à ce niveau sa coloration, et là où il émet des spores, la perdre. Ce phénomène est pris sur le vif par la figure 279, F, où l'on voit non seulement des spores externes colorées, mais aussi des réserves protoplasmiques sur le trajet des filaments sporiières, comme sur le trajet des rameaux infertiles (fig. 279, P).
Enfin, on trouve encore chez le Tr. crateriforme des fragments massues terminaux (fig. 279, C, M, N) ou latéraux (fig. 279, K) plus caractérisés que dans le Tr. acuminatum. On voit donc que le Tr. crateriforme fournit matière à de nombreuses remarques pouvant intéresser plus tard la classification définitive des Champignons dermatophytes.
J'ai dit, après Duclaux, que la grappe était la première et la plus fréquente des formes inférieures de reproduction des Trichophytons, ce qui les rapprochait des Botryti* et des Sporotrichums. Mais cette ressemblance est lointaine. Voici (fig. 281) une tige sporifère du Tr. crateriforme : on remarquera que si plusieurs spores externes piri-
Fig. 281. — Détail des réserves protoplasmiques enkystées dans un filament sporifère.
Éosine 1/500. x 750.
formes se ressemblent entre elles, en forme et en dimension, d'autres sont informes, et que toutes sont sessiles, sauf deux qui sont portées sur un stérigmate, ébauches probables des branches secondaires de la grappe.
Le thyrse que représente la figure 280, E est également de forme assez régulière et d'aspect bien différencié, mais ce sont là, dans une culture, des exceptions qu'il faut chercher. La règle est représentée
(l) Art. Dermatophytes de la Pratiqué Dcrmalolor/iq tic, fig. 150, 152, 153, 162, etc....
TRICHOPHYTON CRATERIFORME.
par A, G; en B, les spores externes varient du simple au triple, leur disposition sur la tige sporifere perd toute espèce de régularité.
De ces préparations, il résulte donc que si ces spores externes semblent bien jouer, dans ce mode de fructification inférieure, un rôle de graine, néanmoins l'appareil sporifere manque de régularité. Quand on examine, après ces préparations, d'autres montrant les mêmes organes du Botrytis Bassiana, par exemple, les appareils sporifères
Fig. 2S2. — Massues terminales du Tr. crateriforme. Éosine 1/500. x 800.
de celui-ci apparaissent beaucoup mieux différenciés et plus constants en leur forme que ceux des Trichophytons, qu'on leur compare. Enfin, on ne peut pas ne pas faire la même remarque si on compare les réserves proloplasmiques intra-cellulaires dispersées de-ci, delà, sur les filaments sporifères des Trichophytons, aux formes régulières des mêmes réserves protoplasmiques enkystées de Y Endoconidinm, au moins d'après les figurations qui en sont données.
Il y a peut-être quelque raison d'insister sur ce point, car, d'après ce qu'ont dit certains auteurs, on pourrait conclure à des parentés foncières entre les Trichophytons et les Acladiums par exemple, ou entre les Trichophytons et les Endoconidiwas, alors que les ressemblances
ÉTUDE MYCOLOGIQUE DES DERMATOPHYTES
de ces Microphytes sont lointaines et que les affinités réelles des Trichophytons semblent différentes.
Si on veut pousser plus loin l'étude des organes différenciés des Trichophytons, il reste à examiner les extrémités massuées et les grappes (fig. 282 et 283,). Les massues terminales sont tantôt uni-cellulaires (fig. 282, A) et tantôt pluri-cellulaires (B, C, D); on en voit (C) qui portent des rudiments de spores externes et d'autres (D) des
spores externes bien typiques.
Enfin même (fig. 282, E) on en voit supporter des spores biloculaires ou, si l'on veut, des spores pédiculées, quoiqu'ici le pédicule semble bien de même nature et signification que la spore externe. Ces formes n'évoquent pas non plus l'idée d'un appareil de forme constante.
Les grappes sont incontestablement des appareils plus différenciés. La figure 285 en
fait foi.
Ici les spores externes prennent un aspect piriforme plus constant et des dimensions plus égales. On y trouve pourtant de faux stérigmates ayant la valeur des spores externes, et des extrémités bi- ou tri-cellulaires massuées qui sont peut-être un rappel des massues terminales figurées plus haut (fig. 282).
Quoi qu'il en soit, ces faits doivent être enregistrés par nous, sans commentaires prématurés. Qu'on appelle ces éléments « conidies » ou « spores externes » avec Bodin, ou « chlamydospores » avec Matruchot, cela ne change pas les faits qui seuls importent, et, dans un sujet aussi peu élucidé, quelques figures relevées exactement nous semblent primer toute théorie.
Fiff. 285.
Grappe sporifère du Tr. crateriforme Eosine 1/500. x 750.
Pléomorphisme du Tr. crateriforme. — J'ai dit qu'on voyait quelquefois, quoique rarement, apparaître une forme pléomorphique du Tr. crateriforme sur de très vieilles cultures en milieux sucrés, comme une transformation de la culture-mère, qui après avoir élé,
PLEOMORPHISME DU TRICHOPHYTON CRATERIFORME.
en son âge adulte, poudreuse, blanche, devient veloutée. En transférant ce velours sur un milieu neuf, on obtient la culture pure de la forme pléomorphique, désormais irréversible à la culture-mère dont elle dérive.
On peut faire, de cette nouvelle forme, des cultures en goutte pendante. En voici un dessin fait à un faible grossissement. On n'y voit
Fig. 284. — Cultures de la forme duveteuse blanche pléomorphique du Tr. crateriforme après 15 jours, en bouillon glucose, x 60. Le carton x 260.
plus rien qui rappelle les palmettes des cultures trichophytiqu.es primitives (fig. 284).
Et l'examen à un fort grossissement montre l'absolue stérilité de tous les filaments mycéliens qui composent cette nouvelle culture, à un âge (15 jours) où la culture-mère serait couverte de spores externes.
Toutefois, après un mois, un mois et demi, si l'on fait des préparations extemporanées de ces cultures blanches pléomorphiques, on trouve des multitudes de spores piriformes appenduesaux tiges mycéliennes par leur col rétréci. Ces spores sont beaucoup plus égales et semblables entre elles, que celles de la culture première. Les rameaux
ÉTUDE MYCOLOGIQUE DES DERMATOPHYTES
qui les portent sont aussi plus réguliers et plus régulièrement septés ; ils sont enchevêtrés et comme feutrés, en sorte qu'on ne peut voir leur détail que sur des fragments tout à fait dissociés, qui ne montrent plus que quelques éléments épars.
La forme pléomorphique du Tr. crateriforme appartient donc à la catégorie des pléomorphismes trichophytiques qui montrent des spores externes. Dans cette étude nous en rencontrerons d'autres, chemin faisant.
LES TRICHOPHYTONS SATELLITES DU TR. CRATERIFORME
Trichophyton effractum. — Toute la série que nous connaissons
Fig. 285. — Culture en goulte pendante du Tr. effractum en bouillon maltosé
à l'âge de 11 jours.
SATELLITES DU TRICHOPHYTON CRATERIFORME. 601
des Trichophytons pseudo-cratériforïnes nous montrera une mycologue analogue. Voici quelques organes différenciés du Trichophyton effractum (fig. 285).
On y retrouve les mêmes conidies pédiculées, ou sessiles, ou remplacées par deux ou trois articles esquissant un organe massue, le plus souvent terminal.
Dans cette espèce, les filaments mycéliens sont conidifères sur de grandes longueurs, irrégulièrement, et ne montrent guère de grappes compliquées. Certaines hyphes sporilères montrent aussi le phénomène de la résorption protoplasmique que nous avons étudié avec les espèces précédentes.
Le Trichophyton fumatum que nous présenterons ensuite est l'un de ceux qui fournissent en culture en goutte, les rameaux dressés
Fig. 286. — TV. fumatum. Culture en goutte en bouillon maltosé à 18 jours, x (30.
sporifères les plus réguliers et les plus gracieux (fig. 286). Ce ne sont pas des grappes compliquées mais des rameaux sporilères simples, qui
ÉTUDE MYCOLOG1QUE DES DERMATOPHYTES.
montrent ou non le phénomène de la résorption protoplasmique étudié plus haut.
En dehors des thyrses sporifères on observe sur quelques filaments
Fie.
Tr. fumatum. Ses organes différenciés, extraits de la fig. précédente, x 260.
mycéliens, des condensations protoplasmiques enkystées dans des articles mycéliens isolés ou disposés en file (fig\ 287). C'est un fait que nous retrouverons souvent et qui constitue chez certains Dermatophytes de véritables chlamydospores intercalaires différenciées.
SATELLITES DU TRICHOPHYTON CRATERIFORME.
Trichophyton umbilicatum . — Avec le Trichophyton umbilicatum nous retrouvons les longs filaments sporifères. A la vérite*on
Fig. 288. — Tr. umbilicatum. Culture de 18 jours en bouillon glucose, x 260.
peut en observer qui se divisent et se ramifient, de façon à constituer
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Fig. 289. — Tr. umbilicalum. Chlamydospores et spores externes, x 260.
un bouquet, mais toujours fait de brins très longs et très écartés, sans
ETUDE MYCOLOGIQUE DES DERMATOPHYTES
constituer de grappes tassées et touffues (fig. 288). Dans les cultures de cette espèce on rencontre souvent des ehlamydospores intercalaires ou terminales sur des rameaux latéraux. C'est comme une dilatation, un boursouflement du filament mycélien (fig. 289). Ces éléments montrent leur enveloppe souvent ridée et flétrie et ne paraissent pas jouer dans la culture un rôle important comme le font les chlamydospores de certaines cultures dermatophytiques.
TRICHOPHYTONS NÉO ENDOTHRIX
Trichophyton cerebriforme . — Le Trichophyton cerebriforme montre un aspect mycologique analogue aux espèces précédentes. Ses cultures en goutte, lorsqu'elles sont jeunes, ont le même port élégant
Fig. 290. — TV. cerebriforme. Culture de 6 jours en bouillon maltosé. x 60.
et montrent les mêmes nombreuses palmettes qui sont des rameaux sporifères dressés. Ces rameaux, à un fort grossissement, montrent les mêmes flexuosités. Ils portent les mêmes conidies. Ils présentent les
TRICHOPHYTONS NÉO-ENDÔTHRIX.
mômes tendances à la migration protoplasmique, le protoplasma se résorbant dans les tiges sporifères pour s'accumuler et se condenser dans les spores (fîg. 291, B, C, D, E, F) ou dans des éléments mycéliens renflés , transformés ainsi en chlamydospores intercalaires (fig. 291, I).
Il est à remarquer que le phénomène de l'émigration protoplasmique s'observe surtout en des cultures avant souffert de la dessiccation
291. — Tr. cerebriforme . Rameaux sporifères, dans une culture de 6 jours en bouillon maltosé. x. 260.
(fig. 292). Alors on peut voir que les spores externes en bouquets (D) et quelques chlamydospores intercalaires sont tout ce qui reste de vivant dans la culture, et que tout le reste est fait de mycéliums déshabités. Sur les filaments mycéliens on rencontre d'ailleurs de longs fragments encore vivants (fig. A, A) ou des points de condensation protoplasmique isolés, pédicules ou non sur le mycélium (B, C, D). Quelques-uns voisinent avec des spores externes (E). En d'autres points, les poches difformes qui ont contenu du protoplasma sont déshabitées, ridées et flétries (K, M, N, P. B). Ces formes sont extrêmement abondantes dans les cultures adultes et vieilles et manquent dans leur première phase. Telles sont les formes différenciées que montre le Trichophyton cerebriforme.
Lorsque je l'ai décrit' pour la première fois, en 1894 (*), j'ai signalé chez lui, sans doute par suite d'une erreur d'étiquetage des préparations, l'organe nodulaire qui existe en réalité chez le Trichophyton lac-
(') Les Tricliophyties humaines, p. 149.
606 ÉTUDE MYCÛLOG1QUE DES DERMATOPHYTES.
ticolor du groupe des Gypseums. Une étude plus attentive et des
l'ig. 292. — Tr. cer&briforme. Cultures en bouillon glucose de 12 jours ayant souffert et montrant au maximum le phénomène de la résorption protoplasmique. x 260.
TRICHOPHYTONS NEO ENDOTHRJX.
préparations mieux classées n'ont plus montré chez le Trichophyton cerebri forme d'organe semblable.
Fig. 295. — 7')-. cerebri forme. Réserves protoplasmiques polymorphes dans les cultures qui ont souffert, x 260.
608 ETUDE MYCOLOGIQUE DES DERMATOPHYTES
Trichophyton plicatile. -- A un faible grossissement, la culture
Fig. 29-1. — Tr. plicatile. Culture de 6 jours en bouillon maltosé. x 60.
en goutte du Trichophyton plicatile montre un centre opaque et
Fig. 295. — Tr. plicatile. Culture de 6 jours en bouillon maltosé. x 260.
obscur, non seulement à cause de l'intrication des mycéliums, mais
ÏH1CH0PHYÏ0NS M1CROIDES.
parce que la surface de ce centre est couverte de spores placées côte à côte. La fîg\ 295 nous montre la disposition de ces filaments sporileres et la fig. 296 ces rameaux sporifères eux-mêmes, courts ou
Fig. 296. — Tr. plicalile. Ses hyphes fertiles dressées, x 260.
longs, dont la hampe présente encore le phénomène de la migration protoplasmique. Ces cultures peuvent montrer une dégénérescence de la spore externe qui prend des dimensions et des formes inaccoutumées en même temps qu'elle perd le plus souvent son élection colorante (fig-. 296).
TRICHOPHYTONS MICROIDES
Premier groupe : Tr. gypseums.
Trichophyton astéroïdes . — Même à un faible grossissement, la culture en goutte du Trichophyton astéroïdes est aisée à différencier de toutes les cultures semblables des Trichophytons précédents.
Son centre étant constitué par des grappes de spores agglomérées en si grandes masses que le détail en est invisible, on observe autour de ce centre de plus petits agglomérats de grappes semblables, parsemant la culture de petits paquets d'aspect tout à fait spécial. Sur ce
ETUDE MYCOLOGIQUE DES DERMATOPHYTES
seul caractère, l'observateur saura qu'il s'agit d'un Trichophyton gypseum. La fig. 297 donne de cet aspect une représentation tout à l'ait exacte. A un plus fort grossissement on voit apparaître trois types d'organes très différenciés qui sont : 1° des chlamydosporès terminales en fuseaux pluriseptés; 2" des filaments contournés en vrille ou
Fig. Wl. — TV. (gypseum) astéroïdes. Culture de "20 jouis en bouillon mallosé. x 70.
spirales; 5° et des grappes très denses de conidies pédiculées sur un appareil sporifère particulier.
La fig. *298 résume les formes principales que ees organes peuvent présenter.
I. Nous avons vu chez de précédents Trichophytons les terminaisons mycélienncs fuselées du type A, A', A". Mais ici ces fuseaux se différencient bien davantage (B, C, C, G") et atteignent à une forme régulière parfaite, septés par 5-6 cloisons en petites loges. Ce sont là des réserves protoplasmiques analogues à celles que nous avons observées déjà sur les trajets mycéliens et dont la figure H donne ici un bel exemple. Ces chlamydosporès peuvent ne pas avoir cette forme
TRIGHOPHYTONS MICROIDES. 611
régulière et prendre une forme quelconque ( E-G). Néanmoins, et sans
Fig. 298. — Tr. (gypsevm) astéroïdes. Chlamydospores en fuseaux, vrilles et grappes, x 260.
ETUDE MYCOLOGIQUE DES DERMATOPHYTES
concéder à ces chlamydospores en fuseaux une trop grande valeur, ce serait une erreur de ne pas leur en concéder du tout, dans la détermination familiale des Trichophytons, tout particulièrement des Trichophytons gypseums, groupe dans lequel on voit ces formes prendre une réelle importance.
II, Les vrilles sont un organe nouveau pour nous dans l'étude des
Fi£
2<.i<.>. — Tr. (gypseum) astéroïdes. Grappes et spirales. Culture de 20 jours en bouillon
sucré, x 260.
Trichophytons. Elles naissent par contournemenf en spirale d'une extrémité mycélienne qui peut être épaisse et comme massuée (I) mais qui est le plus souvent assez fine (I'J. On peut observer une vrille à son début quand elle ne fait qu'un tour de spire ou lorsqu'elle en décrit 3 ou 4 (J, J') ou 5 à 7 (K, K") ou 10 et 12 (L, M) et davantage. Quelquefois la vrille est étirée et son axe curviligne (K"). Le plus souvent ses tours de spires sont tassés. Dans une culture en goutte de Trichophyton astéroïdes, les vrilles sont aussi nombreuses et souvent plus que les fuseaux ; on les voit naître à leur place, à côlé d'une grappe,
TRICHOPHYTONS MICROIDES. 613
ou au sein d'une grappe. Souvent un coin de la préparation en montre en quantité, alors que le reste de la culture en goutte n'en contient pas. La fig. 299 montre leur disposition d'une manière très heureuse et démonstrative.
III. Les grappes de conidies. externes font le troisième organe différencié des THchophytons gypseums. Elles ont dans ce groupe tri-
Fi»'. 500.
Tr. (gypseum) astéroïdes. Armature des grappes. Culture de 12 jours en bouillon sucré, x 260.
chophytique des caractères spéciaux et presque spécifiques. Elles sont si tassées et si nombreuses qu'elles cachent leur appareil de sustentation (N, fig. 1298). Quand on peut l'observer, on voit qu'il est devenu épais, rameux, branchu et compliqué d'une manière bizarre, que la fig. 500 représente en perfection, ('/est sur ce lacis épais que les conidies externes vont apparaître par centaines jusqu'à le dissimuler entièrement, et, deci, delà, apparaîtront parmi elles des fuseaux plus ou moins longuement pédicules, et des vrilles. On voit combien le WHchophyton astéroïdes se distingue mycologiquement des espèces
ETUDE MYCOLOGIQUE DES DERMATOPHYTES
trichophytiques dont nous avons étudié plus haut les organes. Ces organes d'ailleurs se retrouvent dans leur forme ordinaire, mélangés aux organes nouveaux que nous venons de décrire (fig. 301). Ainsi l'hyphe spori l'ère longue et simple (forme Acladium suivant Bodinj voisine avec la grappe ramifiée dont on voit (en G et en K) l'hyphe rameuse, avec les extrémités fuselées des tiges mycéliennes (H, I) et les vrilles ou spirales (L, M).
Tels sont les organes différenciés que présente la culture primaire
Fig. 501. — Tr. (gypseum) astéroïdes. Hyphes sporiieres simples et ramifiées, hyphes rameuses (G, K.) tiges fuselées (II, I) et vrilles (L). x 260.
du Trichophyto-n (gypseum) astéroïdes. Mais nous savons que cette culture présente une dégénérescence pléomorphique, incomplète et qui se parfait peu à peu (PI. 1, n, m, iv) jusqu'à devenir un simple tapis de duvet blanc.
Dès le début de sa transformation pléomorphique, le Champignon montre des organes déjà profondément modifiés. Plus de fuseaux, plus de spirales, plus de grappes globuleuses, plus d'hyphes rameuses, mais des filaments et des spores externes. Autour du centre, d'innombrables filaments radiés portent de fines spores ovalaires (fig. 302 et 505) sur de très grandes longueurs. Et autour du centre radié de la culture se fait un réseau mycélien assez lâche (fig. 502) portant des spores rondes ou ovales, beaucoup plus grosses que les premières, et qui paraissent flotter librement dans la culture (l\g 504). Quelques
TRICHOPHYTONS MICROIDES.
Fig 502 — Tr. (gypseum) astéroïdes. Début de la dégénérescence pléomorphique. x 73.
Fig. 505, — TV. astéroïdes. Spores fines au long des filaments radiés qui entourent le centre de la culture pléomorphique. x 260.
Fig. 50i. — TV. astéroïdes. Forme pléomorphique duveteuse. Conidies irrégulières libres dans la culture au niveau de l'anneau duveteux périphérique qu'elle présente, x 260.
TRICHOPHYTONS MICROIDES.
unes de ces spores paraissent nées bout à bout comme les soi-disant spores tnchophytiques dans le cheveu ou le poil. Et ce mode de naissance paraît certiiié par une commune enveloppe réunissant deux spores placées bout à bout; mais pour le plus grand nombre, ces spores paraissent nées latéralement à un filament qui a disparu par résorption comme nous l'avons vu souvent déjà.
On voit à quel point les tonnes du Trichophyton astéroïde* varient, au microscope comme à l'œil nu, suivant qu'on examine sa culture primaire ou sa dégénérescence pléomorphique. Mais ce n'est pas tout, plus la culture pléomorphique devient parfaite, plus les spores qu'elle présente se raréfient, et lorsque la culture a perdu objectivement ses denticulations pour devenir un disque plat et uniforme de duvet velouté, le Parasite examiné microscopiquement n'est presque plus représenté que par un lacis de filaments grêles, stériles, ou ne portant plus que quelques minuscules spores au long d'eux.
Trichophyton radiolatum.
La mycologie du Trichophyton
Fig. 505. — Tr. radiolatum. Culture de 9 jours en bouillon glucose, x 70.
ETUDE MYCOLOGIQUE DES DERMATOPHYTES
radiolatum présente avec celle du Trichophyton astéroïdes les plus
fortes analogies.
Même centre opaque de la culture et, autour de ce centre, mêmes petites cultures secondes disséminées (fîg. 505).
A un plus fort grossissement les ressemblances s'accentuent. On voit dans un même champ d'objectif (fîg. 506) les grappes globuleuses formant des amas compacts, un fuseau plurisepté, plusieurs
Fig. 306. — '/'/•• radiolatum. Grappes, fuseaux et spirales. Culture de 9 jours en bouillon
glucose, x 2(0 diamètres.
vrilles ou spirales, et même une de ces longues tiges sporifères qui traversent la préparation dans tout son diamètre portant de grosses spores rondes ou ovales, et ces spores paraissent, libres dans la préparation par suite de la résorption du filament qui les portait.
Nous retrouvons tous ces organes plus distincts dans la fig. 507 qui les étudie un par un.
A, B représentent le grand thyrse sporifère, l'hyphe longue et r simple, qui plus souvent est remplacée par l'hyphe courte et ramifiée: C, D ou qui fait la grappe tassée et globuleuse (E, F, G). Souvent aussi à la place d'une grappe apparaissent des vrilles ou spirales (E, F). D, G monlrent bien la dilatation des mycéliums qui fait l'hyphe rameuse et qui peut faire des fuseaux portant des grappes (G).
TRICHOPHYTONS MICROIDES.
Fig. 507. — ■ Tr. radiolalum. Éléments différenciés de sa culture en goutte pendante, x 260. Hyphes sporifères longues et courtes, simples et ramifiées. Fuseaux et spirales.
CTUDE MYCOLOGIOUE DES DERMATOPHYTES.
Les fuseaux (G, K) sont d'ailleurs fréquents dans ces cultures, ainsi que les vrilles qui pullulent en certains points (L).
Enfin je mentionnerai deux formes importantes : D'abord les points de mycéliums jeunes, chevelus, qu'on voit par places autour de la culture centrale (U) et la forme en raquette de certains articles mycéliens (I, 1', I") que nous retrouverons plus caractéristiques chez les Micro?
Fig. 508. — Tr. radiolalum. Forme pléomorphique. Culture de 7 jours en bouillon glucose.
75 et 260 diamètres.
sporums, mais qui appuient le rapprochement à faire entre les Trichophytons microïdes et les Microsporums animaux, en dépit des nombreux caractères biologiques et mycologiques qui les distinguent.
La figure ci-dessus (fig\ 508) résume ce que l'examen mycologique montre dans la culture en goutte de la forme duveteuse blanche pléomorphique du Trichophyton radiolation.
Plus de fuseaux, plus de spirales, plus de grappes globuleuses, mais seulement d'innombrables filaments radiés stériles, parmi lesquels beaucoup cependant portent encore de fines spores rondes ou ovalaires
TRIGHOPHYTONS BICR01DES.
inégales, disséminées au long d'eux sur une très grande longueur. Quand on compare cette culture à celle de la (orme primaire du môme Parasite la dégénérescence est évidente. Néanmoins cette forme pléomorphique comme celles de la plupart des Trichophytons gypseums reste sporulée.
Trichophyton granulosum. — Le Ttdchophyion granulosum
Fig. Ô09. — Tr. granulosum. Culture de 8 jours en bouillon glucose, x 70.
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,«* ry Vtrai,
Fig. 510. — TV. çfranulosûm. Hyphes fertiles, x 260.
022 ETUDE MYCOLOGIQUE DES DERMATOPHYTES
montre des caractères très analogues à ceux que nous ont présenté
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Fig. 311. — Trich. granulosum. Détail des hyphes sporifères et des grappes de spores externes. Gross. 1000. Culture en goutte pendante, de 10 jours, en bouillon glucose.
les espèces précédentes. Ainsi, autour des colonies centrales, la mul-
TRICHOPHYTONS MI( IROIDES.
litude de petites colonies secondaires disséminées (fig\ 509). Ainsi, l'épaississement des hyphes fertiles qui se recouvrent de spores (fig. 510) : Hyphes dressées minces et longues ou touffues et plus courtes, suivant les types que nous connaissons déjà. Dans ces cul-
Fia-. 312.
Tr. granulosum. Chlamydospores intercalaires dans les cultures, x 750.
tures on n'observe ni vrilles ni fuseaux, mais dans les cultures en bouillon sucré, des chlamydospores intercalaires, souvent agglomérées (fig. 512), d'une physionomie un peu particulière, et qui se rattachent peut-être au type de l'organe nodulaire que nous décrirons avec l'espèce suivante.
Trichophyton lacticolor. — Le Trichophyton lacticolor présente à considérer un organe mycologique nouveau qui n'a été vu ni décrit par aucun observateur et que j'avais observé et décrit en 1894 (') comme l'ébauche d'un périthèce. Par suite d'erreurs d'étiquetage, j'avais attribué cet organe au Trichophyton cerebriformé, chez lequel il n'existe pas. Il existe chez le Trichophyton lacticolor et chez le Trichophyton persicolor ainsi que chez le Microsporum fulvum (de Uriburu,) fait qui rapproche déjà les Trichophytons gypseums des Microsporums animaux.
Cet organe fait le principal intérêt mycologique du Trichophyton lacticolor. Il naît comme un fuseau plurisepté (fig. 515, A), mais il s'en
(') Voici mon texte de 1894 (Trkhophylies humaines, p. 149) : « C'est sur les « trajets mycéliens, et en tous points de leur longueur, qu'on voit naître les <• périthèques sous la forme de nodosités ressemblant très exactement à un « nœud un peu gros sur le trajet d'une corde. En les examinant avec attention, « on remarque leurs formes toujours irrégulières et leur enveloppe à double « contour visible. De plus la direction du mycélium sur lequel ils se trouvent « n'est pas toujours rectiligne. Enfin, dans leur intérieur, on dislingue constam- « ment, mais toujours un peu vagues les contours arrondis de deux, trois ou « quatre spores qui seraient au moins d'une grosseur double des spores « externes ■>.
624 ÉTUDE MYCOLOGIQUE DES DERMATOPHYTES
différencie aussitôt. Qu'il s'incurve ou qu'il reste droit (B, C), il m
Fjo. 51",. jr. laclicolor. Organe nodulaire. X 750,
divise par des cloisons transversales multiples en cellules qui se
MYCOLOGIE DES TRICHOPHYTONS MICROIDES. 625
chargent de protoplasma condensé, granuleux, fortement colorable, et presque aussitôt, chacune de ces cellules prend une forme particulière, en sablier (C) ou en boule irrégulière (D). Toutes ces formes semblent de même nature que les chlamvdospores observées dans d'autres espèces trichophytiques, mais les figurations ci-contre, montrent pourtant à quel point elles en diffèrent. Souvent le pédicule
Fig. 314. — TV. laelicolor. Vue d'ensemble de la culture de 6 jours en bouillon maltosé. x 70. Remarquer les points foncés qui sont les organes nodulaires.
qui les supporte se ride et se flétrit (E, E', L). Ces cellules rarement uniques (E, E') naissent le plus souvent en files contournées (D, H, J, M) et en des points voisins (J, K, L, N, V). La tendance de ces files à se contourner est presque constante (X, N') et peut s'observer sur une cellule unique qui prend la forme d'un haricot (0). Plusieurs cellules de cette sorte arrivent à constituer un agglomérat grossièrement rond (0, P, Q, R, S, U). Mais quand on étudie ces agglomérats, on se rend compte de l'enchaînement plus ou moins spirale, mais continu, de leurs cellules, chaque cellule gardant un double contour
ÉTUDE MYCOLOGIQUE DES DERMA.TOPHYTES.
reconnaissable, toujours visible. Ainsi se forment des organes noclulaires, très gros (45-20-30 u. de diamètre) difformes et d'un aspect très particulier et frappant. Les uns naissent au ras de filaments mycéliens et paraissent tout à fait sessiles (P, O. S, U) les autres sont plus ou moins longuement pédicules (O, R). Ces organes nodulaires existent à la périphérie de la culture par milliers (fig\ 514) ; à un faible grossis-
Fig. 515. — Tr. laclicolor. Organes nodulaires détachés et libres dans la préparation à côté des hyphes sporifères longues et simples, x 260.
sèment, ils apparaissent comme de gros points, fortement colorés. Aucune autre espèce ne les montre aussi nombreux. A un grossissement moyen (fig\ 515) on peut voir que les uns restent adhérents au point où ils sont nés et que les autres qui se sont libérés, flottent dans la préparation.
La signification de ces organes est discutable. Les mycologues professionnels nous diront s'ils rappellent des organes analogues et connus de familles cryptogamiques voisines. Bornons-nous à constater leur
MYCOLOGIE DES TRICHOPHYTONS MICROtDES.
existence, leur forme et leur rôle. Leur rôle semble celui des chlamydospores de toutes formes. Car, dans les cultures plus vieilles, on voit
Fig. 316. — TV. lacticolor. Les organes nodulaires, libres ou fixés, émettent des filaments mycéliens nouveaux, quelques-uns sporifères. x 750.
les cellules qui les composent émettre des filaments nouveaux plus ou moins longs, quelques-uns mêmes sporifères (fîg. 516). Un peu plus
Fig. 517. — Tr. lacticolor. hes organes nodulaires devenus, dans une vieille culture en goutte, des centres de bourgeonnement nouveaux, x 750.
tard, ces organes apparaissent entourés de filaments serpentins et comme des têtes de méduse (fig\ 317),
Les organes nodulaires du Trîchophylon lacticolor coexistent
ÉTUDE MYCOLOGIQÙE DES DERMATOPHYTES.
d'ailleurs dans sa culture avec les hyphes sporifères longues et simples et même rameuses et courtes que nous avons décrites chez les autres Microïdes. Lafîg.3151e montre. Maisonn'y observe ni fuseaux, ni vrilles. Le Trichophyton lacticolor présente, comme tous les Microïdes, un duvet pléomorphique dont la structure mycologique diffère beaucoup de celle de la culture-mère. Ce duvet, cultivé en goutte pendante,
Fi^'. 51S. — Tr. lacticolor. Son duvet pléomorphique, vue d'ensemble, x 75. Culture de 6 jours
en bouillon maltosé.
montre un centre opaque et une périphérie faite de mycéliums radiés, flexueux, presque tous massues à leur terminaison. Le centre de la culture est couvert de grappes entassées qui s'éparpillent et deviennent plus distinctes, à mesure qu'on les examine sur un point plus périphérique. Ces grappes montrent toutes les modalités que nous avons observées dans les autres Trichophytons, depuis l'hyphe simple et longue (A, F, fig. 510), jusqu'à la grappe la plus tassée et la plus globuleuse. Le duvet pléomorphique que nous avons obtenu du
MYCOLOGIE DES TRIGHOPHYTONS MIGROIDËS.
Trichophyton lacticolov est le plus sporulé que nous ayons observé chez les différents Trichophytons gypseums. Je ne sais si sa culture.
Fii
319. — Tr. lacticolov. Hyphes sporifères simples et ramifiées dans une culture (en bouillon maltosé au 6e jour) du duvet blanc pléomorphique. x 260.
en vieillissant deviendra de plus en plus stérile. Elle ne montre ni fuseaux ni organes nodulaires.
Trichophyton farinulentum. — La culture du TV. forinulentum en goutte pendante, en bouillon sucré, présente, à un faible grossissement, les caractères ordinaires aux cultures semblables des Microïdes. Autour du centre opaque de la culture, on retrouve des quantités de centres secondaires de pullulation et de reproduction, et, à un plus fort grossissement, les fuseaux multiloculaires, le mycélium branchu, rameux, qui sert de base d'implantation aux spores tassées qui font les grappes globuleuses.
A côté de celles-ci du reste, on observe les grappes plus simples, ffig. 320) et même les hyphes sporifères simples et longues dont la tige mycélienne disparaît par résorption protoplasmique (fîg. 521).
Les fuseaux pluriseptés montrent les diverses formes que nous avons observées dans plusieurs des précédentes espèces, formes plus
630 ÉTUDE MYCOLOGIQUE DES DERMATOPHYTES
Fi«'. 520. — Tr. farinulentum. Cullure de 9 jours en bouillon maltosé. x 70 et 260.
'^feX
Fig. 521 — 7V. farinulentum. Hyphes sporifères dans la culture de 9 jours en bouillon sucré.
MYCOLOGIE DES TRICHOPHYTONS MICROIDES. 631
ou moins courtes et grosses ou fines et allongées, pointues ou obtuses
Fig. 522. — Tr. farinulenlum. Différentes formes de ses fuseaux dans la culture de 9 jours
en bouillon sucré, x 260.
Fig. 525. — Culture pléomorphique du Tr. farinulenlum montrant à fiO/1 diamètres et à 2(50 diamètres l'aspect de ses spirales molles.
(fig. 522). Rien de cela ne permet de différencier cette espèce des autres espèces du même groupe.
ÉTUDE MYCOLOGIQUE DES DERMATOPHYTES
Il semble qu'il en soit différemment de son duvet blanc pléomorphique lequel nous a constamment présenté un organe différentiel très singulier.
Au contraire de la culture primaire qui ne nous a jamais montré de spirales, le duvet pléomorphique nous en a toujours montré (fig. 325)-.
Et ces spirales molles, aplaties, difformes sont bien différentes des spirales géométriques que les cultures primaires de certaines espèces du même groupe nous ont permis d'étudier.
Certaines même, par leur aspect de peloton et leur volume, évoquaient l'idée d'un début de périthèce, mais, dans les cultures, leur développement s'est constamment arrêté, et nous n'en avons pas retrouvé de plus volumineuses dans les préparations extemporanées laites par dilacération d'une culture en tube.
Il est à remarquer que ces spirales spéciales ne se sont montrées que dans le duvet pléomorphique de cette seule espèce.
Trichophyton persicolor. — Le Tr. persicolor se présente myco-
Fig. 524. — '/'/•. persicolor. Culture de 7 jours en bouillon glucose, x 70.
MYCOLOGIE DES TRLGHOPHYTONS MICROIDES.
logiquement comme très analogue aux dernières espèces trichophytiques que nous venons d'étudier. Un centre opaque fait de grappes confluentes de spores ovalaires, plus excentriquement semées autour de la culture-mère par petits paquets, quelques fuseaux dressés, peu nombreux, et, tout autour de la culture, des rameaux mycéliens ram-
Fie. 325
Tr. persicolov. Culture de 1S jours en bouillon glucose, x 70.
pants, stériles, plus ou moins branchus, affectant quelquefois l'aspect « en écheveau brouillé » ou « en tête de méduse ».
Les grappes examinées à un plus fort grossissement sont simples et longues ou courtes et globuleuses (fig. 326), souvent mélangées à des ébauches de filaments qui sont des spores avortées.
Sur milieu fortement peptonisé et non sucré apparaissent dans cette espèce, les rudiments de l'organe nodulaire que nous avons étudiés chez le Tr. lacticolor et qui est ici, d'ailleurs, beaucoup moins complexe et moins différencié (fig. 527).
Le duvet pléomorphique du Tr. persicolor présente le type repré-
63i ETUDE MYCOLOGIQUE DES DERMATOPHYTES.
sentatif le plus net de ce que sont pour la plupart les duvets pléomor-
Fig. 526. — Hyphes sporifères, sporifèrés simples et composées dans la culture du Tr. persicolor. x 260.
phiques des Trichophytons. Il est composé de filaments fins, radiés,
Fi<j. ô27. — Tr. persicolor. Organe nodulaire observé dans une culture de 15 jours en bouillon peptonisé à 5 pour 100. x 350.
presque absolument stériles, parmi lesquels cependant, on voit de minces hyphes dressées porter de très petites spores rares.
MYCOLOGIE DES TRICHOPIIYTONS NIVEUMS.
MYCOLOGIE DES TRICHOPH YTONS NIVEUMS
Les Trichophytons niveums diffèrent beaucoup, mycologiquement, des Trichophytons gypse unis.
Ainsi aucun d'eux ne nous montrera ni spirale, ni fuseau, ni organe nodulaire, mais seulement des hyphes sporifères, encore celles-ci sontelles ordinairement simples et longues plus souvent que globuleuses et tassées. C'est ce que les exemples suivants montreront.
Trichophyton radians.
Le Tr. radians, bien qu'il n'offre pas de pléomorphisme, se présente en culture sous un double aspect.
Tantôt, (fig. 528) autour du centre opaque de la culture, on retrouve
Fig. 328. — tr. niveum radians. Culture de 8 jours en bouillon maltosé. x 70 et
IE MYGOLOGIQUE DES DERMATOPHYTES.
les petites colonies disséminées laites de grappes globuleuses tassées, mais, entre elles, existe un réseau lâche de filaments sporiferes qui les réunit. Beaucoup de ces filaments disparaissent par résorption et^ leur trajet n'est plus dessiné que par la disposition des spores qu'ils portaient; ces spores assez irrégulières, comme celles que portent les hvphcs simples et longues, varient du simple au double et sont
Fiii'.
Tr. niveum radians. Culture de X jours en bouillon glucose, x 60 et 2(>0.
rondes ou ovales. Ainsi la culture, en dehors de points obscurs qui sont des agglomérats de grappes sporiferes courtes, paraît criblée de spores dont le premier examen ne peut dire comment elles sont nées.
Le deuxième aspect sous lequel se présente le Tr. radians ressemble beaucoup à celui que les duvets pléomorphiques des Trichophytons nous ont offert à peu près uniformément.
C'est une culture radiée dont presque tous les filaments sont recta lignes et se dirigent tout droit du centre à la périphérie. Beaucoup
MYCOLOGIE DES TR1CHOPHYTONS NIVEUMS.
portent sur presque toute leur longueur de petites spores ovalaires
qui criblent l'ensemble de la culture comme de grains de poussière.
En outre, la culture est parsemée de spores rondes, 4 ou 5 fois plus
dtf
oïl
Fig. 550. — Tr. niveum radians. Hyphes sporifères. x 260.
grosses, et assez rares, qui flottent dans la culture parce que leur tige mycélienne s'est résorbée.
La fig. 550 montre le détail des hyphes sporifères et des deux types de conidies fines et grosses dont la description précède, celui des hampes longues et simples et des grappes touffues, et enfin celui des hyphes sporifères qui persistent lorsqu'elles se couvrent de spores, et des hyphes qui disparaissent lorsque leurs spores sont formées.
ETUDE MYCOLOGIQUE DES DERMATOPHYTES
Trichophyton denticulatum.
La mycologie du Tr. denticulatum est encore plus simple. Un mycé-
Fig. 351. — Tr. denticulatum,. Culture de 8 jours en bouillon maltosé. x 70.
lium radié, ramifié, l'ait la masse de la culture (fig. 051). Il porte de place
Va
Fig. oô'l. — Hyphes fertiles du Tr. denticulatum. x iOO.
en place des tiges fertiles dressées couvertes de spores ovoïdes. On ne
MYCOLOGIE DES TRICHÛPHYTONS NIVEUMS.
voit presque pas de grappes ramifiées, presque toutes les hyphes fertiles sont des thyrses minces, allongés, sur lesquels des spores fines, ovales sont espacées (fig. 332). La fig. 535 (de détail) montre dans cette espèce comme dans la précédente que les spores varient du simple au
Fig. 555. — 7'/'. dpnliculatnm. Culture de 8 jours en bouillon mallosé. x 260.
double dans leur dimension et la fig. 552, que le mycélium des hyphes sporifères persiste ou disparaît suivant le cas.
Si l'on veut bien comparer ces figures à celles qui concernent la mycologie des duvets pléomorphiques des Trichophytons gypseum, on sera frappé de leur ressemblance.
Et ce fait est de ceux qui appuient quelque peu l'hypothèse qui ferait des Tr. niveums des espèces actuellement fixées, mais dérivées des Tr. gypseum* par altération pléomorphique accidentelle.
ETUDE MYCOLOGIQUE DES DERMATOPHYTES
MYCOLOGIE DES TRICHOPH YTONS MÉGASPORES
Trichophyton equinum (Matruchot). — Mycologiquement le Ti
Fig 53i. — Tr. equinum. Culture de s jours en bouillon maltosé. x 260.
Fig. 355. — Tr. equinum. Culture de 8 jours en bouillon maltosé. x 75. Vue d'ensemble.
MYCOLOGIE DU TRICHOPMYTON EQUINUM. 641
equinum ressemble un peu aux précédents. A un faible grossissement
Fig. 556. — TV. equinum. Culture de 8 jours en bouillon maltosé. x 260.
ÉTUDE MYCOLOGIQUE DES DERMATOPHYTES
les cultures apparaissent entourées de mycéliums rayonnants au milieu d'une poussière de spores.
A un grossissement plus considérable, on voit que si la disposition
Fig. 557. — -Terminaisons mycéliennes massuées et hyphes sporifères du Tr. equinum. xï!60.
de ces spores dessine encore souvent l'hvphe sur laquelle elles sont nées, cette hyphe même demeure invisible; un examen attentif montre aussi que les grappes complexes de spores existent encore moins, chez ce Trichophyton, que dans la culture des deux précédents. Seul le long
MYCOLOGIE DU TRICHOPHYTON ROSAGEUM. 643
thyrse conidifère existe, que la figure 557 représente, portant des spores sur plusieurs millimètres de longueur (0).
Très souvent aussi les mycéliums radiés qui entourent la culture se terminent par une extrémité légèrement massuée, sans présenter cependant aucun organe qui ressemble au fuseau des Trichophytons gypseums (A, C, fig. 557).
Trichophyton caninum. — D'après Matruchot et Dassonville la mycologie du Tr. caninum ferait de lui l'un des plus importants Dermatophytes et l'un de ceux qui donneraient le mieux, sur leur groupe entier, des indications taxinomiques définitives.
En culture, le Tr. caninum donnerait des filaments très longs et plus fins que ceux des Trichophytons ordinaires, car ils ne présenteraient que 1 [/. de diamètre (filaments à dissociation tardive) ; d'autres plus gros présentant des chlamydospores intercalaires ou latérales et dans ce cas, pédiculées suivant le type habituel du thyrse sporulaire. (Chaque sporule latérale de 4-7 jx de longueur sur 2-5 [j. de diamètre. ) ... Enfin, sur milieux très nutritifs, des spirales de deux ou trois tours de spire.
Mais, en outre, Matruchot et Dassonville décrivent au Tr. caninum des périt hèces buissonneux nés de la cortication d'une branche spirale : périthèces à parois lâchement enchevêtrées, portant à l'extérieur des filaments noirâtres en forme de longues épines incurvées, simples, ou ramifiées à angle droit, et dont les extrémités se terminent à l'état jeune par un groupe de trois à cinq tortillons spirales incolores. Dans ces périthèces on trouverait des asques groupées en grappe, pédicellées, ovales, diffluentes, de 6-7 \j. sur 5-4, octospores. Chaque spore, limoniforme, incolore, lisse, biguttulée, de 1 \k et demi sur 5.
Il est inutile de souligner l'importance de cette description, surtout tracée par un mycologue professionnel. Il est à regretter seulement que des points d'une telle importance n'aient pas été figurés en tous détails de façon à être au-dessus des objections qui se présentent naturellement à l'esprit, devant des faits si différents de ceux que nous connaissons, si graves dans leurs conséquences doctrinales, et restés uniques jusqu'ici.
Trichophyton rosaceum. — Lorsque j'avais étudié, en 1894, la mycologie du Tr. rosaceum, je lui avais décrit des terminaisons infertiles qui ne sont pas caractéristiques (*•) et des couronnes de spores verticillées autour des filaments mycéliens, éléments que je n'ai pu retrouver depuis; j'avais d'ailleurs signalé aussi à cette
(') Atlas des Triehophyties humaines, fig. 192.
644 ETUDE MYCOLOGIQUE DES DERMATOPHYTES
époque les spores pédiculées une à une sur de très grandes lon-
Fig. 558. — Organes principaux du Tr. rosaceum dans une culture de 12 jours en miliei
sucré, x 260.
MYCOLOGIE DU TRICHOPHYTON ROSAGEUM. 645
gueurs des tubes mycéliens adultes ('); ce que la figure 558 démontre.
Truffi, qui a étudié en 1902 la mycologie de ce Parasite, lui décrit des grappes longues de spores comme nous. J'ai fait représenter en une figure (fig. 558) les formes mycologiques principales que j'ai pu
Fig. 559. — Aspect général et port de la culture en goutte pendante du 2V. rosaceum.
x 60 et x "260.
relever dans les cultures en goutte du Tr. rosaceum. On y trouve d'abord, soit sur le trajet des filaments mycéliens, soit à leur extrémité (A, Hj, des réserves protoplasmiques enkystées prenant la couleur plus fortement que les parties mycéliennes intercalaires; on y voit (B, D, Fj les chlamydospores pluricellulaires en fuseaux ou en battants de cloche communes à beaucoup de Trichophytons. Sur le trajet des filaments, ces réserves protoplasmiques peuvent prendre toutes les
(') Trichophyties humaines, p. 172.
ETUDE MYCOLOGIQUE DES DERMATOPHYTES
formes. En beaucoup de points, on observe l'alternance des réserves protoplasmiques endo-mycéliennes et de conidies latérales pédiculées sur des cellules mycéliennes, déshabitées parce que le protoplasma de ces cellules s'extravase dans les spores externes (J, 0, P). Le type du mycélium adulte terminal, c'est la hampe dressée, portant de part et
Fig. 510.
Forme plébmorphique du 2V. rosacéurti; culture en goutte pendante x 60°. Le carton x 260.
d'autre de très nombreuses spores piriibrmes, sessiles ou pédiculées, (fig. 7)7)8, K, R, T, et fig. 339). Et ces thyrses peuvent être d'une extrême longueur. Beaucoup portent latéralement des branches courtes, elles-mêmes couvertes de spores (fig. 558, S). La figure 54-0, culture en goutte du duvet pléomorphique du Tric/iopliyton rosaceum, montrera la transformation intime et la dégénérescence subies par la culturemère. Les filaments ont tout à fait ou presque complètement cessé de porter des spores.
MYCOLOGIE DU TRICHOPHYTON VIOLACEUM.
TRICHOPHYTON VIOLACEUM
J'ai souvenir d'avoir cultivé en 1895 le duvet blanc issu du Trichophyton violaceum et de l'avoir vu porter des spores latérales. Je l'ai écrit dans les Trichophyties humaines. Truffî l'a retrouvé en 1902. Au cours de mes dernières recherches je ne l'ai pu reproduire.
La culture que j'ai obtenue est faite de filaments minces, jeunes,
Fig. 541. — Tr. violaceum. Débat de culture autour d'un cheveu parasité déposé trois jours sur un milieu nutritif, x 260. Le carton à 7150.
peu cloisonnés (fig. 342), ou de filaments plus âgés, montrant des chlamydospores intercalaires arrondies ou difformes.
Lorsqu'on pratique la culture en partant d'un fragment de cheveu (fig. 541), on peut voir le mycélium présenter quelques bourgeons latéraux qui peuvent simuler des spores, mais qui sont des filaments jeunes et non pas des spores latérales. Je crois très bien qu'en cher-
ÉTUDE MYCOLOGIQUE DES DERMATOPHYTES
chant à améliorer les milieux de culture de ce Parasite, on parviendrait à lui faire émettre régulièrement ces spores qu'on a pu observer par
Fig. ô-i"2. — Tr. violacevm. Culture de 10 jours eu bouillon maltosé. x 70 et x 260.
hasard. Mais ce serait une recherche sans doute assez longue et que je n'ai pas faite.
TRICHOPHYTONS FAVIFORMES
Trichophyton album. — Les cultures en goutte du Trie liopliy ton album sont celles qui évoquent le plus la forme des Trichophytons dans le cheveu ou dans la squame. Voyez la fig. 545, on y observe des filaments formés d'articles courts, souvent oblongs à grand axe transversal, presque identiques aux filaments articulés de beaucoup de Trichophytons dans le cheveu humain. Et le mycélium de la fig. 541
MYCOLOGIE DES TRICHOPHYTONS FAVIFORMES.
avec sa l'orme rubanée est à peu près identique aux figures que tant de Trichophytons nous ont montrées dans la squame.
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Fig. 5iô. — Trichophytori faviforme album. Culture en goutte de 50 jours, x 260.
Ainsi, dans sa culture en goutte pendante, le Trichophytori album prend des formes analogues à celles qu'il prend dans le cheveu,
T7L Fig. 3-i-i. — Trichophytori faviforme album. Culture en goutte de 50 jours, x 260.
c'est-à-dire dans une vie de contrainte, où l'on ne voit aucun Trichophyton produire d'appareil de reproduction différencié. Mais contrai-
ETUDE MYCOLOGIQUE DES DERMATOPHYTES
rement à l'opinion de Bodin, il ne faut pas assimiler ces éléments rubanés à l'appareil différencié de reproduction des Oospora.
Fig. o-io. — Trichophylori faviforme album. Culture en goutte de 50 jours, x 260. Chlamydospores intercalaires
Les articles mycéliens de ces cultures n'ont pas plus de valeur en' ce qui concerne la classification de ces Parasites que l'article mycélien
Fig. 316. — Chlamydospores intercalaires de la figure 315 et de la fig. 315. x 750.
du cheveu, môme quand la langue dermatologique le dit à tort : sporulé.
Chacun de ces articles mycéliens n'est qu'une réserve protoplasmiquc enkystée (chlamydospore intercalaire) et ne mérite pas d'être
MYCOLOGIE DES TRICHOPHYTONS FAVIFORMES
considéré comme un appareil de reproduction différencié (fig. 546).
Que l'on examine la fig. 545 et la fig. 545 à de très considérables grossissements, et l'on se rendra compte qu'entre les articles mycéliens de la fig. 5-45 et les plus hypertrophiés des articles mycéliens de la fig. 545, il n'y a qu'une différence du plus au moins. Certains articles se gonflent prodigieusement et souvent d'une façon excentrique. Ils s'entoureront d'une double enveloppe, leur protoplasma se condensera et redeviendra granuleux comme dans les petites chlamydospores de la fig. 545. Et peu à peu la culture en sera remplie.
Quand la culture vieillit, les articles mycéliens fondent et disparaissent, laissant les chlamydospores isolées, capables de bourgeonner et de reproduire le Parasite si elles sont transportées dans un milieu nutritif nouveau. Beaucoup d'ailleurs esquissent ce bourgeonnement dans le milieu même où elles sont nées, mais il s'arrête.
Trichophyton ochraceum.
Les cultures du Trichophyton
Fig. 3i7. — Trichophyton ochraceum. Culture en goutte de 20 jours, x 260. Le carton à x 760.
652 ÉTUDE MYCOLOGIQUE DES DERMATOPHYTES
ochraeeicm comme celle du Trichophyton album, comme celle de l'Achorion vulgaire et celle du Trichophyton violaceum, sont les cultures dont nous pouvons le moins étudier la mycologie. Sur nos milieux qui leur conviennent mal, elles poussent lentement et sous des formes de souffrance, sans que nous puissions obtenir qu'elles montrent des organes de fructification; alors leurs organes nous paraissent réduits à des articles ovoïdes, formes végétatives misérables. Jamais ces cultures ne montrent rien qui ressemble à une conidie externe, à une grappe ou à un fuseau. Beaucoup d'autres dissemblances existent entre ces Trichophytons et les Trichophytons ordinaires. Ainsi leurs premières cultures ne se développent pas audessous de 18°, etc. Il n'y a guère à douter cependant que sur un milieu nutritif mieux approprié à leurs besoins, ces Dermatophytes, comme les autres, nous fourniraient des spores latéralement portées sur des hyphes fertiles. On peut supposer même que la recherche de ce milieu ne demanderait qu'un peu de temps et de patience (1).
(*) Nous n'avons étudié la mycologie du Tr. faviforme discoïdes que par dilacération. Nous n'y avons observé que les mêmes formes présentées par les autres Trichophytons faviformes et étudiées avec eux. Aussi ne lui consacrerons-nous pas d'article mycologique spécial.
EPIDERMOPHYTON INGUINALE.
EPIDERMOPHYTON INGUINALE
L'Epidermophyton inguinale est de tous les Dermatophytes celui qui présente les formes de reproduction les plus personnelles, à ce point que, dès le premier examen d'une de ses cultures en goutte, on le reconnaît assurément. En effet, la culture en goutte développe
Fig. 548. — Epiderrnopkyton inguinale. Culture eu goutte pendante en bouillon glucose après onze jours (Bleu de Sahli, 60/1 diam.)
un thalle épais et feutré, d'où partent des rayons couchés, radiés, infertiles. Aucune conidie latérale, aucune hyphe sporifère, pas de vrille, rien qui rappelle les Trichophytons ordinaires, mais seulement des fuseaux innombrables, déjà visibles au plus faible grossissement (fig. 548) et qui terminent tous les rameaux aériens dressés. La forme de ces fuseaux spéciaux les fait notablement différer de ceux que nous connaissons, par exemple chez les Trichophytons gypseums et de ceux, encore différents, qui caractérisent les Microsporums. Ils sont extrè-
654 ÉTUDE MYCOLOGIQUE DES DERMATOPHYTES
moment fragiles, et le montage dans tous les liquides conservateurs
Fig. 549. — Epidermophyton inguinale. Ses fuseaux dans la culture en goutte pendante.
les abîme. Les meilleures préparations qu'on en puisse faire seront pratiquées dans l'eau pure ou dans l'acide lactique.
ÉPIDERMOPHYTON INGUINALE. 655
Los cultures en goutte pendante, en bouillon sucré, donnent à ces
Fig. 550. — Epidermophyton inguinale. Ses fuseaux dans les cultures en tube en milieux
d'épreuve, x 760.
fuseaux les formes que voici (fig-. 549). Ils sont latéraux ou termi-
ETUDE MYCOLOGIQUE DES DERMATOPHYTES
naux, souvent réunis par groupe de 5 à 7 (2) ou élégamment disposés à l'extrémité d'une tige mycélienne flexueuse. On les voit naître (2, 5, 4) comme de simples hernies latérales sur un filament. Ils s'allongent et s'arrondissent de façon à constituer un fruit oblong que deux ou trois septa séparent en trois ou quatre loges. C'est ainsi que se montrent les fructifications du Parasite dans les cultures en goutte.
Fig. 351. — Epidermophy ton inguinale. Culture de 25 jours en bouillon glucose, x 750. Fig. oo^. — Epidermophyton inguinale. Culture de 57 jours en même milieu, x 750.
Elles sont du môme type mais un peu différentes dans les cultures en tube, lorsqu'on les examine en en prélevant une parcelle qu'on dilacère dans une goutte d'eau. Les fuseaux s'y montrent beaucoup plus nombreux, plus courts, plus ramassés, plus tassés. La fig. 550 montre le détail de leur forme et de leur structure. Dans cette figure on peut suivre de 1 à 5 les diverses phases de leur développement, mais les formes normales sont figurées de 7 à 12. Ce sont elles qui littéralement encombrent la préparation. Ce sont des fuseaux arrondis à extrémité obtuse et septés en 3 à 6 loges, ayant 20-50 j/. de long sur 5-7 de large. Ces fuseaux, réunis par 5, par 8, par 10, prennent l'aspect bien connu d'un régime de bananes.
EPIDERMOPHYTON INGUINALE.
Ils sont innombrables, la poussière de la culture est faite par eux. Ces fuseaux peuvent être verticillés autour d'une extrémité mycélienne (11) ou au contraire appendus au long d'une tige par des stérigmates courts ou sur un simple renflement d'insertion. Quelquefois ils sont ramifiés, uniques à leur base, doubles à leur extrémité; certains,
Fig. 555. — Culture en goutte suspendue en bouillon glucose après 11 jours du duvet blanc pléomorpbique issu de l' Epidc rmophylon inguinale Coloration au bleu de Sabli, x 60. Le carton x 500.
plus trapus, ont la forme dune pomme de pin, d'un cône de cèdre (12).
Aucun autre Dermatophyte ne présente un tel aspect; sur le seul vu de ces fruits, on peut nommer ce Parasite. Et les deux variétés que j'en connais ont des fruits identiques.
Dans les préparafions permanentes les fruits se rident et se flétrissent, le protoplasma cellulaire se condense et devient granuleux, sa masse se rétracte et ne remplit plus la cellule (fig. 551) Lorsqu'on a laissé vieillir la culture, beaucoup des fuseaux meurent et sont
ETUDE MYCOLOGIOUE DES DERMATOPHYTES.
déshabités par le protoplasma. Le protoplasma se condense au contraire dans certaines tiges et dans certains articles mycéliens qui s'arrondissent et deviennent des chlamydospores intercalaires (fig. 352); Le duvet blanc pléomorphique de YEpidermophyton inguinale n'a plus aucune apparence de parenté mycologique avec la culture dont il est issu. Il est exclusivement composé de filaments minces, ramifiés, stériles, et ne montre aucune forme différenciée quelconque (fig. 355):
La mycologie des Microsporums, qui a beaucoup de points de contact avec celle des Trichophytons, en diffère assez cependant pour qu'un observateur qui a étudié le sujet puisse, sur l'examen objectif de simples cultures en goutte, affirmer qu'il s'agit d'une espèce de l'un ou de l'autre de ces deux groupes de Dermatophytes.
Essentiellement il ne semble pas qu'il y ait entre ces deux types une divergence absolue et qu'ils appartiennent chacun à des familles cryptogamiques très distantes. Tout indique au contraire qu'il s'agit de Parasites très proches entre eux. En étudiant les Microsporums nous trouverons cependant plusieurs points nouveaux méritant de nous arrêter.
D'abord le mycélium, qui présente des tubes rectilignes à parois parallèles, montre aussi d'autres brins dont les cellules ont une forme en raquette très particulière (fig\ 554).
Souvent, comme je l'écrivais dès 1895, « les cellules mycéliennes du Microsporum Audouïni sont... renflées en massue