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I. — VIE SAPROPHYTiaUE POSSIBLE DES DERM ATOP HÏTE S

Un premier point très remarquable à considérer est la différence singulière de morphologie des Dermatophytes dans leurs lésions et dans leurs cultures.

Dans leurs cultures, ce sont des moisissures très peu différentes des moisissures banales qu'on voit pousser sur les milieux organiques morts ; sur le vivant ils vivent dissimulés, et sous un aspect morphologique presque tout à fait différent. Sans doute on retrouve leur unité morphologique habituelle, le tube mycélien, mais dans la vie

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parasitaire c'est un élément fragile, peu durable, signalant seulement la période d'envahissement parasitaire. Lorsque le Parasite est établi, il se constitue en chapelets d'articles sporulaires qui sont des éléments de résistance, et presque des graines, éléments tout à l'ait différents de ceux que le même être produit sur nos milieux artificiels.

Lorsqu'on cultive la plupart de ces Parasites, il est si facile de leur faire reprendre leur aspect de Moisissure, qu'on se demande aussitôt s'ils n'existent pas dans le monde, à l'état saprophytique aussi bien qu'à l'état parasitaire, et cette hypothèse est d'autant plus plausible que dès leurs premières cultures la plupart de ces êtres produisent des organes différenciés, qui ne sont, si l'on veut, que des chlamydospores, mais qui n'en constituent pas moins des éléments reproducteurs, très différenciés, et toujours les mêmes pour les mêmes espèces : spores latérales en bouteille, agminées en thyrses ou en grappes composées, fuseaux multiseptés, etc. Et ces êtres retrouvent ces organes avec tant de facilité sur les milieux artificiels qu'on doit se demander s'ils ne les produisent pas dans la nature, et, si, pour plusieurs, l'existence parasitaire n'est pas seulement occasionnelle.

Cette question que j'ai posée dès ma première étude sur les Trichophyties à dermite profonde (') et que j'ai développée ensuite (2), que Bodin avait posée aussi (•'), semble surtout viser les Dermatophytes rares qu'on ne trouve chez l'Homme et chez l'Animal que d'une façon exceptionnelle. Cette hypothèse s'appuie d'ailleurs sur quelques faits : Si l'on prend les Trichophytons microïdes qui sont très robustes, on peut les cultiver sans peine sur du bois pourri, des graines même revêtues de leur écorce cellulosiques, comme les épis d'orge, de blé, d'avoine et même sur du terreau de serre.

J'ai dit que la question avait été reprise en sens inverse par Matruchot et Dassoiiville (4) qui seraient parvenus à inoculer positivement un Saprophyte : le Ctenomyces serratus appartenant à la famille botanique à laquelle ces auteurs ont attribué toute la série des Dermatophytes. Ainsi que l'écrit Gueguen (5) : « L'avenir montrera peut-être que ces propriétés pathogènes du Ctenomyces serratus sont partagées à un degré plus ou moins élevé par les Champignons vivant en saprophytes sur les matières animales renfermant de la kératine. »

Du reste cette existence saprophyte est probable pour presque tous

(') Sabolkaud. Les Trichophyties à dermite profonde, {Annales de l'Institut Pasteur, juin 1895).

(2) Sabouraud. Note sur l'hypothèse d'une existence saprophyte des Trichophytons (Ann. de Dermat. et. de Syph. 1893).

(~°) Bodin. Sur l'origine saprophyte des teignes (Société médicale de l'ouest, 4 juin 1897).

(4) Mathuchot et Dasson ville. V'oy. p. 12b.

(5) Gueguen. Les champignons parasites de l'Homme et des Animaux, p. loi.

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les autres Champignons pathogènes connus : Actinomyces, Blastomyces et Sporotrichums parasites. Les Dermatophytes rentreraient ainsi dans la règle, dont les premiers éléments positifs ont été fournis par les Aspergillus et le Botrytis Bassiana.

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