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II. — RESISTANCE DES DERMATOPHYTES AUX AGENTS PHYSIQUES ET CHIMIQUES

Parmi les nombreuses études analytiques que la Biologie des Dermatophytes peut comprendre, une des premières est la résistance aux agents physiques des croûtes, squames et poils teigneux qui sont les moyens de dissémination des teignes.

Gerlach le premier a essayé de déterminer « la durée de la faculté germinative des sporules ». Des croûtes recueillies, après trois, après six mois s'inoculaient encore, par scarification. Siedamgrotzky a inoculé avec succès, à la Chèvre, une teigne du Taureau avec des semences vieilles de 18 mois. Mégnin a inoculé au Chien des produits de même date. Thin a réussi des cultures avec des cheveux teigneux datant de 15 mois (l). Mais Duclaux, comme lui, les a toujours trouvées mortes après deux ans. Baillet disait qu'une semence vieille de 3 mois ne donne souvent plus la teigne par simple frottis, et qu'elle peut la donner par scarification après 6 mois(2). L'expérience qui consiste à inoculer de vieilles semences, pour savoir si elles sont encore vivantes, n'est probante que quand elle réussit. Car une semence qu'on ne peut plus inoculer peut souvent donner encore des cultures assez aisément.

En fait, la durée de vie des semences de teignes conservées, varie suivant la structure des éléments parasitaires. Les rubans mycéliens contenus dans les squames meurent par dessiccation après 1 à 5 mois d'ordinaire. Les spores des cheveux trichophytiques donnent le plus souvent des cultures après 15 et 18 mois, mais la réussite est irrégulière. Après deux ans il est rare d'obtenir une culture vivante sur dix ou douze ensemencements. Ces chiffres doivent varier d'ailleurs avec les conditions hygrométriques et les alternatives de température par lesquelles la semence a passé pendant ce temps, et surtout avec la nature des espèces que l'on étudie, car j'ai toujours trouvé, par exemple, aux Microïdes, des qualités de résistance, et une survie dont la plupart des autres Dermatophytes n'approchent pas.

Dans le favus aussi, tout au moins dans le godet favique, prélevé et

(') Thin. Expérimental researches coneerning Trichophyton tonsurans (Brith. medic. journ., 1889, in Rev. des se. méd., XXXIV, p. 195).

(*) Raillet. Teigne tonsurante chez les Animaux (Annales de Dermatologie, 1880, p. 243).

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conservé, le Parasite esl lent à mourir. Sabrazès a trouvé les spores du godet favique encore vivantes après deux années (').

II. Verùjski, Truffi ont recherché à quelle température mouraient les Tri chopliy tons. Ils meurent à 75° à sec, à 52° en chaleur humide. Mais peut-être le chiffre n'est-il pas identique pour toutes les espèces de Dermatophytes.

La résistance des Dermatophytes aux agents parasiticides, a été étudiée par un grand nombre d'auteurs, mais les recherches sont extrêmement difficiles à bien conduire et les résultats qu'elles donnent varient suivant les conditions de l'expérience (2).

On sait qu'aucun parasiticide ne tue les teignes in situ. La résistance des squames aux antiseptiques est faible, la résistance des cheveux plus grande. La résistance des cultures diffère suivant qu'elles sont en milieu liquide ou solide. La nature des excipients et des véhicules dont on se sert pour porter la substance parasiticide, a aussi, en pratique, une importance, car les phénomènes de capillarité jouent un grand rôle dans l'action parasiticide de certains corps. Nous savons tous qu'on stérilise aisément une culture avec une goutte de formol qu'on laisse filtrer à travers le bouchon d'ouate qui la ferme, si on recouvre le tube d'un capuchon de caoutchouc. Les vapeurs de formol tuent plus difficilement un cheveu teigneux et ne tuent plus le Parasite dans le cheveu en place.

Je cite les recherches sur ce point pour mémoire, car il est impossible de les résumer. Aucune n'aboutit à une idée claire et beaucoup se contredisent partiellement, ce qu'expliquent la difficulté des expérimentations rigoureuses et la variabilité indéfinie des conditions dans lesquelles on peut opérer.

Globalement on peut dire que les Dermatophytes en culture sont fragiles et ne résistent à aucun parasiticide un peu actif, que les formes dites sporulées du poil et du cheveu sont beaucoup plus résistantes tant par elles-mêmes que par leur habitat, car le cheveu est extrême-

(') Sabrazès. Vitalité des spores du godet favique (Semaine médicale, XV", 1895, p. 382. Bull, méd., IX, 1895, p. 911).

(*) Parmi les principaux auteurs qui se sont occupés de la résistance des Dermatophytes aux agents parasiticides, je citerai :

Saafeld. Berliner Klin. Wochenschrift, 1886, n° ."9.

Thin. Expérimental researches concerning trichophyton tonsurans (Brit. mal. oar., 25 fév. 1889).

Sehlen. Monats. f. prak. Dermal., n" 12, 1889.

Marianelli. Ginm. it. mal. ven. e del. pel., 1890.

Verùjski. Loc. cit.

Schwengers. Monats. f. prakt. Dermal., Band XI, n° i. 1891.

Busquet. Ann. de Derm., 1892.

Zuisser. Arch. f. Dermat. und Syph., 1894.

Calderone. Contribuzio sperimentale alla biologia del trich. tonsurans e dell' achorion (Giorn. il. mal. ven. e del peL, 189), p. 49 et 306). Truffi aussi, p. 137.

ment peu perméable aux agents physiques. Quant à la résistance du Parasite dans le follicule à tous les agents chimiques, on sait qu'elle est restée jusqu'à ce jour quasi absolue.

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