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III. — RÉSISTANCE ET DURÉE DE VIE DES CULTURES

La durée de vie des cultures est encore un facteur qui demanderait à être étudié pour chaque groupe dermatophytique séparément.

Sur nos milieux, une culture de Trichophyton eridothrix vit 6 mois environ, mais une culture de Trichophyton gypseum est encore vivante après deux ans.

J'ai dit la transformation pléomorphique duveteuse- blanche que beaucoup de Dermatophytes présentent. La résistance de ce duvet diffère aussi de celle de la culture-mère à laquelle il se substitue. Habituellement un duvet pléomorphique ne demeure guère vivant que i-6 mois sans repiquage.

Quant à l'étude des échanges chimiques des Dermatophytes, on peut dire qu'elle est à peine esquissée.

Pour qu'une semblable étude lut scientifique, il faudrait qu'on pût cultiver ces Champignons sur un liquide de composition chimique définie, tel que le liquide de Raulin, etc. ; jusqu'ici on n'y a pas réussi. Ce n'est que quand on y parviendra que cette étude pourra être menée à bien et on devra la poursuivre encore pour les 7 ou 8 types principaux de Dermatophytes conjointement. Jusqu'ici, on n'a pu cultiver les Dermatophytes que sur des milieux vivants ou issus de matière vivante comme la peptone, et l'on sait que la complexité des albuminoï'des enlève toute rigueur aux analyses.

Voici néanmoins les quelques données que l'on a pu obtenir sur ce sujet.

Depuis Verujsky nous savons que si les aliments albuminoïdes sont nécessaires aux Trichophy tons, cependant les hydrates de carbone sont leurs aliments de choix. Les Microsporums ont les mêmes affinités nutritives; la glucose, la maltose, la lévulose sont assimilés par eux à doses inégales, mais à fortes doses; la saccharose ne l'est pas du tout ainsi que Bodin l'a démontré ('), ces Parasites manquant dé

(') Bodin. Art. Microsporum. Pratique dermat., t. IV, p. 804.

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la diastase que possèdent les Aspergillus et qui transforme la saccharose en sucre interverti. Voici les chiffres donnés par Bodin à ce sujet et se rapportant à des récoltes faites au vingt-cinquième jour. Ils montrent « comment les Microsporums et les Tnchophylens utilisent le glucose, ils font voir en outre que sur les milieux glucoses il est possible d'obtenir avec ces Champignons, et relativement au sucre consommé, un rendement presque égal à celui de Y Aspergillus niger sur le liquide de Raulin. »

TRICHOPHYTON DU CHEVAL A CULTURES BLANCHES. MICR03PORUM DU CHIEN (lanOSUin).

Poids de récolte. Glucose consommé. Poids de récolte. Glucose consommé.

6«r,649 20sr.7() 3^,970 16*' 400

« Notons que dans toutes les expériences faites à ce sujet, le rapport du poids de plante et du poids de glucose consommé s'est toujours montré très voisin de 1/4 pour les Microsporums, tandis qu'avec les Trichophytons ce rapport a toujours été sensiblement 1/3. »

« H faut ajouter enfin que c'est sur les milieux légèrement alcalinisés à la soude (()«'', 05 pour 100) que l'on obtient le maximum de récolte, et que la température la plus favorable au développement des cultures a été 55°. Mon expérience personnelle me fait considérer le développement à 27° comme meilleur pour la différenciation des espèces. Certains éléments introduits dans les milieux de culture, comme la glycérine, qui est aussi un hydrate de carbone, modifient sensiblement la forme des cultures, sans qu'on puisse observer que le Champignon l'assimile en aucune manière. Un fait concilie les assertions contraires de Bodin qui affirme la non-assimilation de la glycérine par ces Parasites et ce fait d'expérience que les cultures en milieux glycérines, sucrés, ne sont pas identiques aux cultures en milieux sucrés sans glycérine : c'est cette remarque faite parYeriïjsky que la glycérine a sur les cultures une action de présence et favorise l'assimilation des sucres.

A côté des substances absorbées par les Dermatophytes doivent être étudiées celles qu'ils sécrètent.

Certains Dermatophytes produisent dans leurs cultures des pigments colorés remarquables. Au premier rang, sous ce rapport, devrait être placé Y Achorion gallinse qui colore en rose ses milieux de culture sucrés lorsqu'on place la culture à o0° C.

Le Trichophyton rosaceum, le Trichophyton violaceum ont une couleur propre peu diffusible ; quelques autres Dermatophytes ont une couleur brunâtre ou jaunâtre, mais moins prononcée. L'étude de ces

pigments a été commencée par M. Truffi ('), mais il n'a pas eu entre les mains VÂchorion gallinœ avec lequel ces études seraient sans doute plus fructueuses et plus faciles. Ses résultats sont provisoires et cettelétude devrait aussi être reprise. Elles sont poursuivies en ce moment par le D1 Bisserié.

Ces pigments différant les uns des autres paraissent analogues. Ils sont acides, ce que prouve l'acidité de leurs solutions amyliques et les précipités alcalins qu'on en obtient. Peut-être existent-ils sous forme de sels alcalins de ces acides. Cette matière semble différer des matières colorantes des bactéries qui semblent des lipochromes, mais sa vraie nature n'est pas définie.

Les ferments protéolytiques des Dermatophytes ont fait l'objet de travaux nombreux dont on ne peut pas dire qu'ils aient élucidé la question. Le favus banal liquéfie la gélatine plus et mieux que les Trichophytons et Microsporons; ceux-ci présentent même un pouvoir de liquéfaction qui varie avec la rapidité et l'intensité de développement |de leur culture. D'une façon générale les Microsporums montrent tardivement leur pouvoir de liquéfaction (seulement vers le 18 ou 20e jour), tandis qu'à cette date elle est déjà très avancée avec les Trie/tophytons et surtout avec les Achorions.

Dès 1889, Roberts avait voulu classifier les Dermatophytes par leur pouvoir protéolytique. Il ne semble pas que les résultats de ces premiers essais aient été valables (2). Ceux qui les ont suivis ont été un peu plus précis (3). Voici à ce sujet les conclusions de Truffi. Ce ne sont encore que des conclusions d'attente (*).

1" Le pouvoir protéolitique peut varier de l'un à l'autre Hyphomycète, et, pour le même Champignon, selon les conditions extrinsèques de sa culture ;

2° La gélatine fluidifiée au contact d'une colonie d'Hyphomycètes peut garder et transmettre le pouvoir protéolytique ;

ôu La culture d'un Champignon conserve son pouvoir digestif même morte ;

•4° La substance protéolitique se forme plus abondante quand la culture a été très aérée ;

5° L'enzyme produit par une culture en milieu solide persiste dans ce milieu solide ;

(') Truffi. Sulla materia colorante di alcuni tricoflti (Bol. chimico farmaceutico, septembre 1901). Cf. également : Sulla présenta di pigmento in alcuni trichophyton nella vita parasitaria. >>oc. med. chirg. di Pavia, 51 mars 1905

(2) Roberts. Brit. med. journ., 1889. 7 janvier.

(b) Mac Fadyen. Journ. of palh. and Bacl.. vol. III, p. 176, 1895.

Leslie Roberts. Expérimental note on the ferments of the Ringworm fungi (British médical journal, 7 janvier 1899, p. 13).

(4) M. Truffi. Loc. cit., p. 131.

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6° L'eau ajoutée à une culture, même en notable quantité, n'arrive pas à dissoudre complètement le ferment formé ;

7° L'action du ferment est augmentée à une température un peu élevée. Elle s'arrête aux environs de 85° C.

Pour Roberts cette substance soluble dans l'eau, insoluble dans l'alcool, serait détruite à 55°, ce qui paraît extraordinaire. Je n'insiste pas sur ces résultats. Et je citerai ceux qu'ont obtenus Bodin et Gauthier sur les sécrétions diastasiques d'un Dermatophyte bien défini (Achorion gypseum) (').

Ces auteurs ont isolé de ses cultures quatre diastases. La première, une trypsirie, se montre bien pi us abondante dans les cultures de la forme secondaire duveteuse, que dans la culture primaire, plâtreuse, brune.

Dans un bouillon peptonisé, on introduit des tubes de Mette de 3 centimètres de longueur remplis d'albumine coagulée. A '25° en L2o-o() jours la forme primaire n'en a dissous que 3 millimètres, la forme secondaire a tout dissous dans le même temps. La seconde, gélatinase, qui se confond peut-être avec la première, fut démontrée par la culture sur des disques de gélatine de 3 centimètres de diamètre et d'un centimètre de profondeur. En 15 jours la forme primaire donne un disque de liquéfaction d'un centimètre de diamètre et la forme pléomorphique un disque de 5 centimètres.

En ce qui concerne la présence de la présure et de la caséase, Bodin écrit : « La mensuration du pouvoir présurant est fort difficile, car ce pouvoir se traduit parla formation d'un coagulum au début de l'expérience, et cette coagulation est vite contre-balancée par l'action de la caséase dont les effets prédominent rapidement : mais pour cette dernière, il est aisé de voir que les deux formes (primaire et pléomorphique) de l'Achorion gypseum possèdent des pouvoirs caséinolytiques voisins, quoique celui de la forme duveteuse soit moins élevé et surtout moins rapide. J'en donnerai pour preuve les chiffres suivants, obtenus avec un mélangede 95 centimètres cubes de lait et de 10 centimètres cubes de liquide de culture sur bouillon peptonisé à 1 pour 100 et glucose à 3 pour 100, filtré à la bougie Berkefeld après complet développement du Champignon à l'étuve à 25°. »

« Liquide de culture de la forme (primaire) plâtreuse, caséine initiale, 3^r,952 pour 100. »

Temps.

Ca:

seine restant.

Casé

ine disparue

16 heures.

Br,932

(') Bodin. Sur un nouveau Champignon du Favus (Achorion gypseum). Annales de Dermatol., 1907, p. 59b.

« Liquide de culture de la forme (pléomorphique) duveteuse, caséine, initiale, os',860 pour 100. »

Temps.

Caséine resl

ant.

aséine disj

16 heures.

2sr,468

l<rr,392

ls',948

ls',912

2«\07tJ

lE',504

2er,056

« Si l'on passe aux diastases susceptibles d'agir sur les hydrates de carbone, on voit qu'elles ne paraissent pas avoir chez l'Achorion gypseum l'importance de celles qui interviennent dans l'utilisation des matières azotées. »

Les recherches de Bodin ont porté seulement sur Yamylase et la sucrase, la première semble bien faire défaut chez le Champignon, du moins dans les conditions ordinaires des cultures, car en divers essais avec les deux formes de ce Parasite, il n'a pas obtenu trace de saccharification de l'amidon. Quant à la sucrase, si la plante en sécrète, c'est en quantité tout à fait minime; dans les milieux contenant du saccharose pur, en effet, cette substance n'est utilisée qu'en proportions très faibles par l'une comme par l'autre des deux formes du champignon, ce qui ressort du tableau que voici :

Cultures à H- 25° de l'Achorion gypseum sur liquide peptonisé à 1 pour 100 et sucré à 2,15 pour 100.

SACCHAROSE CONSOMMÉ.

Forme primaire Forme pléomorphique

Temps. duveteuse. duveteuse.

16 jours. 0,23 0,00

« Je n'ai pas jusqu'ici poussé ces recherches plus loin avec l'Achorion gypseum, continue Bodin, il reste donc à cet égard d'importantes lacunes à combler, puisque, indépendamment des autres ferments solubles des hydrates de carbone que je n'ai pas envisagés, il faudrait examiner encore, pour compléter cette étude biologique, la production des enzymes agissant sur les glucosides, sur les matières grasses et sur l'urée, et la sécrétion des ferments oxydants capables d'opérer des dédoublements moléculaires comme la zymase ('). »

Telles sont les seules recherches, que je sache, faites sur ces diastases des Dermatophytes, et elles ne concernent qu'un seul Parasite,

(') E. Bodin. Sur un nouveau Champignon du Favus (Annales de Derniat. et de Syph., 1907, p. 597, 599).

73i BIOLOGIE DES DERMATOPHYTES.

un Achorion animal, sauf celles qui ont trait à l'assimilation des sucres et celles-ci n'ont point été reprises pour l'Achorion depuis Verùjsky. On voit à quel point nos connaissances sur ces chapitres sont encore sommaires et combien elles mériteraient d'être reprises.

Y — SECRETIONS TOXIQUES DES DERMATOPHYTES :

IMMUNISATION. ANAPHYLAXIE

J'aborde enfin la question des sécrétions toxiques des Champignons. C'est une question des plus importantes, mais qui n'est entrée que tout récemment dans une voie féconde. Depuis longtemps, beaucoup d'auteurs, Calderone ('), Stampato de Messine, Truffi (2), avaient essayé l'inoculation des produits solubles des cultures. Mais je dois faire remarquer que leurs résultats sont entachés de graves causes d'erreur : à une faible dose ces produits injectés dans l'organisme ne déterminent pas d'accidents; à de fortes doses (12-15 c. c.) ils produisent la mort en 5, 10, 15 jours, mais l'injection de bouillons de culture neufs, à même dose, produit les mêmes résultats qui sont dus sans cloute en grande partie à l'action toxique des peptones.

Les mêmes recherches avaient été suivies des mêmes résultats entre les mains de Cedercreutz, maniant le Coccus polymorphe de la peau, mais l'expérience sur des Animaux témoins l'avait préservé de cette erreur d'interprétation (r>).

Les mêmes expériences reprises par Bodin et L. Gauthier (*)-, avec l'Achorion gypseum, ne donnèrent aucun résultat. Toutes leurs tentatives pour déceler un poison actif sur le Cobaye ou le Lapin dans les liquides de culture, aussi bien que dans le Champignon lui-même, furent infructueuses, quelle que fût la méthode employée : macérations de cultures, après broyage, extraction par l'alcool ou l'éther portant silices liquides ou sur les deux formes de la plante, distillation des liquides de culture. Ce fait, ajoutait Bodin, est confirmé par l'innocuité de l'inoculation profonde d'une quantité considérable de culture jeune de l'Achorion gypseum sous la peau du Cobaye, inoculation qui n'est pas suivie delà moindre réaction inflammatoire.

« Il semble, disait ailleurs ce même auteur, que, dans la mycose, le

(*) Calderone. Contiïbutio sperimentale alla biologia del trich. tonsurans et dell achorion (Soc. ital. dérm., Rome, séance du 22 oct. 1899).

(2) M. Truffi. Suite tigne, 1902, p. 142.

(3) Cedercreutz. Recherches sur un coccus polymorphe, hùte habituel et parasite de la peau humaine. (Laboratoire de la Ville de Paris à l'hôpital Saint- Louis. Steinheil, éditeur, 1901.)

('■) E. Bodin. Sur un nouveau Champignon du Favus {Annules de Dermat. et de Syph., 1907, p. 599).

SECRETIONS TOXIQUES DES DERMATOPHYTES. 735

« Champignon agisse par lui-même surtout et par la présence de ses « éléments cellulaires plutôt que par les propriétés vitales de ces élé- « ments auxquelles se lie justement, chez les Bactéries, ce que l'on « désig-ne en bactériologie sous le nom de virulence ('). »

Et plus loin il ajoutait encore : Les mycoses « n'évoluent pas avec « cette allure d'une affection toxique qui est un des caractères de la « plupart des maladies bactériennes (2). »

Mais la question des toxines des Dermatophytes a changé complètement de face avec les travaux de l'École de Breslau et de Bâle.

La question fut ouverte à ce qu'il semble par un travail de Plato, élève de Neisser, mort prématurément depuis, et qui tenta d'extraire des cultures de Trichophyton une trichophytine (3).

Partant d'une trichophytie à dermite profonde et folliculitique, il ensemença, avec son Trichophyton, de larges matras d'Erlenmeyer contenant, sur un centimètre de hauteur environ, du bouillon de bœuf maltosé à 4 pour 100. Ces matras furent laissés 2-5 mois à la température du laboratoire et se couvrirent naturellement d'un épais gazon formé par la culture compacte du Parasite. Ce gazon, ayant été divisé et malaxé aseptiquement, fut filtré de même sur papier stérile. Et le filtrat stérile qu'on recueillit fut additionné de 0,25 pour 100 d'acide phénique. C'est ce filtrat qu'on appelle : Trichophytine.

Supposons maintenant un malade atteint de Trichophytie à dermite profonde, si on lui injecte, dans la peau, un demi à un centimètre cube de trichophytine, le malade présentera une réaction générale proportionnée à la dose qu'il aura reçue (élévation de température de un degré, sueurs, malaise), et il présentera, au point piqué, des phénomènes de cuti-réaction caractérisés par la production de quelques papules ou pustules. Or aucun de ces phénomènes locaux ou généraux ne se produira sur l'Homme non atteint d'une trichophytie à dermite profonde. En outre après chaque injection de trichophytine, les lésions actives s'affaissent, cessent de progresser et s'éteignent peu à peu.

Si les mêmes expériences d'inoculation d'une trichophytine provenant d'une trichophytie à dermite profonde sont tentées sur un malade atteint de trichophytie superficielle, sans dermite profonde, ou sur un enfant atteint de tondante banale, la cuti-réaction ne se produit pas, non plus que les symptômes généraux d'intoxication, ni les phénomènes réactionnels régressifs des lésions. Ainsi, le malade atteint de trichophytie superficielle se comporte comme l'Homme sain et ne

(') Bodin. Les champignons jjarasites de l'homme, p. 52. ("-) Loe. cit., p. 56.

(5) Neisser. Plato's Versuche ûber die Herstellung und Verwendung von « Trichophytin ». Archiv. f. Dermat. u. Syph., 1902, t. LX, fasc. 1. p. 63.

736 BIOLOGIE DES DERMATOPHYTES.

réagit pas. Enfin, l'injection de trichophytine à des malades atteints de maladie cutanée chronique telles qu'un lupus, ne donne non plus aucun résultat. Donc la trichophytine laite avec un Trichophyton qui cause une trichophytie à dermite profonde, ne donne lieu à une réaction que sur les malades atteints de trichophytie à dermite profonde.

Reprenant ces recherches deux ans plus tard, M. Truffi (') y ajouta quelques faits nouveaux et, tout en infirmant l'action curative de la trichophytine sur les lésions en activité, il confirma en grande partie les faits avancés par Plato.

Les choses en étaient là quand ces questions furent reprises par Bruno Bloch et R. Massini de Bâle(2).

Le point de départ de ces recherches fut le fait suivant observé par Iadahssohn : que les paysans, atteints une fois par une trichophytie bovine, semblaient n'en plus présenter jamais d'autre atteinte.

Bruno Bloch prit pour objet de ses expériences un Champignon qui! crut intermédiaire entre les Trichophytons et les Achorions ("'). Grâce à son obligeance j'en ai pu faire l'identification : C'était VAchoriùn Quinckeanum. Ainsi Bloch maniait un Champignon pathogène donnant lieu sur le Cobaye à des godets et à un placard d'infiltration cutanée. L'inoculation, facile à produire par friction rude, se manifeste positive vers le 6e jour et croît les jours suivants. Vers le 8e jour apparaissent de petits godets qui grandissent, se fusionnent et constituent une croùtelle mince, friable, d'un jaune sale. La maladie atteint son acmé au 12e jour. Quelques jours après, la guérison commence, la croûte tombe avec les poils, laissant une excoriation qui se recouvre de croûtes qui sèchent ensuite, soulevées par l'épidermisation sous-jacente, et la lésion est terminée.

Jusqu'ici rien de remarquable : ce qu'a obtenu Bloch, c'est ce qu'il est facile d'obtenir avec YAchoHôn gypseum de Bodin,par exemple, à cela près que les godets y sont inconstants, au moins à l'œil nu.

(') M. Truffi, Ricerche sulla tricofltina (Clinica medica italiana, 1904) a confirmé l'absence de réaction des sujets sains à la trichophytine, la réaction des sujets atteints de sycosis et de kérions, et la réaction assez inattendue des sujets atteints de tondante banale, quand on a déterminé une réaction profonde des plaques par l'application d'huile de croton. Dans tous ces cas, le malade réagit vivement, sa température monte à 40". Le plus souvent, mais non constamment, les parties malades réagissent localement. Toujours il se produit une réaction locale au point injecté : avec tous les Trichophytons fréquents en Italie, Truffi a obtenu une trichophytine. Les cultures de Microsporum fournissent un produit de moindre action. L'effet thérapeutique des trichophytines a semblé nul à M. Truffi, et leur seule utilisation pratique serait pour le moment d'aider au diagnostic dans un cas douteux.

(-) Bruno Bloch et R. Massini. Études sur l'immunité et l'hypersensibilité dans les maladies provoquées par les Hyphomvcétes (Zeitschrift fur Hygiène und Infeclionkrankheiten, 1909, PI. XIII, fasc. 1, P- 68-90).

(3) Bruno Bloch. Die Trichophytien (Medicinische Klinik., Berlin, 1908. n° 51).

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