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MODIFICATIONS SUBIES PAR NOTRE PREMIER OUTILLAGE

Si valable que fût notre premier outillage, on peut supposer que l'expérience journalière de cinq ans ne manqua pas de l'améliorer. Je vais envisager ce que furent ces améliorations et pourquoi elles furent faites.

Radiomètre X. — La première modification que les événements nous imposèrent eut pour cause la disparition des pastilles de Holzknecht. C'était le seul compteur valable, et l'interposition d'un milliampèremëtre sur le trajet du courant, si elle permet de contrôler les variations du courant qui passe dans l'ampoule, ne permet en aucune manière de mesurer les rayons X que l'ampoule émettra. Car supposez

(') Avec nos nouveaux appareils plus puissants, nous avons élevé cette distance à 20 centimètres, comme nous le verrons plus loin.

deux ampoules dont le verre est différemment épais (et il n'y en a pas deux semblables), elles recevront le même courant et fourniront un débit de rayons X différent.

Donc rien ne pouvait remplacer les pastilles de Holzknecht, sinon un autre instrument semblable à elles. Elles fournissaient une mesure qu'aucun autre moyen ne pouvait donner. Certes elles n'étaient pas sans défauts. Le premier était grave. Ces pastilles étaient une « spécialité » de composition secrète. Pour en obtenir on était tributaire d'un unique marchand. En outre, elles étaient vendues extrêmement cher, 2 fr. 50 pièce, ce qui grevait le procédé d'une lourde charge. Chaque pastille pouvait, il est vrai, resservir un certain nombre de fois, mais chaque fois le réactif perdait de sa valeur etde son exactitude (').

Mais subitement les pastilles de Holzknecht disparurent du commerce, et il fallut bien obvier à leur disparition. C'est alors que Noire et moi imaginâmes pour les remplacer le radiomètre X. Cet appareil emploie, comme réactif mesurant la somme de rayons X reçus par la peau en un temps donné, du papier enduit d'une émulsion de platinocyanure de baryum dans un collodion à l'acétate d'amyle. C'est le papier dont sont faits, pour la plupart, les écrans radioscopiques.

Ce papier vire sous l'action des rayons X ainsi que l'avait déjà remarqué Villars. Plus il en reçoit, plus il vire. La teinte qu'il prend peut être facilement comparée à une teinte fixe obtenue à l'aquarelle. Tel est le principe du radiomètre X de Sabouraud et Nôiré.

Sa teinte fixe est telle que, lorsque la pastille de papier au platinocyanure {placée à 7em 1/2) a pris sa couleur, la peau [placée à 15 centimètres) a reçu juste la quantité de rayons X nécessaire pour assurer la dépilation complète de la région, sans irritation, sans radiodermite, et sans que la repousse ultérieure des cheveux soit compromise.

Évidemment, il faut à l'opérateur une certaine éducation de l'œil pour affirmer, avec certitude, l'identité ou la non-identité des deux teintes. Mais l'expérience montre que cette éducation s'acquiert très vite et très aisément.

Depuis cette époque, c'est-à-dire depuis 1904, nos pastilles de platino-cyanure de baryum nous sont d'un usage constant. Jamais un malade ne passe à nos appareils sans que ceux-ci soient pourvus de leur pastille. Et c'est elle qui indiquera le temps de pose. Ce temps varie constamment d'un jour à l'autre, d'une heure à l'autre : le foyer pourrait varier d'un instant à l'autre sans qu'il put en résulter

(*) Un autre gros inconvénient peu connu des pastilles de Holzknecht est celui-ci : après les avoir exposées aux rayons X, lorsqu'on les soustrait à l'action de ces rayons, on peut voir que leur teinte continue de virer et de s'accentuer davantage. Ainsi leur couleur à la fin d'une opération est inexacte. Il faut, dans chaque opération, tenir compte, par à peu près, de ce virage après coup.

d'inconvénient. La même teinte de la pastille indiquera la môme somme de rayons X reçue, quel qu'ait été le temps de l'irradiation (').

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(M Sabotraud et Noire. Sur la radiothérapie des teignes (Annales de Dei-mat.. 7 juillet 1904, p. 577).

(-) En comparant la première et la dernière des Notes essentielles du Radiomètre X on peut voir que si la pastille doit être placée à 1/2 distance de l'antirathode et de la tête du patient, et si d'autre part, la tête est placée. à 15 centimètres de l'anticathode, il faut se servir de petites ampoules pour que leur verre soit au moins à deux centimètres de la pastille, c'est pourquoi les am-

Cet appareil si simple a été beaucoup critiqué, surtout par ceux qui ne savaient pas s'en servir. J'ai le plaisir de voir néanmoins que tous ceux qui pratiquent couramment aujourd'hui la dépilation radioélectrique en une seule séance s'en servent et se louent expressément de ses services. Il est entendu d'ailleurs que cet appareil, tout empirique, sera remplacé un jour par des appareils plus scientifiques.

Les ampoules avto-réglables. — La seconde modification que nous avons faite à notre outillage a porté sur les ampoules dont nous nous servions. L'ampoule de Ghabaud-Villars est parfaite et, pour certains usages, reste la meilleure qu'on possède, mais elle ne se règle pas toute seule, ce qui est un grave inconvénient. L'ampoule que nous avons fait construire à la maison Drisler, sur nos dessins, est. une ampoule auto-réglable, de verre mince à anticathode renforcée (').

Et voici comment son auto-régulation est obtenue : Quand l'ampoule devient dure, et que le courant éprouve trop de résistance pour y passer, il passe en dérivation par l'intermédiaire d'une tige mobile, dans un diverticule de l'ampoule dont l'électrode est faite de rondelles de mica serrées entre deux écrous. Lorsque le vide à l'hydrogène a été fait dans une telle ampoule, il est resté une mince couche d'hydrogène, adhérant à chaque lamelle de mica. Lentement, peu à peu, le courant, qui passe, chauffe, dilate et détache les petites bulles qui constituent cette atmosphère adhérente et restitue à l'ampoule la minime quantité d'hydrogène libre, nécessaire à son fonctionnement. Ainsi l'ampoule munie de cet appareil assure d'elle-même la continuité de sa marche régulière.

Suivant l'écartement de la branche mobile, on facilitera plus ou moins le passage du courant en dérivation et l'ampoule marchera dure ou molle à volonté, donnant à volonté les rayons pénétrants ou peu pénétrants. Les qualités de pénétration des rayons X nous semblaient naguère encore un facteur de grande importance. Il y a toute une série de rayons X, plus pénétrants, moins pénétrants. Les uns ont des qualités que les autres n'ont pas. Et c'est pour mesurer leur pouvoir de pénétration que Benoist avait inventé son radio-chromomètre. Mais nos premières conceptions sur ce point ont dû être modifiées en ce qui concerne les teignes et voici pourquoi : ce qu'il importe de constater, dans le traitement des teignes, c'esl la quantité des

poules de Drisler que nous avions fait construire n'avaient que neuf à dix centimètres de diamètre. Avec les ampoules à réfrigération (voy. p. 784) on peut placer la tête du malade à 20 centimètres et la pastille à 10 centimètres de l'anticathode,. ce qui permet de se servir d'ampoules de 15-16 centimètres de diamètre.

(') Le verre opposant un gros obstacle au passage des rayons X, sa minceur est indispensable au bon rendement de l'ampoule.

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rayons X émis par l'ampoule. Puisqu'on opère sur une région superficielle et assez mince (le cuir chevelu), il n'y aura pas à tenir compte de ce que tel rayon X portera plus ou moins loin, mais de la quantité de ceux qui traversent sa surface. Et la valeur de leur action thérapeutique est en raison directe de leur nombre (').

On peut en conclure (ce que l'expérience nous a démontré véritable) que le degré de pénétration des rayons X a très peu d'importance dans la radiothérapie des teignes, en ce qui concerne tout au moins leur action sur la peau, et leur pouvoir de clépilation. Tous sont dépilants, et ils le sont également, quand on en compare des quotités égales au radiomètre X. El il est à remarquer encore que ceci simplifie l'outillage, en rendant presque inutile le radio-chromomètre de Benoist.

Du remplacement de la machine statique par la bobine. — Au début de nos travaux, notre électricité de haute tension était produite par des machines statiques.

Avec les bobines et les interrupteurs rotatifs d'aujourd'hui, dont le fonctionnement est presque parfait, il faut nettement donner la préférence aux bobines, sur qui les variations atmosphériques sont sans influence. En tous les pays humides, la bobine sera d'un rendement beaucoup plus égal, plus stable, et son maniement moins dangereux, car le moindre changement dans l'état hygrométrique amène des différences dans le rendement des statiques, ce qui est pour l'opérateur une chance supplémentaire d'accident (-). Nous avons donc remplacé une de nos statiques par une bobine, et sans les difficultés budgétaires nous ne nous servirions plus que de bobines.

A peine est-il utile de rappeler aujourd'hui où tout le inonde connaît cette instrumentation, que les bobines produisant, parmi leurs courants directs, des courants de sens inverse, ce que les statiques ne produisent pas, il devient nécessaire, quand on se sert de la bobine, d'interposer dans le circuit une soupape qui neutralise les courants inverses en laissant passerles courants directs.

Ampoules à réfrigération. — Avec la sécurité que donne désormais une méthode aussi nettement réglée, l'opérateur sent de plus en plus la nécessité de faire vite pour faire bien, il en arrivera promptement à préférer les fortes ampoules à réfrigération du type de Muller, par exemple, qui peuvent fournir la teinte fixe du radiomètre

(') Voir cependant p. 795 les inconvénients qu'on a supposés aux rayons pénétrants.

(-) Il est à noter cependant que les déperditions au long des conducteurs, et les variations qui dépendent des ampoules elles-mêmes persistent malgré l'emploi delà bobine et que nul appareil actuel n'est de rendement fixe, ni régulier. Je note, en outre, que, si l'on se sert de la bobine, le spintermètre à boule doit être remplacé par un spintermètre à pointes effilées.

en 6 ou 7 minutes, plus précisément et régulièrement que toutes autres. Voici le dispositif de l'ampoule ainsi modifiée dont nous

Ampèremètre

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Rheostdt

ÔOUpdpedeVlLLARS

Cupule de cr/stdl protectr/ce porte pastille

Fig. 425. — Géomëtral de notre dispositif actuel d'application des rayons X au traitement

des teignes.

nous servons. Un réservoir d'eau communiquant avec l'extérieur refroidit l'anticathode en permanence, ce qui permet de lancer plus

de courant clans l'ampoule en évitant réchauffement des électrodes. Nul doute que ce dispositif ne soit adopté par tous dans l'avenir, la dimension de cette ampoule et sa forme imposent à sa chape imperméable des modifications correspondantes dont le dessin cicontre rend compte assez bien pour qu'il soit inutile de les décrire.

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