‹ Les teignesChapitre 22 sur 155 · I. La première est celle de Gruby. A lire son · texte numérisé non relu

I. La première est celle de Gruby. A lire son

texte, on conçoit exactement le Microsporum

comme un arbre formé de tiges, de branches et

de forme ondulée... suivent la direction

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Fig. 52. — Schéma exprimant la théorie morphologique du Microsporum d'après Gruby.

de graines

« Les tiges

des fibres du cheveu

MICR0SP0RIES.

D'après ce lexle, on les suppose donc verticalement ascendantes : « Elles se bifurquent quelquefois en formant des branches d'un angle de 50 à 50 degrés. Les branches de même diamètre que les tiges se terminent à la surface de la gaine en se couvrant de sporules. »

II. A cette opinion mes recherches apportèrent plusieurs modifications. Je précisai d'abord le mode de croissance du Microsporum et sa direction vers la profondeur : « La croissance du Microsporum Audouïni s'effectue de haut en bas, de la portion aérienne du cheveu vers sa partie radiculaîre, et la racine est la dernière partie intacte du cheveu » (').

Les rapports des éléments sporulaires de la gaine avec les mycéliums internes du cheveu sont encore aujourd'hui difficiles à préciser. On l'a vu. Mes idées sur ce sujet se modifièrent plusieurs fois. Je crus d'abord, ce qui est vrai, que les spores microsporiques naissaient bout à bout comme des cellules mycéliennes (2) (fig. 55). Plus tard, 1805-1896, j'étudiai mieux la disposition des mycéliums intra-pilaires (') et j'en fis à deux reprises une description -qui reste exacte encore aujourd'hui, comme on peut le voir en comparant les textes que je cite aux figures du présent chapitre (*).

Mes descriptions, toutefois, erraient en un point. J'avais cru voir les cellules sporulaires de l'écorce portées latéralement sur les rameaux mycéliens terminaux (s). Ceci était une erreur

Fi». 55. — Schéma exprimant ma première théorie morphologique du Microsporum et la deuxième de Bodin.

(*) Trichophyties humaines, 1894, p. 215. (2) Chacune des spores de la gaine, en raison de sa forme ronde ou ovale donne à toutes les spores qui l'entourent, un point de tangence presque égal. Il s'ensuit que, même en supposant que ces cellules naissent bout à bout — ce qui doit être — leur forme rend leur série linéaire indistincte. Sabouraud. Annales de VIntitut Pasteur, février 1894, p. 95.

(3) On voit qu'il existe autour du canal médullaire du cheveu quelques filaments mycéliens, quatre à dix environ, verticaux, à direction sinueuse, ou mieux brisée, irrégulière. Chaque coude de mycélium donne lieu à des bifurcations. Les tiges mycéliennes primaires ont trois micromillimètres de diamètre environ. Les tiges nées des bifurcations sont un peu plus minces; elles obliquent vers l'écorce du cheveu et se résolvent en rameaux de plus en plus fins, très irréguliers. Sabouraud. Third international Congress ofDermatology. Londres, 1896. Transactions, p. 509.

(4) Sabouraud. La pelade et les teignes de l'enfant, Paris, 1895, p. 164 (Note), et Third international Congress of Dermatology, cité plus haut.

(5) « Les derniers [rameaux mycéliens] perforent l'écorce cutieulaire du cheveu et vont supporter chacun une série de 7 ou 8 spores pédiculées sur un seul coté

théoriquement assez importante, car cette description tendait à faire croire que les Microsporums inversement aux Tri chophy tons, produisaient des spores externes, pédiculées, aussi bien pendant leur vie parasitaire que dans leurs cultures (fig. 54).

Cette erreur mise à part, ma conception de la morphologie du Microsporum dans sa vie parasitaire revenait à celle de Gruby sauf que l'arbre microsporique était renversé et placé comme il doit être compris, la tête en bas. Cette conception reste encore discutable, comme nous venons de le voir, non pas dans la formation première de la cuirasse sporulaire, qui se constitue certainement d'une autre façon, mais en ce qui fait la persistance de son développement et sa rénovation perpétuelle.

III. Bodin partagea tout d'abord mes propres erreurs, mais il les redressa peu après. Il crut d'abord aux spores externes du Microsporum AudouïniC) (1896).

Mais dès 1898 il inocule le Microsporum du Cheval au Cobaye et alors : <c au bout de deux ou trois jours, quand les ramifications [mycéliennes] ont envahi tout le tissu pilaire, et qu'elles commencent à ramper sur la cuticule du poil, les spores apparaissent à l'extrémité terminale de ces ramifications et elles s'y forment par le rapprochement des cloisons transversales du mycélium, qui, à ce niveau ne délimitent plus que de courts segments sporulaires, comme sur les filaments des Trichophytons (2) ».

Et alors voici comment Bodin conçoit la genèse de l'écorce sporulaire : « Comme les

filaments [du Microsporum] présentent de nombreuses ramifications latérales, contournées, et qui se sporulent à leurs extrémités terminales, les spores de toutes ces ramifications se juxtaposent en se

Fig. oi. — Schéma exprimant ma deuxième théorie morphologique du Microsporum et la première de Bodin.

du fin rameau terminal. Le cheveu contient donc comme un fagot de mycéliums fins, dont les dernières brindilles rampent à l'extérieur de la cuticule du cheveu pour porter les spores. » Ce fagot de brindilles était la frange d'Adamson. Third International Congress of Dermatology. Londres, 1896. Transactions, p. 509. Comparez à ce texte la figure 68 point D et la figure 45.

(J) « Le Microsporum Audouïni... est le seul Champignon qui puisse parcourir, sur l'homme, le cycle entier de sa vie de Mucédinéè. » E. Bodin. Les teignes tondantes du cheval et leurs inoculations humaines. Thèse de Paris, 1896, p. 32.

(2) E. Bodin. Le Microsporum du cheval. Archives de Parasitologic, 1898, p. 598.

MICROSPORIES.

serrant les unes contre les autres, de telle sorte qu'elles finissent par former une gaine de spores où il devient impossible de retrouver la trace d'un chapelet mycélien sporulaire » (1).

Bodin abandonne donc sa conception antérieure pour revenir à la première que j'avais émise, hypothétiquement d'ailleurs : « On peut donc dire, aujourd'hui, conclut-il, que le mode de sporulation des Microsporums dans leur vie parasitaire ne diffère pas essentiellement de celui des Irichophytons, et qu'il se réduit en somme à la division des mycéliums en courts segments sporulaires, par de petites cloisons transversales » (2). En résumé, pour Bodin, ce qui commence, c'est l'infiltration intérieure du cheveu par des filaments mycéliens intrapilaires, filaments dont l'émergence hors de la cuticule se produit plus bas, et qui se terminent à la surface du cheveu par des files d'articles sporulaires irrégulièrement enchaînés.... La théorie de la formation première de la gaine sporulaire par des mycéliums intrapilaires était une erreur que les auteurs anglais n'avaient pas faite.

IV. Depuis 1895, les travaux histologiques s'étaient multipliés sur ce sujet en Angleterre. Adamson, Colcott Fox et Blaxall avaient étudié avec le plus grand soin la morphologie des Microsporums dans le cheveu, en partant de sa phase d'envahissement, ce qui était le seul moyen d'éclairer le sujet. C'est ainsi qu'ils mirent hors de doute l'origine externe de la gaine sporulaire des Microsporums. Nous avons étudié plus haut ce processus et cité beaucoup de leurs textes. Ces auteurs étaruiaire du Microsporum. ])lirent ainsi crue la gaine de spores avait pour

(I après Adamson, Fox et • i i r>i i-

Bia.xaii. origine les grands filaments mycéliens cu-

tanés descendant à la surface du cheveu, filaments qui se résolvaient en groupes irréguliers d'éléments à facettes ; ces groupes très nombreux fusionnant par leurs bords formaient la cuirasse microsporique. Ce point est acquis désormais et ne saurait plus être mis en doute (fig. 55).

Avec moins de précision, les mêmes travaux montrèrent que les filaments mycéliens externes, après avoir pénétré au dedans du cheveu, y créent le mycélium sarmenteux intra-pilaire déjà décrit par Gruby et par moi. Enfin Adamson montra au niveau du collet du bulbe que

(') Loc. citai., p. 7)90.

(2) Loc. citât,, p. 591.

Fig. 55. — Schéma de la for mation de la gaine spo

ces filaments se terminent par une fine frange mycélienne qui prit son nom (fig. 56). Ces points sont également hors de doute, et le seul discutable est de savoir si oui ou non les rameaux excentriques du mycélium intra-pilaire qui vont ramper sous la gaine microsporique, ne contribuent pas à sa formation en se résolvant euxmêmes en groupes sporulaires. C'est ce dont les derniers travaux de Suis et Suffran sur le poil microsporique du Chien semblent fournir la démonstration (fig. 57). Si l'on considère ce dernier point comme acquis, il faudrait allier ma première opinion, reprise par Bodin, à celle de Colcott Fox et Blaxall pour parfaire la théorie morphologique des Microsporums.

Résumons à grands traits ce qui précède et nous dirons :

1° 'Que les Microsporums, quelle que soit leur espèce ou variété, comprennent une partie extrapilaire formée de petits éléments polyédriques par

pression réciproque, disposés côte à côte comme les cailloux d'une mosaïque, autour du cheveu; et d'une partie intra-pilaire composée de filaments mycéliens inclus dans le cheveu et qui s'y multiplient de haut en bas par dichotomie. 2° L'écorce sporulaire est certainement produite, à l'origine, par la segmentation à courts intervalles de filaments mycéliens restés exté-

Fig. 56. — Schéma du mycélium microsporique intrapilaire et de la frange d'Adamson.

Fig. 57. — Schéma exprimant la part que semblent prendre les rameaux inliapilaires externes du Microsporum à la réfection de la gaine microsporique péripilaire.

rieurs au cheveu et descendus au long de lui.

5° Le mycélium intra-pilaire, né du précédent,

s'infiltre dans le cheveu, à la façon d'une racine

qui se développerait dans un tube de verre. Et

souvent il s'y multiplie jusqu'à le remplir, à

son extrémité radiculaire, d'un fagot de fines radicelles sinueuses.

4° De ces radicelles, les unes sont de direction verticale et s'arrêtent

en bas, au niveau du collet du bulbe en formant la frange d'Adamson.

5° Les autres, très sinueuses, rampent immédiatement sous la gaine

sporulaire en faisant « la couche interne de cette gaine », comme Gruby

20Ï MICROSPORIES.

l'avait indiqué, comme Adamson et moi l'avons observé de nouveau, et comme l'attestent plusieurs de nos figures.

6° Le rôle de ces rameaux semble être de créer à leur terminaison, à la surface du cheveu, de nouveaux îlots sporulaires assurant la perpétuité de la gaine microsporique à mesure que le cheveu pousse.

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