CHAPITRE II Le trichophyton pyogène, à cultures blanches, du cheval
19 LA MALADIE CHEZ LE CHEVAL. — Le trichophyton pyogène, à cultures blanches,
cause chez le cheval une folliculite suppurée, expulsive. — Analogie de la lésion chez l'animal avec la lésion humaine. — Évolution rapide de la maladie. — Elle est peu contagieuse de cheval à cheval. — Etiologie, — Traitement.
2° LA MALADIE CHEZ L'HOMME. — Le trichophyton pyogène, à cultures blanches, détermine chez l’homme, comme chez l'animal, une folliculite suppurée, expul-
sive. — Aspect de la lésion dans les régions pilaires et non pilaires : Kerion Celsi, sycosis, folliculite agminée. — Évolution de la maladie. — Sa terminaison par cicatrice. — Diagnostic. — Étiologie ; fréquence, — Traitement, — Observations.
3° EXAMEN MICROSCOPIQUE. — La recherche du trichophyton à cultures blanches doit être faite sur les poils follets ou dans le pus des vésico-pustules. — Le trichophyton à cultures blanches au niveau du poil est endo-ectothrix ; il a des spores irrégulières, — Impossibilité de distinguer au microscope cette espèce trichophytique des autres espèces d’origine animale. — Absence des bactéries dans le pus des vésico-pustules jeunes.
4° CULTURES. — Le moût de bière est le milieu nutritif le plus favorable au développement du trichophyton à cultures blanches. — Aspect des cultures sur moût de bière gélosé, sur milieu d’épreuve, sur pomme de terre. — Variétés de cette espèce trichophytique.
5° INOCULATIONS EXPÉRIMENTALES. — Inoculations au cobaye. — Suppuration au point inoculé. — Développement ultérieur, sur le cobaye, d’une trichophytie serpigineuse, rebelle, sans folliculite suppurée. — Le trichophyton à cul-
tures blanches conserve sa virulence même après une longue série de passages successifs sur milieux artificiels.
60 MycoLoGie. — Le trichophyton à cultures blanches est, au point de vue botanique, le type des trichophytons ordinaires. — Fructification conidienne en grappes.— Rapprochement avecles Bothrytis ou les Sporotrichums. — Les trichophytons sont peut-être des formes conidiennes de périsporiacées, — Chlamydospores. — Fuseaux. — Vrilles. — Vieilles cultures.
1° La maladie chez le cheval.
Nous allons étudier maintenant le trichophyton pyogène, à cultures blanches, et ses inoculations équines et humaines. Nous verrons que
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la virulence de cçe trichophyton, son rôle pyogène, l'intensité des lésions qu'il détermine, en font l’une des espèces trichophytiques les plus importantes.
Chez le cheval le trichophyton à cultures Hänches n'est pas très fréquent relativement aux autres trichophytons : il cause chez cet animal une teigne d’ oi rapide et dont les caractères sont nettement tranchés.
Siégeant le plus souvent sur les naseaux ou sur la tête du cheval, les lésions apparaissent sous la forme de placards pouvant atteindre 5 à 6 centim. de diamètre et dont l’aspect rappelle celui d’un bouton de vaccine en voie de régression ; aussi-est-ce là une erreur fréquemment commise, même par les vétérinaires.
Sur toute l’étendue de ces placards les poils sont agglutinés à leur base par une croûte brunâtre, molle et épaissie par places. Si l’on opère une traction, même légère, sur ces poils, la croûte qui les
agglomère à leur base tombe en laissant à nu une surface saillante, rouge et d'aspect fongueux. On y voit de petites dépressions, à fond grisâtre, provenant de l'ouverture de pustules acuminées dont il est possible de retrouver un certain nombre à la périphérie de la plaque malade. En aucun point on ne peut enfin trouver de poils cassés, ainsi que cela s’observe pour d’autres trichophyties du cheval.
Les caractères de cette lésion sont donc ceux de la suppuration folliculaire expulsant le poil en entier ; je ne crains pas d'y insister car ils permettent d'établir un rapprochement bien naturel entre cette lésion du cheval et la lésion humaine de même origine.
L'aspect que je viens d'indiquer est trop DES pour n'avoir pas été remarqué depuis longtemps.
Dès 1878, Mégnin (1) a parlé de cette forme detrichophytie équine et l'attribuait à un parasite spécial, le trichophyton épilans, ainsi appelé du fait de la chute des poils soulevés et expulsés par l’irritation folliculaire.
Il y rattachait une dermatose contagieuse, Are par W es sur la nature de laquelle la description de cet auteur ne laisse pas de doute et caractérisée par de petites papules, surmontées d’une croûte recouvrant une surface grisâtre, Ho simulant un bouton
(1) MÉGNIX. Les rt pr animaux. Bulletin de % Société rs de méd, vétérin., 1878, p. 205,