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6° Mycologie.
Le trichophyton à cultures blanches peut être, au point de vue botanique, pris comme le type des trichophytons ordinaires. La description que j'en donnerai est donc celle des trichophytons ordinaires en général ; je l’'abrégerai autant que possible, car les résultats de mes recherches à ce sujet se confondent absolument avec ceux que Sabouraud a exposés dans son étude des trichophyties humaines.
Si l'on examine, dans une culture en goutte suspendue, une spore de trichophyton extraite d'une lésion humaine ou équine, on la voit rapidement émettre un tube mycélien latéral en même temps qu'elle perd son double contour.
Ce tube mycélien se divise en articles assez gros (8 #), courts et de forme souvent arrondie. Puis vers le troisième ou le quatrième jour, naît un nouveau mycélium, beaucoup plus fin (2 #,5-3 4) et qui, partant des articles précédents, rayonne en se ramifiant vers la périphérie.
C'est sur ce mycélium, divisé par de petites cloisons transversales éloignées les unes des autres, que prendront naissance les conidies vers le sixième jour ou même quelquefois plus vite. Celles-ci sont arrondies ou ovalaires, mesurant environ 3 4 de diamètre, elles naissent à l'extrémité des rameaux fertiles ou dans le voisinage de cette extrémité d'un côté et de l’autre du rameau, elles sont supportées par un court et fin stérigmate souvent renflé à sa partie médiane.
Les rameaux, émis par l'hyphe fertile, se couvrent également de conidies et donnent parfois naissance à d’autres ramifications secondaires qui se comportent de même, de telle sorte que le développement de ces conidies aboutit à la formation d'une véritable grappe en amas impénétrable. C'est seulement au début et avant que toutes les conidies se soit développées sur tous les rameaux fertiles, que l’on peut juger de la disposition en grappe (fig. 12). L'aspect général des grappes diffère d’ailleurs d’une espèce trichophytique à l’autre.
Ainsi pour l'espèce équine à culture blanche, la grappe est droite (fig.12,a, b, c)tandis qu'elle est remarquablement flexueuse et ondulée pour l'espèce à cultures blanches du chat (fig. 12, d).
Les grappes de conidies autorisent à rapprocher les trichophytons
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à cultures blanches, comme tous les autres trichophytons vulgaires, du groupe de mucédinées désigné par certains auteurs sous le nom de Bothrytis et par d’autres sous le nom de Sporotrichum.
M. Duclaux (1) a enfin observé, dans les cultures des trichophy= tons, la réunion de plusieurs filaments enroulés en spirale et la for-
F1G. 12. — Grappes jeunes de conidies des trichophytons (grossist 570 diam. Ch. Cl.
Nachet).
a, b, c. Trichophytons à cultures blanches, du cheval, culture en cellule sur bouillon mannité au 4 jour. — 4. Trichophyton à cultures blanches, du chat, culture en
cellule sur bouillon au 7° jour.
mation d’un véritable périthèce de sorte que les trichophytons appartiendraient aux périsporiacées parmi les ascomycètes. Je dois dire icique je n'ai jamais vu dans mes cultures la formation des périthèces, peut-être ne les ai-je pas suivies pendant un temps suffisamment long pour assister à cette production.
(1) DuczAux. Société de biologie, 1886.
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Le trichophyton à cultures blanches, outre la fructification conidienne en grappe dont je viens de parler, donne aussi naissance dans ses cultures, comme la plupart des mucédinées, à des chlamydospores. Elles sont arrondies et apparaissent sur le trajet d’un filament mycélien ou à l'extrémité d’un rameau terminal dont elles sont séparées par une cloison (fig. 13, e et f).
En suivant le développement ultérieur de ces chlamydospores on
F1G. 18. — à, b. Filaments en spirales. Trichophyton du cheval à cultures blanches, cultures sur moût de bière au 15° jour (grossist 480 diam. Ch. CI. Nachet). — c,d. Fuseaux dans la même culture (grossist 480 diam. Ch. CI. Nachet). —e,f. Chlamydospores. Trichophytons du cheval à cultures blanches. Culture en cellule sur bouillon, 10e jour (grossist 480 diam. Ch. CI. Nachet).
voit le protoplasmase condenser à leur intérieur, la membrane externe s'épaissir, tandis que le tube mycélien qui les supporte s’atrophie de plus en plus et finit par disparaître.
A ces formes doivent se rattacher les fuseaux décrits par MM. Duclaux (1), Furthmann et Neebe (2), et Sabouraud (3). Is se montrent surtout dans les cultures trichophytiques pauvres, sous l'aspect de renflements allongés de 10-15 & de largeur et de longueur très variable pouvant atteindre un dixième de millimètre. Ces fuseaux
1) DuCLAUX. Loe, cit.
al (2) FURTHMANN et NEEBE. Monats. für prakt. Dermat., Band XIII, 1891. (3) SABOURAUD. Loc. cit,
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sont divisés par une ou plusieurs cloisons, le protoplasma y est condensé et granuleux et leur enveloppe présente un double contour (fig. 13, c, d).
Ils prennent naissance sur l’extrémité d’un rameau terminal ou latéral, quelquefois même au milieu d’une grappe de conidies. Sabouraud a pu suivre la germination de ces fuseaux qui reproduisent un mycélium comme la spore de la vie parasitaire.
Je rappellerai aussi que, dans les cultures de l’espèce trichophytique que j'étudie ici, on trouve en abondance des filaments enroulés en spirale, comme dans presque toutes les autres espèces de trichophytons du reste. Ces spirales (fig. 13, a et b), formées d’un mycélium grêle (2-3 4) et hyalin, sont simples et peuvent acquérir des dimensions considérables, quelques-unes ne comprennent pas moins de 10 à 12 tours de spire.
Quand enfin on examine une vieille culture (1 mois) de ce trichophyton on ne retrouve plus que des vésicules arrondies, d'apparence oïdienne et disposées très irrégulièrement (fig. 14, a). Outre ces oïdies on voit aussi des mycéliums courts, à double contour, divisés par
FIG. 14. — Trichophyton du cheval, à cultures blanches. — Culture sur milieu d’épreuve de 1 mois (grossist 480 diam. Ch. CI. Nachet).
a. Formes oïdiennes. — à, €, d. Filaments mycéliens cloisonnés.
des cloisons transversales en petits segments très analogues à ceux que l’on observe sur le parasite dans le poil (fig. 14, b, c, d).