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Mais bientot 1'attrait qu'exerga sur Henri 1'antiquite classique, 1'empecha de trop s'adonner au culte des sen-
DU DIIJETTANTISME A I, ACTION CATHOUQUE 97
satiofts auditives et des emotions qu'dles soulevent, d'etre envahi completement par la volupte moderne, de jouer a vivre au lieu de vivre, de representer 1'action au lieu d'agir. Pendant une annee de Rhetorique superieure, a Henri IV, puis pendant deux annees dans une Sorbonne oti professaient encore de veritables humanistes, il cultiva les lettres grecques et latines, les premieres surtout, par un gout frangais de la purete grecque 1 . II se familiarisa avec Homere et Sophocle, Thucydide et Xenophon ; dans la latinite, il aima Virgile. II y gagna quelques notions fermes et claires : celle de cite, celle de famille, celle de destinee, celle de force, celle de tradition, celle de devoir. II apprit a distinguer une antiquite vraiment classique, grave et tendue, d'une antiquite alexandrine, decadente, esthete, bavarde, optimiste. Son caractere se precisa, ses idees s'ordonnerent, son activite s'orienta. I/'esprit et les disciplines classiques 1'eloignerent d'une philosophie qui offrait certains des inconvenients de la musicalite : cette philosophie lui avait ete enseignee a Henri IV par un maitre eminent. I/a connaissance conceptuelle y etait sacrifice a une faculte qui, sous le nom d'intuition, ressemblait beaucoup a 1'instinct. Henri demeura fidele au concept, il ne s'assimila de la nouvelle philosophie que la critique du tout fait ; en d'autres termes, il apprit d'elle a reconnaitre, pour s'en liberer, les habitudes qui engourdissent, les routines paresseuses, les encroutements bureaucratiques de la pensee et du coeur, les formes de langage qui dispensent d'observer et de reflechir, toutes les rouilles et tous les