‹ Les temples et églises circulaires d'AngleterreChapitre 10 sur 20 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

l'eglish du saint sépulcre dk Cambridge.

M. Kssex dit, au sujet de ce remarquable édifice, a qu'il Berail plus aisé de connaître la date de sa foudation que le nom de son fondateur » ' ; car, pour cette construction comme pour beaucoup d'autres d'une ancienneté reconnue, il faut rechercher cette date à l'aide de certains détails de Btyle, tout ce qui se rapporte à leur érection avant été laissé laus l'oubli par négligence ou détruit dans ces commotions qui ont si fréquemment désorganisé les institutions civiles de l'Angleterre. Manquant donc de ces documents décisifs, il faut chercher autre part et, au sujet de cesanciens monuments, on ne peut rien trouver de plus satisfaisant 411e létails de leur style et les différentes modifications subies par ce style d'architecture qui régna en Angleterre depuis le

)>irnt le '/ewplc du .Snyneur \ » et MaRTUTOI I fcjodte (Chroniques) :

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ordre dans Itporttquid* TtmpU, I — Ni GniTiFU. ///>(. Tcmphi

rtorw lit., \inst.-nlam, MDCCIH, p 75 et 76.

1 ii Prolog ta, roi, vi. p, !~

LES TEMPLES fcT ÉGLISES CIRCULAIRES D ANGLETERRE . 19

temps dos plus anciennes églises saxonnes jusqu'au règne d'Henri VIII. Adoptant ce critérium, M. Essex dit (pie l'église ronde dont il est question ici « fut bâtie sous le règne de Henri Ier, ou entre la première et la seconde croisade ', et qu'elle est la plus ancienne église de cette forme que Ton connaisse en Angleterre, « Le Baptistère de Pise ^Italie1, ajoute-t-il, qui peut être compté parmi les églises rondes, ne fut commencé que environ trente ans après l'église de Cambridge, vers la fin de l'année 1160, par Diotisalvi, un é.ninent architecte de cette époque*. »

i Henri 1er, dit Beauclair, régna depuis 1100 jusqu'à 1135, et la seconde croisade, prêchée par saint Bernard, eut lieu de 1147 à 1149. Au reste, l'ordre des Templiers, fondé en 1118 par le chevalier champenois Hugues des Payens, avait vite acquis des établissements hors de Palestine, après l'approbation de ses statuts par l'autorité pontificale, en 1128; et Gibbon nous apprend même que, dès 1118, «Hugues du Temple, venu de Jérusalem vers le roi (Henri 1er d'Anglererre) en Normandie, ce roi le reçut avec giand honneur et lui fît de grands présents en or et en argent; qu'après il l'envoya en Angleterre où il fut reçu avec un égal empressement et comblé des offrandes de tous ; qu'enfin, il en fut de même en Ecosse, et que, par son entremise même, on euvoya de grandes sommes d'or et d'argent à Jérusalem, u — N. Gurtlkk, Hist. Teinplaricrum, p. 73, déjà cité. — Le dixième grand maître des Templiers, qui exerça le commandement général de l'ordre, de 11-- à 1191, Gérard de Ridcrfort ou de Redefort était anglais, et on ne saurait douter des souvenirs vivaces de la grande puissance des Templieis qui ont survécu en Angleterre, en lisant Ivanhoe, le roman si historique et .-i palpitant d'intérêt qui passe pour le chef-d'œuvre de Waltcr Scott.

* J. Martin lus, Theatrmm basilicœ Pitanœ... — Note de M Eaux. — « Une inscription, placée près de Pentrée de ce monument, porte que église fut fondée en 11^5... On doit remarquer la forme et l'agencement de la voûte conique qui surmonte ce g mble. On en retrouve le prin-

cipe dans la disposition adoptée pour couvrir lu petite salle dei bai ni de Pompéi; et l'on sait que la coupole en boil de cèdre du Saint-S

• sur une forme analogue. Le caractère est un témoignage certain de l'influence orientale qui i tion de ce bapt;- 1. [sabkllb, PB ■ "■ c Italie^

ité.

20 LES TFMPLES IRCULA1RES D'ANGLETERRE.

Les trois planches un plan et îles in-

térieure) de l'ouvrage de Britton moi trent bien lu forim

particulier des arcs de la porte et des feu ainsi

que les colonnes, chapiteaux, contreforts, m >ului s, i ., de Wons v \ sistait en un mur circu-

laire non interrompu et percé, a l'origine, «le six feuêl demi-circulaires et d'une porte de même forme, niais richement om ist encore parfaite de conservation • le appartenir au style primitif de l'édifice ; mais le mura été altéré par des agrandissements et par d'autres causes nomb .V l'intérieur de ce mur subsiste une colonnade circulaire de huit colonnes, courtes et massif I as ■-, et avec un chapiteau d'une ornementation différente pour chaque colonne. Outre des nervures qui soutiennent la

e annulaire de la nef formée par cette colonnade i mur, huit arc- demi -circulaires partent des chapiteaux supportent la construction ceutrale supérieure. Quelques-uns de c sont décorés d'une ornementation primitive où

domine I ;r. Au-dessus de ces arcs est nue orcature

continue qui, air 3, éclairait une galerie annulaire, mais

dont maintenant les ouvertures Bout bouchées. Deux petites arcades plein-cintre sans archivolte reposaient immédiatement sur la moulure de couronnement de l'étage intérieur,

titre leurs arcs, supportant la retombée commune, une petite colonne trapue, d'un diamètre presque égal hauteur '. De chaque cote, une petite colonne, aux t quarts eugu it l'autre retombée. Ces petites colonnes

sont peut-être les Beuls exemples anciens reconnus i

re eu Angleterre, el y offrent probablement ainsi le premier exemple d'une colonne engagée. Les fenêtres extérieu-

l.i planche 11 rue intérieure ' ffrii cetb Lonrdejui ai

res lurent refaites avec deux meneaux et on exhaussa la tour d'un étage « [mur recevoir les cloches, sous le règne de Edouard II ', et toutes les fenêtres excepté une, située dans la partie orientale au-dessus de la jonction de la construction circulaire avec les autres parties de cet édifice) furent alors altérées pour donner plus de passage à la lumière ~. » On doit remarquer que le premier étage de la tour s'élevaut audessus de la partie circulaire de l'église, est octogonal, et que l'étage supérieur est divisé en seize côtés; mais les fenêtres et les contreforts étant dans les mêmes axe- aux deux étages, contreforts se trouvent, au dernier étage, au milieu des côtés, dont le nombre parait être de vingt-quatre

La partie orientale ou sanctuaire et l'aile septentrionale qui y est accolée, furent bâties en 1515 ainsi qu'il résulte d'un acte passé à cet elfrt, à Canlorbery, le dimanche après la fête de sainl Valentin martyr, a. d. mcccxiii.

Une grande partie de la conception originale et du style primitif de cet édifice a été endommagée par de récent* maladroites restaurations, et, comme eu beaucoup d'autres endroits, ù propos de travaux exécutés au dernier siècle sur des édifices d'époques antérieures, ce n'est qu'ironiquement (pie l'on peut traiter d'embellissements les œuvres de maçonnerie, de charpente et de peinture qui y ont été exécut

La maçonnerie de l'ancien mur circulaire, en revanche, montre, ainsi que celle des colonnes et des arcs, une grande

» De 1301 .1 1327.

! //rrheoloi/ia, vol VI, p, 177 — La Forme <t L'ornementation - sont correctement Mns l'ouvrage de Britton, et

étudier la porte d'entrée qni constitue un beau et remarquable morceau d'urchi lecture. Lee monli i motifs de sculpture en lont tailles ave.- une

grande finease et on peut même croire que, ■> l'origine, cette porte était tbri-

netj ni i l * qu i tï ii det trchivoltei moulurées, la décorent.

22 Lia nu ii - î.i i buses ciei i ; j&i - i ■ as.

habileté de main-d'œuvre el un soin tout mathématique, nécessités dans la taille et la pose par la place obligée de chaque morceau de pierre. En examinant cet édifice, on est Biir« tout frappé de boii apparence solide et dural.de, et la p se reporte à ces églises fortifiées, <•< instruites | our délier les lu temps el a nx dea honni i

l'églisf Dr saint sépULCRH ds northampton.

« On suppose que l'église du Saint-Sépulcre de Norlhampton a été construite par les Chevalier, du T mpl *1 / le modèle de Véglise du Saint-Sépulcre de Jérusalem 2. Telle e>t la version que M. Pennant édite d'après M. Bridges, l'historien de cette contrée ; irais il est très-regrettable que ni lui ni aucun antiquaire ou historien local, n'ait conservé quelques souvenirs authentiques relatifs à la construction primitive de cet édifice. On ne peut que se plaindre de cette habitude presque générale chez les anciens auteurs d'enfler leurs ouvrages avec de longues et inutiles listes de maires, de bénéficiaire b, i te. et, en même temps, de négliger presque entièrement ou de n'indiquer que vaguement des événements aujourd'hui éloignés, mais qui, s'ils avaient reçu de convenables développements, illumineraient deleurclarté le monde de l'histoire du

• Non- foyoni dans Y Essai sur la domination françaii s M. E.

a. Ki v, que certaine! construction! dos TempUere, en PaleeUne, étaient ■

comme la Tour du < Blanc, clujit>u<' , t donjon <lr la fort

on liège de la commanderie. « On reconnaît bien, dit-il, dani Vi I

tnonnraenta, le génie agtempi la

terreur dea Muaalmaue,l'admiratl m et la gloire de 1 I nnetetqni,

jatqoe dam im tuaii e, <'in su aj

défenac qu'a m 1 itii inggérer l'art de l'ingénienr militaire, d<> telle aorte que iii-.it- ...t tranaporti le l'autel, dane le temple même de

ce Dien povf la gloire duquel liai combattaient, »

passé, et nous initieraient plus distinctement aux arts, aux mœurs et aux coutumes particulières à nos ancêtres.

Puisque la partie circulaire de L'église de Northumpton fût bâtie par les Templiers, on peut supposer qu'elle fut érigée à la fin du XII1-' siècle ou tout au moins au commencement du XIIIe siècle ', quand l'arc oyiual 2 commença à remporter sur l'arc plein-cintre .On peut remarquer, dans cette construction, que tous les arcs de la colonnade circulaire sont de cette forme (celle dite ogivale), quoiqu'il semble évident, tant d'après la proportion et le caractère des colonnes que par la nudité des archivoltes de ces arcs, que l'on n'y rechercha nullement le moindre motif de décoration :. Au reste, un examen même sommaire des trois églises de Cambridge Northumpton et du Temple de Londres montre une diffén bien sensible dans leur conception architecturale et aussi dans l'exécution môme de leur construction. L'église de Northumpton, quoique un peu supérieure par l'éléganci proportions à celle de Cambridge, est de beaucoup i:; à l'église du Temple de Londres sous ce rapp ut ; mairevanche, elle le cède de beaucoup à ces deux dernières pour l'exécution de lu construction, différence qu'il faut aujourd'hui se borner à constater sans pouvoir, faute de documents authentiques, en trouver des causes indiscutables et qu'on puisse avancer, sans être suspecté de donner trop libi ù son sentiment personnel.

' Voir troisième partir, §1, p. 19, n. 1, le premiei voyage du premiei gi maître des Templiers en Grande-Bretagne, voyage qui eut lieu dans U

mières années du XI' siècle et l'ut Ul source de richeaaei | ou: héroïque milice, alors naissante.

2 Voir plus haut, deuxième partie, £ II, p. 13, note 1.

3 Le caractère militaire que revêtirent toi. non-seulement eo Terre-Sainte, mail mi Leun uombi

i d'Europe, a dû avoir sur leur architecture religieuse ui qui s'est fait remarquer dan- u Saint-Sépulcre ■'

celle de Noi thampt n

21 LLS TtfULBfl El EGLISES CIRCtJLAtlES D'.ANt.LLTERnE.

Il faut cependant remarquer que, dan.- l'église N

thampton, le mur de la construction circulaire est plus épais que dans l'église de Cambridge; que les colonnes sont plus minces et plus hautes à la I is; que, de plus, de ces mêi colonnes, au nombre de huit, quatre ont des 1 cha-

piteaux avec socle ou tailloir carié, taud s que les qu antres offrent ces même.- parties circulaires; que la bai

annulaire n'est pas voûtée, mais qu1 ment

couverte en charpente; et qu'enfin, immédiatement ausus des colonnes, prennent naissance les arêtes de huit i du mur formant une partie octogonale au-dessus de la partie circulaire. Telles sont, dans les dispositions génél église, les motifs d'architecture qui en font un exemple unique à étudier dans l'art ancien de la Grande-Bretagne.

Les trois planches (plan général et vins intérieure i I rieure) jointes nu texte de Britton et débarrassées de tout détail parasite de mobilier moderne, offrent, en outre, sujet à quelques remarques archéologiques : ainsi, saut la partie circulaire, toutes les autres travées de l'église Bout des adjonctions plus ou moins récentes, et les anciennes fenêtres, aujourd'hui bouchées, de la partie circulaire, sont destyL xon loutà- fait primitif (style analogue au style roman i lingien français).

ni.

i/lGLISE DU TEMPLE A LONDR:

I t ancien édifice est des plu- curieux, parce qu'il i des Bpécimens intéressants et tout particul turc reli /. ire plein-cintre^ I i a

d'arcs en acis et l'arc outra! sont employés dans et Ton ne peut hésiter un seul instant a reconnaîtra

mélange de Styles divers remonte a U! 6 BCllle et même

époque. Mais il faut ajouter que, ;i cette époqi

,inii ' était encore en enfance et ne l'emportait \\ u plus haut, deaiiéme ptrtie, # il, p; IS

LtS TEMPLLS liT ÉGLISES CIRCULAIRES D' ANGLETERRE. 25

pus complètement sur son rival favorisé par l'ancieuueté des traditions; aussi, pouvons-nous, dans l'église du Temple de Londres et dans quelques autres édifices delà même époque, remarquer le mélange des deux styles caractérisés par Turc plein-cintre et par l'arc ogival avec ce style mixte qu'indiquent les arcatuivs formées d'arcs plein -ci litre entrelacés; ce qui a fait dire à M. Cottingbam (pie, <c dans aucun édifice d'Angleterre, on ne peut mieux voir la transformation graduelle du style normand en style ogival. »

L'église primitive du Temple, avec ses constructions annexées, reçut le nom de Nouveau Temple, en 1 I8o, à l'époque où les Templiers quittèrent leur première résidence de lTIulburne, dans les faubourgs de Londres '. » Dans cette même année, leur église fut dédiée par Héraclius ou Héraclitus, patriarche de Jérusalem, qui était alors en Angleterre 2. Le jour et Tannée de cet événement, avec le nom et le titre du prélat qui officiait en cette cérémonie, sont mentionnés dans l'inscription suivante qui était gravée dans la pierre et incrustée dans le mur au-dessus de la porte de l'église, du côté du cloître :

fANNO. AB.1NCARNATIONE. DOMINI. MCLXXXV : DEDICATA — HEC . ECCLESIA . IN . HONORE . BEATE . MARIE . A . DNO .

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