‹ Les temps néroniens et le deuxième siècleChapitre 15 sur 133 · II. De Ross et I>uches:ïb, ouvr. cité, p. xxii · texte numérisé non relu

II. De Ross et I>uches:ïb, ouvr. cité, p. xxii

Préface xxvii

vant la même ordonnance que le martyrologe et comprenant le texte intégral des actes dont le martyrologe ne donnait qu'un abrégé. Cette conjecture s'appuie sur un feuillet détaché d'un manuscrit du XP siècle portant au recto lo calendrier d'une église et au verso la notice qui suit : « Que celui qui s'appliquera à lire les vies ou les passions des saints dont nous avons tracé les noms à la page précédente, sache que ce n'est pas sans raison qu'on les répète ici. Ici, en effet, ils occupent la place qui leur est due d'après leur rang dans le calendrier au jour de leur natale. Ailleurs, au contraire, ils sont le plus souvent entremêlés suivant qu'ils sont pris dans des exemplaires différents, rassemblés de tous côtés. )) Cette indication paraît avoir son commentaire naturel dans une formule, souvent répétée, du martyrologe hiéronymien ; par exemple : Fête de saint Plato, dont on conserve les actes ^ Cette dernière phrase paraît être un renvoi à une collection distincte, tout comme dans le « lectionnaire gallican » parmi les lectures du deuxième jour des Rogations, à none, on lit : Liber Judith — usque in Jînem — postea Euangelium, et le troisième jour, à none ; Liber Rester — usque in fînem — postea Evangelium ^, simples renvois à des livres transcrits séparément.

A partir du VI" siècle les recueils hagiographiques admettent le mélange des actes des martyrs et de la vie des saints, ils cessent donc de nous appartenir ; à plus forte rai-

I. Cod. Wissemb., aujourd'hui à Wolfenbûttel — XI kal. aug. Nat. sci. platonis. cuius gesta habentur. Je donne cette deuxième interprétation d'un même texte à quelques pages de distance parce qu'il se pourrait bien que toutes deux fassent vraies.

a. Mabillon, De liturgia gallicana libri très, ou bien cod. Paris., B. N. fol. 178, V et fol. i84 r*.

IX VI II Les Martyrs

son les collections de Pallade, de Timothée, d'Alexandre, de Théodore t, de Cyrille de Scythopolis et de Jean Moschus, qui écrivent en grec la vie des cénobites de la Thébaïde, de la Palestine, de la S^Tie, de TEgypte.

Les églises orientales soutiennent mieux la tradition des recueils composés exclusivement des actes des martyrs. Dans la Mésopotamie occidentale on trouve un écrit peu volumineux qui comprend des actes d'époques assez différentes ^ La rédaction des pièces ne paraît pas postérieure au Y^ siècle. Dès le IV^ siècle, un personnage considérable, Maruthas de Maikerpat, compose le Livre des martyrs syriaque, dans lequel il recueille les actes des martyrs de la Perse, sous Sapor 11 ^. Quant aux textes syriaques sur les martyrs en dehors de la Mésopotamie et de la Palestine, ils paraissent n'avoir jamais été réunis \ Il en est de même pour les actes éthiopiens et coptes.

Dans l'Église latine, les actes composèrent de bonne heure le passionnaire ou livre renfermant les gesta martyrum. {( On a la preuve de l'existence, au YI* siècle, d'un passionnaire romain, sans qu'on puisse exactement déterminer son contenu. L'Église d'Afrique devait posséder le sien, et saint Augustin nous parle d'une passion de martyr inscrite au li\Te canonique, hujus passio in canonico libro est. Pour l'Église des Gaules, celles d'Espagne etd'An-

I. CuRETO!», Anrient syriac documents, p. ki, et Bedjar, Acta martyrum et sanctorum (1890). Voy. Rubexs Duval, La littérature syriaque, p. 121 et suiv. (1899).

3. Publiés par Assemani, Acta sanctorum martyram Orientalium et Occidentalium, t. I, Rome (1768).

Page 1