Voy. RuBEss Dlvàl, ouvr. cité, p. 1^7 et suiv
4. Va!ï de:^ Ghey-'ï, s. J., ouvr. cité. Voyez D. Pitra, Études sur la collection des Actes des saints (i85o), p. 6a-68.
Préface xxix
gleterre*, les témoignages abondent. » En Gaule, saint Grégoire de Tours inaugure le genre dans l'hagiographie latine par son livre u De gloria martyrum ».
A l'époque suivante, depuis le IX^ siècle jusqu'au XVI«, on rencontre quelques compilations comme celle du Métaphraste et celle de Jacques de Voragine dans lesquelles la science et la vérité n'ont souvent rien à voir. Au XI V^ siècle, Bernard Gui consacra la troisième partie de son Sanctorale aux actes des martyrs ^ ; en Arménie, le patriarche Grégoire II, dit Veghajazer (f iio5), c'est-à-dire l'ami des martyrs, compila et traduisit dû grec et du syriaque un grand nombre d'actes.
La collection des Bollandistes donna le branle à divers travaux d'hagiographie concernant les martyrs ; le premier en date et le plus célèbre fut le recueil de Dom Ruinart, moine bénédictin : Acta primorum martyrum sincera et selecta (1689). Les progrès accomplis dans les sciences auxiliaires et quelques pièces récemment découvertes demanderaient quelques modifications à ce travail. Un demi-siècle plus tard S. E. Assemani publiait les biographies jadis recueillies par Maruthas, dans les Acta sanctorum martyrum, Orientalium et Occidentalium (1748). Les collections se succèdent assez nombreuses depuis cette
1. L. Delislb, dans Notices et extraits des manuscrits de la Bihl.Nat., t. XXVII (1879), p. 169-455. « Le Sanctoral est un grand recueil hagiographique divisé en quatre parties. La première est consacrée aux fêtes de Notre-Seigneur, aux fêtes de Notre-Dame, aux fêtes de lu Croix, aux fêtes des Anges, à la Toussaint, à la Commémoration des Morts et à la Dédicace des églises. La deuxième partie se rapporte à saint Jean-Baptiste, aux apôtres, aux évangélistes et à quelques-un» des soixante-douze disciples. La troisième contient les actes des martyrs. Dans la quatrième sont les vies des confesseurs et des vierges.
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époque, les plus notables sont celles de Luchini : Atti sinceri (1777); de Zingerlé : Echte Akien der hh. Màrtyrerdes Morgenlands ubersetzt (iSSb) ; Hoffmann : Auszûge aussyrischenAktenpersischer Martyrer(iS8o); Hyvernat : Les Actes des martyrs de l'Egypte (1886); Bedjan : Acta martyrum et sanctorum en syriaque (1891); Amelineau : Actes des martyrs de l'Église Copte (1890) ; F. C. Gonybeare, The Armenian Apology and Acts oj Apollonius and other Monuments of early Christianity (1896) ^
Je ne pense pas que l'on attende de ce livre une bibliographie des travaux provoqués par les Actes des martyrs. Je signalerai simplement la littérature romanesque qui s'en est inspirée. Corneille a mis sur la scène Polyeucte et l'épisode de Didyme et Théodore avec un art et un succès inégal, Saint-Genest a inspiré Rolrou, et Goethe a trouvé dans les Actes de C}'prien et Julitte le thème du docteur Faust. Alexandre Dumas, père, composa (1837) un drame intitulé Caligula, M. de Bornier n'a pu faire représenter V Apôtre sur aucune scène, enfin un religieux de la Compagnie de Jésus a écrit Les Flavius. La prose est moins bien partagée que la poésie. Entre les Martyrs de Chateaubriand et Que
I. D. GuÉRA>GER commença la publication du recueil intitulé : Les Attes des Martyrs depuis l'origine de l'Eglise chrétienne jusqu'à nos temps, traduits et publiés par les JRIi. PP. Bénédictins de la Congrégation de France, d vol. in 8° (i856-i863), a* édit. (1979). Cette compilation est restée inachevée. — A ces collections il faut ajouter celles que les ordres religieux ont données des personnages martyrisés qui ont appartenu respectivement auxdits ordres. Th. Bourchier, De niartyrihus fratrum ordinis minorum S. Francisci, Ingolstadt, iSSa. — Letdaiïus, Historia martyrum ordinis S. Francisci. Ingolstadt, i588. — Hatemsius, Belatio martyrum Carthusianorum. Ruremonde, i5o8. — Majgretius, Martyrog raphia Aagustiniana, Anvers, i6a5. — M. Mahcaso, Insigne martyrii relig. de la orden de S. Domingo, Madrid, 1639.
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Vadis de Henryk Sienkiewicz se place une littérature de rapsodies très inférieures à Fahlola de Wiseman et Callista de Newmann. Ce sont : Lydia, Epagathus, Cesonia, Marcia^.
Le reste ne vaut pas l'honneur d'être nommé.
La présente collection est exclusivement composée des Actes authentiques des martyrs. J'ai pensé qu'un ouvrage dont le dessein premier est d'aider à l'édification des fidèles, ne pouvait atteindre son but en faisant usage de moyens frauduleux, tel que celui qui consisterait à reproduire, une fois de plus, les légendes qui souillent en trop grand nombre les recueils hagiographiques. Car, quoi qu'on fasse, de telles compositions doivent appartenir nécessairement à l'une ou à l'autre des deux catégories d'arguments : ceux qui touchent des intelligences mutilées et superficielles, et ceux qui comptent pour les esprits impartiaux. Sans doute, un grand nombre d'esprits se tiennent pour satisfaits sur de pitoyables raisons : cela ne prouve pas qu'il faille leur en donner de telles, ni qu'ils soient incapables d'être touchés par des raisons solides, ni surtout que nous puissions donner à autrui des preuves qui ne nous satisfont pas nousmêmes. C'est là, pour ceux qui enseignent, leur devoir strict de raison et de loyauté. « Le devoir de la loyauté intellectuelle s'étend — non pas seulement à ne rien dire qu'on n'estime matériellement vrai, — non pas même à ne fonder ces vérités que sur des arguments dont nous approu-
- I . Une librairie belge a réuni ces productions dans une collection unique.
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vions la validité formelle pour nous, — mais encore à ne rien omettre pour que ces affirmations et ces preuves soient valables en soi^. »
Faudra-t-il donc renverser la fragile palissade légendaire qui semble à plusieurs une fortification historique inexpugnable? Oui sans doute ! C'est le premier collyre à appliquer à ces yeux malades que celui qui doit leur faire voir enfin que jamais une baudruche ne fut une cuirasse. Quant à dire comment l'on s'y prendra pour le leur faire voir et les en faire convenir, ceci n'est pas mon affaire. Quoi qu'il en soit, il faut donc résolument abandonner le système qui consiste à s'indigner plutôt qu'à réfuter, et à condamner plutôt qu'à convaincre. Seul, l'homme vulgaire ne doute de rien parce qu'il ne se doute de rien. L'histoire des lointains passés a toujours quelque teinte mythique, les noms des personnages, les aventures de leur xie et le mystère de leur fin forment une architecture dans laquelle tout n'est pas bien solide. En histoire, il y a deux sortes de vérités, toutes deux certaines; ce sont les vérités connues et les vérités conclues. Une collection de documents comme sont ceux qui composent le présent recueil fournit les vérités connues *, ce sont là ces « tout petits faits bien choisis, importants, significatifs, amplement circonstanciés et minutieusement notés », qui sont « aujourd'hui la matière de
I. Maurice Bloxdel, Lettres sur les exigences de la pensée contemporaine en matière d'apologétique et sur la métfwde de la philosophie dans l'étude du problème religieux; dans les Annales de philosophie chrétienne, janvier 1896, tirage à part, p. 5.
a. J'ai dit une fois pour toutes que la collection était « exclusivement composée des Actes authentiques ». Quant aux quelques pièces de moindre autorité que l'on a rejetées en appendice, elles ne laissent pas de contenir plusieurs détails dignes de foi.
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de toute science* ». Leur réunion, la détermination de leur valeur particulière, et leur classement représentent une période empirique dont nulle science ne peut se dispenser. Dans certaines sciences récemment créées, et même dans plusieurs autres très anciennes mais auxquelles ont été appliqués des procédés récents d'investigation, il faut se résoudre à ne pas voir se lever le jour de l'histoire conclue ou si l'on veut de la synthèse. Plusieurs esprits éminent surent s'y résigner, et d'autres, grâce à l'ampleur grandiose de leurs hypothèses, firent autant avancer la science par leur respectueuse probité que sur des sujets différents on la faisait reculer par les affirmations d'une crédule fatuité ^. Il faut être de son temps et non pas d'un temps qui n'est plus ; il ne sert de rien d'opposer en toute circonstance le passé au présent, et puisque, bon gré mal gré, on vit dans le présent par la pratique, mieux vaut encore essayer de l'améliorer que de le fuir. La religion, la philosophie et la