‹ Les temps néroniens et le deuxième siècleChapitre 17 sur 133 · TA.INE, De l'intelligence, préface, p · texte numérisé non relu

TA.INE, De l'intelligence, préface, p

2. Claude Bernard, Eloge de M. Magendie. «M. Magendie avait pour l'esprit de système une répulsion vraiment extraordinaire. Toutes les lois qu'on lui parlait de doctrine ou de théorie médicale, il en éprouvait instinctivement une espèce de sentiment d'horreur... M. Magendie a conservé toute sa vie cette antipathie pour le raisonnement en médecine et en physiologie... Il n'a jamais voulu entendre parler que du résultat expérimental brut et isolé, sans qu'aucune idée systématique intervînt ni comme point de départ, ni comme conséquence Chacun, me disait-il, se compare dans sa sphère à quelque chose de plus ou moins grandiose, à Archimède, à Michel- Ange, à Newton, à Galilée, à Descartes... Louis XIV se comparait au soleil. Quant à moi, je suis beaucoup plus humble, je me compare à un chiffonnier, avec mon crochet à la main et ma hotte sur le dos, je parcours le domaine cîe la science et je ramasse ce que j'y trouve. » Il faut ajouter le correctif qu'y ajoutait Claude Bernard : « Il faut bien se garder de proscrire l'usage des idées et des hypothèses. »

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science sont les œuvres capitales de l'humanité, l'étiagede sa moralité et presque la seule production de la conscience et de l'intelligence. C'est encore l'afïîrmation de la prise de possession complète par elle-même des conditions essentielles de son existence et de son progrès par le concept du droit et du devoir. Dès lors, dans tous les temps, et en tous lieux, ces trois facteurs composent un nombre qui est la société contemporaine. Chacun des facteurs : religion, philosophie, science, doit se lire — sous l'aspect de sa réalisation dans rindi>idu : conscience, intelligence, action. Qu'on le veuille ou non, la société à laquelle nous appartenons est celle sur laquelle nous agissons efficacement ; dans quelques cas il faut ajouter les sociétés qui viendront, jamais celles qui ont précédé. Les élégies sur le bon vieux temps ne servent de rien aux âmes disparues depuis dix siècles, et ce qui importe c'est de sauver les âmes. — Lesquelles ? — Toutes ! — Mais encore ? — Eh bien, « l'important est non de parler pour les âmes qui croient, mais de dire quelque chose qui compte pour les esprits qui ne croient pas * ». Et, pour se faire entendre, il faut parler la même langue, a C'est sortir de l'humanité que de sortir du milieu : la grandeur de l'âme humaine consiste à savoir s'y tenir ; et tant s'en faut que sa grandeur soit à en sortir, qu'elle est à n'en point sortir '. o

Quelques esprits me blâmeront, je le sais, mais je continuerai à penser que, « parce que l'Église se compose d'un élément divin et d'un élément humain, ce dernier doit être exposé avec une grande probité, comme

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