C. Paisio S. Perpetuœ, § i
Lvi Les Martyrs
Lyon, il est dit que a le Christ souffrit pour Sanctus', et la lettre de cette Église nous explique qu'une source d'eau vive s'échappait du flanc de Notre-Seigneur, apportant au martyr rafraîchissement et force. On faisait courir à ce sujet des récits merveilleux. Un martyr racontait qu'un adolescent l'assistait pendant la torture, essuyant d'une étoffe blanche la sueur de son corps sur lequel il répandait une eau fraîche et réparatrice. Cette onction lui procurait un tel bien-être qu'il ne se vit qu'à regret détacher du chevalet^. Ces enseignements, ces exemples avaient surtout une portée morale. L'Église n'avait pas négligé cette partie dans la préparation au martyre. Une sorte d'esprit de corps épuré, sanctifié, roidissait les âmes comme l'âme des stoïques. Les païens eux-mêmes admiraient cette vaillance. On croit en voir quelque chose dans une lettre de Sénèque à Lucilius, alors malade : a Qu'est-ce que cela, lui dit-il, auprès de la flamme, et du chevalet, et des lames ardentes, et des fers appliqués aux blessures à peine cicatrisées pour les renouveler et les creuser plus avant? Parmi ces douleurs, quelqu'un n'a pas gémi, c'est peu ; il n'a pas supplié, c'est peu; il n'a pas répondu, c'est peu; il a souri et souri de bon cœur^. )) Celse rendait hommage à ceux qui, pour leur foi, ont su mourir^, a Lorsque des mains cruelles torturaient les membres du saint, lorsque le bourreau lui déchirait les chairs, sans pouvoir abattre sa constance, j'ai en-