Senèqle, Epist
k. 0RIGÈ5E, Contr. Cels., I, p. 8.
Préface ltii
tendu, racontait un contemporain, parler les assistants. L'un disait : C'est une grande chose et dont je me trouble fort que de voir maîtriser ainsi la douleur ^ » Le traitement fait aux apostats par les païens ne pouvait manquer d'être rappelé. Les railleries qui les poursuivaient n'étaient pas le pire des maux : à Lyon, on avait vu les apostats torturés plus cruellement que les confesseurs. Dès qu'ils eurent convenu des crimes infâmes dont on les accusait, ils tombèrent sous le droit commun et furent torturés, non plus à titre de chrétiens, mais comme s'ils eussent été les plus monstrueux des hommes^.
La préparation au martyre semble avoir fait l'objet d'un essai de réglementation. Outre les instructions orales dont nous trouvons la trace dans ce que nous savons de la vie de saint Cyprien de Garthage ^, de saint Apollinaire d'Egypte*, du diacre Habib, à Édesse^, il a dû exister de petits traités destinés à rappeler aux fidèles menacés les commandements et les promesses d'en haut, en même temps qu'à les préparer de quelques maximes brèves et saisissantes propres à ce que l'on devait attendre d'un chrétien en ce grave moment.
Saint Cyprien dut composer un de ces manuels. On lit, en effet, dans la préface d'une Exhortation au martyre écrite par lui : « Au moment où la persécution et ses angoisse*
1. Liber de laude martyrii, § i5. a. EusÈBE, Hist. eccl., V, i.
3. PoNTius, Vita et passio S. Cypriani, §1/4. Voy. S. August.; Serma CCCXII. De Sanctis.