Vila S. Basilisci, § a, 3, 4 {AcL SS., 3 mars
Préface lxxiî
douleurs. L'infection dépassait toute mesure. C'était quelquefois la plus redoutable épreuve dans la voie du martyre. Sainte Perpétue, cette vaillante femme, se sentit un frisson d'horreur à l'instant où la porte du cachot se referma sur elle, u Jamais, raconta-t-elle ensuite, elle n'avait imaginé semblables ténèbres^ ». Un autre saint africain ajoute : « Mais cela ne nous fit pas peur^ ». On ne trouve que de rares mentions de la mise au secret^, les frères étaient ordinairement poussés dans des locaux où s'enlassaient pêle-mêle morts et vivants. A Lyon, plusieurs confesseurs, le vieil évêque Pothin entre autres, moururent en prison ; on ne se pressait pas d'enlever les cadavres. Après l'audience, on apportait ceux à qui l'épuisement amené par la torture ne laissait plus la force de se traîner, on les jetait sur le sol ; la purulence de leurs plaies achevait de vicier l'atmosphère.
Lors des grandes razzias, on manquait de place ; alors les confesseurs étaient empilés véritablement « comme une nuée de sauterelles », dit un vieil auteur^. Dans certains réduits on descendait l'accusé par une échelle qu'on retirait ensuite. Partout les deux sexes étaient réunis^.
La prison était une longue torture, même elle avait ses raffinements. Certaines souffrances ne pouvaient être subies devant le tribunal, par exemple : les ceps, consistant en une longue pièce de fer munie de créneaux dans lesquels une barre mobile venait enserrer les pieds