Ghrtsost., Homil. in S.Lucianum
2. Optât de Milève (éd. E. Dupin), Gesta apud Zenophilum, p. a(5i.
3. Passio S. Pionii, § 4 ; § 9; Acta Zenonis, § 5 {Set. S S., 3 juin) ; Trophimi, § 2 (19 sept.); Acacii, § A (8 mai); S. Cxcilix (éd. Bosio,
Lxxxvin Les Martyrs
Cette habitude des fidèles à mélanger le mystique à leurs réponses changeait quelquefois les interrogatoires en indéchiffrables quiproquos. On entend un juge s'écrier : « Frappez-le sur la bouche, cela lui apprendra à répondre nne chose pour une autre *. »
« Les mots, si souvent répétés dans les interrogatoires : Garde ta vie, sauve-toi de la mort ! », semblaient aux fidèles un avertissement divin donné par la bouche même de l'ennemi. — « Je sauve ma vie, répliquaient-ils au juge, et je me garde de la mort. » — « Je ne souhaite rien autre chose, répondit l'un d'eux, que mon salut », et le gouverneur crut que le saint parlait de la vie de ce monde. « Cet homme, pensait-il, va sacrifier. » Il s'en réjouissait avec son assesseur, quand le martyr se mit à prier à voix haute, suppliant le Seigneur de le garder de toute chute et des tentations d'ici-bas. « Comment, s'écria le païen surpris, tu \-iens de dire que tu voulais vivre, et voici maintenant que tu veux mourir ! » Le fidèle répliqua : a Je veux vivre, mais dans l'éternité, et non point en ce siècle périssable*.»
La préoccupation des martyrs tournée tout entière vers les choses du ciel explique comment ils se livraient à ces réponses étranges qui troublaient l'instruction et n'éclairaient pas les auditeurs. Certains magistrats moins irascibles prenaient leur parti de ces réponses à côté, d'autres intrigués profitaient de la circonstance pour s'éclairer un peu sur le jargon mystérieux qu'on leur débitait et les réalités qu'il pouvait recouvrir.
Je cite quelques-uns de ces interrogatoires.