‹ Les temps néroniens et le deuxième siècleChapitre 73 sur 133 · Misucius Félix, Octavius · texte numérisé non relu

Misucius Félix, Octavius

Préface xcvii

les mêmes en Afrique et à Rome, pour l'introduction de ce moyen illégal.

En 249, Dèce prescrivit ouvertement, et sous les peines les plus graves, d'employer la torture contre les chrétiens jusqu'à désaveu de leur foi. Cependant saint Cyprien n'y fut pas soumis ^ Et dans la dernière persécution, alors que toute garantie avait été abolie, nous voyons un martyr déjà condamné à la torture excusé par Vofficlum au titre de son origine noble \

Le spectacle de la torture infligée à l'homme a été une des distractions préférées du monde antique. Les chrétiens fournirent un aliment inépuisable à cette curiosité. Néanmoins, il semble que l'attitude toute de résignation des fidèles ait enlevé quelque chose à l'intérêt des jeux. Certaines représentations mythologiques étaient impraticables, celles où la victime devait combattre, celles encore où le rôle réclamait d'elle quelque geste obscène ; les fidèles ne pouvaient servir qu'à représenter les victimes passives. Parfois, cependant, on leur donnait l'ordre de prendre les armes, de combattre; ou bien, on voulait leur imposer un déguisement mythologique ^. Ces horreurs devaient servir à ébranler non seulement les martyrs, mais leurs frères prisonniers que l'on amenait à ce spectacle afin que chacun d'eux pût réfléchir sur le sort qui lui était réservé*. La relation sur les mart}TS lyonnais raconte que Blandine et Ponticus furent conduits à l'amphithéâtre pendant la durée des jeux afin d'assister à la torture des frères. Les victimes

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