‹ Les temps néroniens et le deuxième siècleChapitre 76 sur 133 · Le Blant, ouvr. cité., p · texte numérisé non relu

Le Blant, ouvr. cité., p

7. Passio SS. Saturnini et Dativi, S 7, 9, 10 11, 14 ; Acta S. Eupli, § a.

païens peuvent nous servir dans les causes de chrétiens. C'est ainsi que parmi les supplices connus de tous, comme le chevalet, les tenailles, les fouets armés de balles de plomb, la chaise de fer rougi, les griffes de fer, il faut rappeler d'autres cruautés. Caligula, importuné par les cris des victimes livrées aux bêtes, les faisait bâillonner ou bien on leur coupait la langue. Quelquefois on blessait le condamné afm de l'empùcher de se défendre. Nous voyons Pionius cloué au poteau où il allait être brûlé ; l'homme condamné au crucifiement portait sn croix.

La torture faisait l'objet d'un procès-verbal détaillé; cette pièce, dont nous n'avons aucun exemplaire, pourrait bien s'être confondue avec celle que nous appelons les Acta^.

Pendant la torture, le juge épiait la victime, renouvelait ses adjurations, s'ingéniait à arracher un consentement qui lui faisait plus d'honneur que l'intraitable refus de sa victime. (( Mettre à mort un accusé qui, de lui-même, demandait à périr pour le Christ, n'était qu'une marque d'impuissance et un dénouement misérable; la victime triomphait, et de ces assises sanglantes, l'autorité sortait amoindrie; réussir par persuasion ou par contrainte, amener les chrétiens à faiblir, tel était le but ambitionné^. ))

« Les juges, dit Origène, s'affligent si les tourments sont supportés avec courage, mais leur allégresse est sans bornes lorsqu'ils peuvent triompher d'un chrétien^. » « Ils ne songent, ajoute Lactance, qu'à remporter la victoire.

Page 1