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Le Blant, Les Perséc. et les Martyrs, p. i

en Les Martyrs

chrétiens faisant preuve dans la torture d'une insensibilité absolue.

Ce phénomène n'était pas particulier aux fidèles. Des esclaves, des stoïciens supportèrent la série des tourments avec une constance qui ne se démentit pas *. On attribuait leur vaillance à la grandeur d'âme. Peut-être l'orgueil avait-il une part prépondérante dans cette revanche de la volonté demeurée libre sous la tyrannie de la force. Plus d'un de ces misérables qui voyaient leurs corps tomber en lambeaux autour d'eux a dû, dès lors, dire aux spectateurs curieux de savoir le motif de cette constance le mot du maire Bailly : u Mépris de la mort et de vous-mêmes. » Ulpien constate le fait en ces termes : « La dureté des accusés, leur force à supporter les tourments, rendent souvent la torture inefficace^ », et saint Augustin ajoute : dureté chez les coupables, mais sainte patience chez les chrétiens^.

Les païens ne l'attribuaient qu'aux maléfices. A leurs yeux, le fidèle qui brave l'effort du bourreau doit sa force à l'emploi de moyens mystérieux, formules répétées sans relâche^, onctions magiques^. Pendant qu'on conduisait à la mort Ptolémée et Romain, Épictète et Astion, les deux premiers chantaient : « Droite est la voie des justes, et le

I. Cic, Pro CUientio, § 63; Silius Italicus, Bell. Punie., 1. I, 179 ; Fl. JosèPHE, Ant. Jud., 1. XIX, c. i, § 5; Voyez Wallon, Histoire de l'Esclavage dans l'antiquité, passim.

a. L. I De quœstionibus, % 28 [Digest., lxviii, i8).

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