Sermo
4. Vita SS. Epicteti et Astionis, c. i4 (Act. SS., 8 juillet).
5. Acta S. Thyrsi, § 7 {Act. SS., 28 janv.). Voy. Le Blawt, De l'ancienne croyance à des moyens de défier la torture, dans les Mêm. de VAcad. des Inscr., t. XXXIV, i" part., p. 289.
Préface cm
chemin leur est frayé. » — a Que disent ces hommes? » demanda le juge ; l'assesseur répondit : « Ils chantent des paroles magiques, afin de résister et de te vaincre. » Pendant la torture, les deux autres saints répétaient : « Nous sommes chrétiens ! que la volonté de Dieu soit faite en nous ! )) Le bourreau ne doutait pas que ce fût une forme d'incantation propre à préserver de la douleur. Pour rompre le charme, on faisait appel à toutes les folies, onctions de graisse de porc sur la victime et même des affusions d'urine*.
Les hérétiques eurent eux aussi leurs martyrs insensibles : les compagnons de Marculus disaient que le Christ leur avait donné la grâce de ne pas sentir les angoisses de la torture^.
11 n'est pas impossible, bien que nous n'ayons aucun cas historiquement certain, que l'insensibilité fût produite par usage des stupéfiants. Nous voyons offrir au Sauveur un vin aromatisé de myrrhe^; le même breuvage reparaît dans la passion de l'évêque Fructueux'*. Quand Pristinus parut devant le tribunal, il était visible que le vin d'aromates qu'on lui avait versé pour soutenir ses forces avait égaré son esprit. « Sous les ongles de fer, dont son ivresse ressentait à peine les morsures, il ne put répondre au proconsul et se dire l'esclave du divin Maître^. »