‹ Les temps néroniens et le deuxième siècleChapitre 8 sur 133 · Acta proconsularia S. Cypriani · texte numérisé non relu

Acta proconsularia S. Cypriani

5. Voy. la Passion de sainte Peipétue, les Actes de saint Gyprien.

6. Acta S. Thyrsi, c. VI, S 3i. (Acta SS., 28 janvier.) Acta S. Janiiarii (6 septembre); Passio S. Christinx (24 juillet); Passio S. Quirini, dans RuiNA-RT, p. 499, S 4. Voy. Le Blant, Les Actes des Martyrs, p. 110, S 4i.

7. Acta S. Acacii, S 19; Martyrium S. Myronis, S 7. {Act. SS., 8 mai, et 17 Aoûi); Acta S. Paphnutii, $ 23 (24 septemb.); Acta S. Clementis

incyrani, S 43 (22 janvier).

ivm Les Martyrs

communiquait la minute du texte ou bien une expédition. Quoi qu'il en soit, nous sommes moins redevables à ces circonstances qu'à la ferveur des fidèles des copies parvenues jusqu'à nous. Ceux-ci ne reculaient devant aucun sacrifice ni aucun péril pour se procurer la transcription des actes. Ce fait nous met sur la voie d'une mesure administrative dont il ne reste pas d'autre trace. La communication des procès-verbaux des causes criminelles devait être interdite pendant les trois premiers siècles, car sans cette réserve, il eût été inutile de recourir aux voies détournées dont plusieurs Actes nous instruisent. Divers textes nous apprennent que les Acta étaient placés régulièrement sous la garde du commentariensis * qui en trafiquait sans vergogne. On lit en effet au début des Actes de saint Tarachus : u Nous, Pamphile, Marcien, Lysias, Agatho-

cle, et tous les frères qui sont à Iconium, fidèles dans la

vérité, et d'un seul cœur en Notre-Seigneur Jésus-Christ, nous avons recherché ce qui s'est accompli en Pamphylie, à l'égard des martyrs ; et comme il importait de recueillir tous les témoignages relatifs à leur confession, nous avons obtenu de transcrire ces documents, au prix de deux cents deniers, payés à Sabaste, l'un des greffiers^. On retrouve un fait analogue dans la vie de saint Pontius^. Le rédacteur de la Passion du diacre Habib, à Édesse, semble ne s'être pas heurté aux mêmes difficultés, u Les notaires, dit-il, écrivaient tout ce qu'ils avaient entendu à l'au-

1. Digeste, L. 45, S 7- Dejurefisci. (L. XLIX, lit. xiv); Acta S. Canionis, S 17 (Act. SS., aa mai).

2. Acta SS. Tarachi, Probi et Andronici; Prœm., dans Rui.iart, p. 422.

3. Vita et Passio S. Pontii, dans Baluze, Miscellanea, t. 1, p. 33.

Préface xix

dience... Moi, Théophile, qui étais païen de naissance et qui ai confessé le Christ dans la suite, je me suis empressé de prendre copie des actes de Habib, comme j'avais autrefois écrit les Actes des martyrs Gouria et Schamouna, ses compagnons ^ ))

Une fois en possession de ces copies, les chrétiens les reproduisirent tels quels, ou bien en firent la base de relations d'une allure plus littéraire ; tantôt on reproduisait divers fragments sans aucun changement, tantôt le procèsverbal était remanié presque entièrement. A ce point de vue, chaque document réclamerait une monographie spéciale.

Les églises se servaient des procès- verbaux pour toucher les infidèles et affermir les frères. Les païens le savaient et s'efforçaient de s'opposer à cette propagande. Prudence nous apprend que des Actes furent saisis chez des fidèles et détruits ^. Mais une telle mesure était illusoire ; les perquisitions domiciliaires de la persécution de Dioctétien montrent le courage et l'adresse luttant avec succès contre ces violences administratives. Certains magistrats adoptèrent une mesure plus radicale. Dans le procès de saint Vincent, diacre de Saragosse, le gouverneur interdit de noter les débats, qui ne nous sont parvenus que par une relation rédigée d'après les souvenirs de témoins oculaires^. Dans la Passion de Saint Victor le Maure, nous lisons que u Anulinus fit saisir tous les exceptores qui se trouvaient dans le palais pour s'assurer qu'ils ne cachaient aucune

1. CuRETON, Ancient Syriac Documents, et R. Duval, La littérature syriaque (1899), p. 127.

2. Prudence, Peristeph., l, Hymn. SS. Remet, et Celed., v 76-78.

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