‹ Les tenailles. Point de lendemain. Les paroles restent. Illus. d'après les dessins de Maurice LalauChapitre 21 sur 84 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

FERGAN, jniis IRENE et PAULINE.

7^ es deux femmes entrent par la porte du perron. Irène a les cheveux gris et des vêtements sombres. Pauline rapporte une brassée de belles herbes et de fleurs d'eau.

PAULINE. — Nous sommes exténuées.

IRÈNE. — Mais celle-là nous l'avons, sourde encore et pourtant obsédante potîr moi

jusqu'à l'affolement.

FERGAN. — Jusqu'où êtes-vous donc allées ?

PAULINE. — Nous avons commencé par le bois ; puis, arrivées au pré d'en bas. nous avons voulu sortir du parc pour revenir par le hameau.

FERGAN, avec vne assurance de -propriétaire bien clos. — Oui, mais la haie vous en a empêchées.

PAULINE. — Pas Is moins du monde. Le passage était dégarni de sa broussaille... Une paysanne venait d'entrer par là pour laver du linge à la rivière. La femme d'un voisin, n'est-ce pas, Irène?

FERGAN. — C'est un peu fort. (.4 Irène.) Qu'est-ce que vous lui avez dit ?

IRÈNE. — Je lui ai deiTiandé comment allait son enfant.

FERGAN. Et c'est tout ?

IRÈNE. — Non, je lui ai donné encore ce qu'il lui fallait pour le pharmacien.

FERGAN, prenant son chapeau. — Eh bien, moi, je m'en vais la reconduire jusque dehors.

PAULINE. — Ohl si j'avais pu m'attendre à cela !... Au moins ne la rudoyez pas. C'est une bien pauvi-e femme.

FERGAN. — Est-ce qu'elle a le droit d'être chez moi ?

PAULINE. — Ça ne vous fatigue donc pas d'être toujours ainsi à cheval sur votre droit 1

FERGAN. — Si tout le monde était comme moi, la société marcherait mieux, je vous le garantis.

{Il sort.)

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