SCENE VI
IRENE, FERGAN
FERGAN, un peu embarrassé. — J'ai précisément à vous entretenir du parti à prendre pour l'éducation de René.
PAULINE. — r. V NE LE FER.V PAS RI HE... NI PLEUREU.
IRÈNE, effarée. — A propos de quoi, aujourd'hui .'
FERGAN. — Parce que la chose ne souffre plus de l'etard...
IRÈNE. — Pourquoi?
FERGAN. — Il va avoir dix ans.
IRÈNE. — Eh bien ?
FERGAN. — Jixsqu'à cet âge, j'ai volontiers reconnu que le mieux était de vous laisser la haute main sur lui. Il y a mille tjins premiers pour lesquels la mère s'enlend dans la perfection... Vous me rendrez cette justice que, tout en désapprouvant vos excès d attention, je ne vous ai encore contrecarrée en rien.
IRÈNE. — Et maintenant?
FERGAN. — Maintenant que notre fils devient un petit homme, il ne me conviendrait pas que vous en fissiez une jeune fihe.
IRÈNE. — Voufi n'avez qu'à me dii'e comment vous voulez que je l'élève.
FERGAN. — Je ne suis pas plus compétent que vous dans les détails d'enseignement. Je sais seulement que René a besoin désormais de recevoir une instruction plus étendue. Nous ne devons plus le borner à celle qui se donne dans la famille.
IRÈNE. — Si je ne vous parais plus suffire, prenons un pi'écepteur, faites venir des professeurs...
FERGAN. — Ça ne serait point l'affaire. On rendrait un mauvais service à un garçon, quand l'âge convenable lui est venu, en ne l'accoutumant pas à une discipline, à une émulation, à une habitude déjà de compter un peu sui lui-même. Et ces choses-là, elles ne peuvent être fournies cj^u'au collège.
IRÈNE. ■ — Nous y voilà donc revenus 1... Combien de fois faudra t-il vous répéter que ce serait up meurtre... un vrai meurtre... de priver René de mes soins!
FERGAN. — Laissez là ces imaginations déréglées. Soyons sérieux : notre fils ne travaillera jamais bien à nos côtés. Vous l'aimez troj), d'une façon trc/p passionnée. Vous ne savez jamais être assez sévère.
iRÎc.NE, indignée. — Et vous voudriez charger des gens d'être sévères pour lui !... Un pauvre petit enfant, dont je n'ai pas encore osé croire que, moi, sa mère, je réussirais à le faire vivre, à l'élever... Mais il a sans cesse besoin que je veille auprès de lui! Pour un rien, il tousse! Souvent..