PAS SON PÈRE
h\e qui m'a réduite au mensonge, à la faute!... Et c'est moi qui ne pardonne pas !
FERGAN. — Cet homme? Est-ce que je l'ai rencontré?
IRÈNE. — Peut-être.
FERGAN. — Nommez-le-moi !
IRÈNE. — Non.
FERGAN. ■ — Il est venu ici ? IRÈNE. — Près d'ici.
FERGAN. — Je ne comprends pas comment vous avez pu parvenir à le voir.
IRÈNE. — Moi non plus.
FERGAN. — Vous l'avez vu souvent?
IRÈNE. — Que vous importe ?
FERGAN. — Vous le voyez encore ?
IRÈNE, lui cachant la douleur de sa ré- ■ponse. — Non, il y a longtemps qu'il est parti, loin... pour toujours!...
FERGAN. — Et vous ne trouvez pas abominable que le fils de votre amant, quoi que je fasse, soit mon fils, et doive toujours ■être mon fils?
IRÈNE. — Qui dit cela?... C'est votre même loi qui a dit que malgré moi, malgré tout, je serais toujours votre femme. FERGAN. — Jamais je ne vous aurais soupçonnée !... Je vous ai sue mon ennemie. Mais... {Il lui vient les larmes de son orgueil vaincu.) mais je vous honorais comme telle.
IRÈNE. — Chacun fait la guerre avec ses moyens. Vous vous êtes servi de toute votre force... Moi j'ai eu contre vous (D'une voix aivollie.) toute ma faiblesse! FERGAN. — Je n'ai fait que me retrancher dans mes droits.
IRÈNE. — La nature aussi a ses droits... FERGAN, méchamment . — Du moins, la vivacité vous a rendue imprudente. En m'affranchissant de mes devoirs de père, vous ne pouvez m'en ôter l'autorité. Vous avez trahi cet enfant sur lequel je puis tout.
IRÈNE. — Après ce que je viens de vous •dire, vous ne pouvez plus rien contre lui. FERGAN. — Vraiment ?
IRÈNE, souverainem>ent . — Rien qui ne soit une lâcheté, une ignominie, une vengeance impossible.
FERGAN. — Tant pis !
IRÈNE. — Non, j'ai osé la révélation parce que c'était ressaisir mon fils pour toujours, le reprendre à vos sentiments les plus obligatoires d'homme simplement civilisé.
FERGAN, menac^ant. — Et si j'étais devenu un sauvage, maintenant?