‹ Les Tendances présentes de la littérature françaiseChapitre 31 sur 94 · INTRODUCTION XXXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXXIII

devant lui, tout le matériel si l'on peut dire et tout le déchet de la Vie intérieure, voilà ce que doit inventorier et classer l'idéaliste pour s'initier ensuite à la force qui use de ce matériel et qu'entravent ces déchets. Mais l'intellectualiste, alors même qu'il nierait le monde extérieur, s'arrête à la première démarche, admirant le vêtement et ignorant de la vie qu'il protège ou emprisonne. Ainsi, la plupart de nos idéalistes de 1885 et les symbolistes notamment, entendaient par vie intérieure un ensemble de catégories et de concepts : M. Paul Adam assignait comme but à l'art d'enfermer un dogme, — c'est-à-dire une vérité capitale et définitive, — dans un symbole ; l'art devait, selon lui, exprimer, par des moyens particuliers, non pas la vie, mais une notion générale qui résumait, condensait et simplifiait de la vie. Beaucoup plus fréquemment d'ailleurs, l'idéalisme de 1885 n'atteignit pas l'idée générale : il ne dépassa guère, en poésie surtout, le cercle de la sensation personnelle et donna surtout prétexte aux manifestations d'un subjectivisme qui essayait de racheter par l'étrangeté ce qu'il avait de superficiel et de primitif.

Tandis que la plupart des idéalistes de cette génération égaraient leurs pas aux jardins fleuris des sens, dans les fastueux édifices de la raison aussi, où, loin de cueillir les fruits de la vie, ils devaient respirer bientôt le parfum

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