‹ Les Tendances présentes de la littérature françaiseChapitre 32 sur 94 · XXXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXIV INTRODUCTION

de la mort sous les espèces du scepticisme et du nihilisme, la révolution spirituelle qui les avait un instant animés de son souffle, allait se développant, conformément à sa loi vitale qui est l'anti-intellectualisme. Pressentie dans les réflexions premières d'un Bergson, dont Y Essai sur les Données immédiates de la conscience, publié en 1889, fut absolument méconnu des docteurs symbolistes, philosophes philosophant), impliquée par les conceptions dramatiques d'un Maeterlinck comme par la technique musicale d'un Debussy, cette attitude s'accentua, se précisa et s'approfondit, jusqu'à donner aujourd'hui sa physionomie caractéristique à l'idéalisme qui inspire dans sa majorité la jeunesse littéraire et philosophique. Bien plus que négation radicale du monde extérieur, cet idéalisme est d'abord un psychomorphisme, puisqu'il se refuse à concevoir la possibilité d'une existence animée qui ne posséderait point les caractères mêmes de notre activité spirituelle et qu'il ne veut voir dans la matière inerte que le déchet de cette activité, l'ombre d'une lumière où l'âme et la vie s'alimentent à un foyer unique ; mais, sur ce point, l'idéalisme qui procède de Henri Bergson continue la tradition de plusieurs grandes philosophies et de l'idéalisme leibnitzien notamment, en la fortifiant d'ailleurs de tout l'acquis scientifique moderne. Ce qui fait l'originalité profonde de l'idéalisme contem-

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