‹ Les Tendances présentes de la littérature françaiseChapitre 44 sur 94 · JEAN-MARC BERNARD · texte numérisé non relu

JEAN-MARC BERNARD

M. Jeun-Marc Bernard bataille dans les, jeunes revîtes. Disciple de M. Charles Maurras, il est lui-même an critique êrudit et vigoureux. Il est aus,si poète, et il y a de très jolies choses dans les, vers, menus, d'apparence badine, mais d'un sentiment profond, qu'il publie çà et là sous le titre de Sub tegmine fagi. On sait que M. Jean-Marc Bernard dirige — avec M. Maurice de N oison/ — les, piquantes Guêpes.

« Non, messieurs, nous écrit-il, il ne me « semble pas que de nos jours les écoles litté- « raires du xxe siècle soient continuées. On « trouve bien, ici et là, quelque parnassien mo- « mifié ou quelque symboliste à demi-mort ; « mais cela compte-t-il ? Je ne vois pas non « plus de nouvelles écoles en formation. Toute- « fois, je suis certain qu'un observateur attentif « peut apercevoir déjà quelque chose de mieux.

« Ne peut-on pas découvrir chez les jeunes « d'aujourd'hui de très nombreuses tendances « communes ? Il y a, contre les doctrines indi- .« vidualistes du siècle précédent, qui empoison-

« nèrent toutes les tentatives littéraires, une « réaction patiente et têtue. Certes, rien de bien « distinct n'est encore visible ; mais voici se « former l'atmosphère où doit vivre le grand « poète de demain.

« En somme, presque tous, nous avons horreur « de l'anarchie ; nous rejetons tout ce que l'on « a voulu jadis nous faire admirer comme étant « le vrai, le bien et le beau.

« Nous marchons d'un pas résolu pour re- « joindre la large route de la tradition. Un « grand nombre d'entre nous a même, à la « suite de Charles Maurras, rallié la voie royale. « Nous ne dirons jamais assez l'influence lit- « téraire de l'auteur de V Avenir de V Intelligence « sur beaucoup de jeunes gens qui n'avaient vu « d'abord en lui qu'un logicien et qu'un poli- « tique. La philosophie d' Action française est « une doctrine très complète ; la posséder plei- « nement c'est être assuré d'avoir des lumières « sur toutes les questions intéressant l'ordre « français.

« Nous désirons reprendre l'œuvre littéraire « où nos vrais. Maîtres l'ont laissée, pour la « continuer à notre tour. Nous rougissons de- « vaut les débauches du sentiment ou devant « celles de la sensation. Mais nous ne voulons « pas cependant devenir des êtres desséchés. « Nous aspirons à mériter le beau nom « d'homme. Aussi voulons-nous que notre cœur,

« que nos sens, se laissent diriger par notre « intelligence.

« Vivent les forces romantiques qne disci- « pline la raison classique ! »

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