‹ Les Tendances présentes de la littérature françaiseChapitre 81 sur 94 · ANDRE SALMON · texte numérisé non relu

ANDRE SALMON

Poète de sensibilité délicate et d'expression très pure, V 'auteur du Calumet sait concilier le sens de la tradition et le goût de la modernité. On lui doit de fines et compréhensives critiques d'art.

Comme nous lui parlons des tendances néoclassiques, gui se manifestent aujourd'hui, notamment en poésie : « Il me semble y avoir « actuellement, nous dit M. André Salmon, un « malentendu à propos du classicisme : les ad- « mirateurs de Moréas, dont je fus l'ami, se « trompent parfois en érigeant la perfection en « règle unique. La perfection ne se décrète pas, « et puis, voyez-vous, la perfection est bien « près de la mort. Il paraît donc assez naturel « que de quinze à quarante ans, et tant qu'on « reste jeune, on fasse des folies. i\.vec les « meilleures intentions du monde, certaines gens « nous amèneraient aujourd'hui à une poésie « bien ennuyeuse.

« Vous faites état du Parnasse dans votre

« questionnaire, continue l'auteur du Calumet. « Mais il a si peu duré ! Et puis il était dominé « par Hugo, d'abord, et aussi par Baudelaire. « Or Baudelaire le reliait au Symbolisme, car « sans Baudelaire il n'y aurait probablement « pas eu de Symbolisme. Non, en vérité, je ne « crois pas que les Parnassiens aient exercé « beaucoup d'influence sur le développement ul- « térieur de la poésie. Il me semble par contre « qu'un poète de cette époque est très important, « quoiqu'il n'ait pas encore exercé toute son in- « fluence : je veux parler de Théodore de Ban- « ville qui, romantique d'apparence et par ses « amitiés surtout, est en réalité tou't à fait dans « la tradition. »

— Ne pensez-vous pas, questionnons -nous, que le symbolisme ait contribué à une sorte d'élargissement de l'inspiration? « Sans doute, ré- « pond M. André Salmon, le principal apport du « symbolisme me semble consister dans cette « infinité des thèmes poétiques dont il a redonné « la notion. — Et son œuvre en ce qui concerne « l'expression poétique ? — Eh bien ! les bé- « néfices des révolutions poétiques ne sont pas « toujours ceux que l'on pense. On a sans doute « acquis le droit de faire des vers libres, mais « surtout on a fait subir une sorte de rafraî- « chissement à la forme traditionnelle : la qua- « lité des rimes paraît moins importante que « par le passé, on se montre assez indifférent

« aux pluriels et aux singuliers ; il n'est pas « jusqu'à l'hiatus, que le goût contemporain ne « tolère fréquemment. Mais, remarquez le bien, « tout le monde n'admet pas qu'on prenne ces « libertés ; beaucoup de gens, du moins, ad- « mettent qu'on écrive en vers libres, ils n'ad- « mettent pas le rafraîchissement, l'aération de « la forme traditionnelle ! Or c'est précisément « dans cette aération que me paraît consister le bénéfice de la révolution symboliste... « D'ailleurs, corrige M. André Salmon, il est évidemment très sain de revenir fréquemment à la métrique la plus sévère et dans le mouvement néo-classique d'aujourd'hui il y « a un souci louable du vers pour le vers. »

En ce qui concerne le livre à bon marché, et tout en croyant que la poésie, la jeune poésie même, éditée sous cette forme pourrait se vendre, notre interlocuteur pense qu'il n'était pas désirable. « Notez, remarque-t-il, que si « les livres étaient plus chers, les revues se- « raient lues davantage et que les vers des re- « vues circuleraient plus qu'aujourd'hui. En « tous cas les matinées poétiques dont on abuse « aujourd'hui sont absolument inutiles. »

GASTON SAUVEBOIS

C'est un critique, exclusivement. Pour le moment, il étudie, et de très près,, le mouvement idéologique et social. Ses deux livres, et particulièrement le dernier, L'Equivoque du Classicisme, attestent une rare conscience des devoirs du critique. M. Gaston Sauvebois n'écrit pas une ligîie qu'il ne la considère comme exacte et nécessaire.

Notons qu'il ne néglige pas de s'intéresser au mou cernent politique. Au contraire. Et il collabore aux Droits de l'Homme, en même temps, qu'aux Documents du Progrès, à La Critique Indépendante, dont il est secrétaire de rédaction, etc.

Il nous a écrit :

« Oui, c'est l'histoire : le Romantisme, le Na- « turalisme, le Symbolisme et le Parnasse se <: sont partagé le XIXe siècle. Mais leur succes- « sion est un ordre, avec ses conséquences, et « cet ordre manifestant une évolution, ne se « recommencera point. Car la théorie de l'action

« et de la réaction n'est vraie que pour les « esprits superficiels. Il faut aller jusqu'à la « volonté des choses.

« Dès le moment où il se déclare, le Natura- « lisme sonne le glas du Romantisme. Sans « doute,, en subit-il encore l'influence — un fils « n'est jamais ingénu — mais sa dominante est « bien à lui. Il poursuit la découverte de l'hu- « manité vraie. Le Romantisme avait commencé « par le Moyen-âge, et n'avait vu dans l'homme « que la passion. Le Naturalisme étudie le pré- « sent et les hommes sur toutes leurs faces, .dans « toutes leurs activités sociales.

« Voilà la grande ligne de l'évolution, et nous « en sommes encore à nous demander ce qui « doit succéder au Naturalisme, pour en réaliser « les volontés feuprêmes .

« Le Parnasse ne constitue, en effet, qu'un « rameau issu du Romantisme et sur lequel on « a greffé une bouture de classicisme. Il « s'achève avec lui-même, c'est-à-dire sans don- « ner naissance à aucun mouvement.

« Le Symbolisme ne se place pas davantage « dans l'évolution littéraire. Il dresse la réac- « tion métaphysique contre le Parnasse et le « Naturalisme scientifiques et comtistes. Réac- « tion de courte durée, d'ailleurs, qui n'em- « plit pas même la vie d'une génération, « puisque ses adeptes de la première heure « le renièrent avant le crépuscule : ainsi Henri

« de Régnier, Camille Mauclair, Adolphe Retté ; « ou se turent, ainsi : Gustave Kahn, René Ghil. « Même, on semble méconnaître qu'il ne con- « vertit pas toute la jeune génération de l'épo- « que. Pendant que les Symbolistes ouvraient « les « Temps héroïques » de la poésie, d'autres « groupes s'élançaient aussi, dans une direction « opposée, à la découverte de l'avenir. Je ne « citerai ici que le groupe de V Art pour la Vie, « qui comptait MM. Henry Bérenger, Eugène « Hollande, etc., etc., que Yaffa:re allait mettre « à la tête du parti des Intellectuels,.

«Mais le Symbolisme, qui se rendait lui-même « inviable, devait prendre de l'importance par « ses conséquences. On aperçoit celles-ci, au- « jourd'hui, mieux qu'il ne les devinait lui- « même, bien qu'il en fût déjà tout imprégné. « Il est en quelque sorte l'introduction des in- « fluences étrangères. Par lui, l'esthétique alle- « mande, l'esthétique russe, l'esthétique scandi- « nave, se répandaient en France dans les mi- « lieux littéraires. Et après la période de con- « naissance et de compréhension, de lutte pour « que justice leur fut rendue sous forme d'ad- « miration sincère, voici que s'ouvre aujourd'hui « le problème de savoir quel rôie ces influences « vont jouer autour de notre génie national. Je « dirai plus loin ce qu'on en peut deviner déjà.

« Je ne veux que mentionner les dernières « convulsions du Symbolisme qui furent Vin-

« timisme et le PrintitMdpns, au cours des- « quelles on prononça souvent le nom de Jules •« Laforgue et celui de Francis Jàmmes. Elles « s'apaisèrent bientôt. Il faut noter, cependant, « un néo-symbolisme à la charge du groupe « de l'Abbaye, directement hégélien, mais en « voie lui aussi d'évolution. Nous le verrons « s'allier à la Renaissance révolutionnaire.

« Le Symbolisme favorisa aussi une reprise « de l'individualisme que le Naturalisme et le « Parnassisme avaient nettement répudié. Il re- « parut, sinon sous plusieurs formes, du moins « sous plusieurs noms. Voici en effet le Subjec- « iîvisme. Y 7 ' mpulsionnisme , le Futurisme pro- « clamé par M. Marinetti, le Xéo-Eomantisme « auxquels un groupe de poètes tente d'insuffler « la vie, VIntensisme, et enfin le Paroxysme « revendiqué par MM. Nicolas Beauduîn et Jean « Thogorma. Tous ces titres expriment bien à « peu près la même chose, la même tendance « individualiste. Voilà des poètes qui veulent « vivre de toutes leurs énergies. Ils ont foi dans « le présent. Chantant la beauté de l'effort, ils « rompent la condamnation du pessimisme que « les Parnassiens et les Naturalistes avaient por- « tée sur le monde. Les Symbolistes rêvaient. « Eux se plongent dans le réel. Et si l'on vou- « lait pousser plus loin l'analyse de ces diffé- « rents systèmes on verrait qu'ils tendent à re- « joindre l'autre courant littéraire issu du Na-

« turalisme et qui se jette en plein dans la chose « sociale.

« Car le Naturalisme ne succomba pas sous « les attaques du Symbolisme. Zola lui-même, « par ses dernières œuvres, les Evangiles, lui « traçait une voie nouvelle, et une tentative « (Tort à thèse, sembla bien, un instant, préparer « l'avènement immédiat de la littérature pro- « chaine. Henri Becque, François de Curel, Paul « Hervieu, Brieux, s'emparaient du théâtre, et -< J.-H. Rosny, Paul Adam, Octave Mirbeau, « Lucien Descaves, Paul et Victor Margueritte « devenaient les maîtres du roman. Mais la « nouvelle doctrine ne parvint pas à constituer « une école, et chacun de ces écrivains reprit sa « liberté, dans son tempérament personnel.

« Des jeunes venaient. Le groupe le plus « cohérent et le plus actif fut celui des Natu- « ristes.. M. Saint-George de Bouhélier en était « le chef. Le Naturisme célébrait la vie quoti- « dienne de l'homme dans la nature. Il dégageait « la beauté secrète des travaux de la campagne, « des usines et des chantiers. Sa tradition, il la « rattachait à Jean-Jacques, Robespierre, Au- « guste Comte, Hugo, Emile Zola. Admirateurs « des Encyclopédistes, ces jeunes gens croyaient « à la mission sociale du poète. Leur influence « ne s'est pas complètement évanouie.

« L'intégralisme se formula ensuite. Cette doc-

« trine scientifique de la poésie montrait en « celle-ci la suprême connaissance et la plaçait, « pour l'avenir, à l'origine de toutes les trans- « formations humaines.

Peu après, paraissait V Humanisme, de M. Fernand Gregh, qui conseillait aux poètes de « se plonger dans la vie et de collaborer aux « haches universelles. L'Humanisme évoquait « aussi la civilisation de l'antiquité pour La « donner en modèle à nos contemporains.

« Le Régionalisme renaissait alors ; qui no « voit qu'il n'est pas autre chose que l'appli- « cation exacte des théories du Naturalisme sur « la race et le milieu social? Il continue donc « celui-ci sans beaucoup le changer par la des- « cription pittoresque ni par un certain amour « de la « terre natale » qui le sensibilise délice catement.

« Mais d'autres jeunes surviennent encore et « leurs doctrines précisent davantage l'évolution « lente et mystérieuse des idées. Une petite « revue, peu bruyante, mais sincère, fondée et « dirigée par M. Charles Bourcier, prêche réso- « lument le Démocraîisme. c'est-à-dire une lit- « térature faite pour le peuple. Par YArtisiocra- « tie, M. Gérard de Lacaze Duthiers, appelle l'élite « intellectuelle au gouvernement de l'humanité. « Enfin, M. Jean -Richard Bloch, justifie dans « sa revue l'Effort le mouvement de Renais,-

<: 9can.ce révolutionnaire qui préparera la société « future.

« Il est alors à remarquer que YEjjori en- « globe dans son action, les N êo- Symbolistes de « l'Abbaye, dont j'ai parlé plus haut, et surtout, « Wi nie, expression de la vie propre des

« groupes constitués et des foules amorphes. Il « touche aussi, par différents côtés, à l'œuvre « de la Nouvelle Reçue Française, que je vais « signaler bientôt. Et je ne crois pas me tromper « en disant que cette alliance forme le point « de concentration le plus important que nous « ayons vu depuis longtemps dans la jeune « littérature. La nouvelle doctrine pourrait bien « en sortir.

« En effet, les autres mouvements ne sem- « blent pas s'étendre aussi loin, ni coïncider « aussi heureusement avec l'évolution générale « des idées et des choses.

« Le y êo- classicisme est au bout de sa tâche. « II fit besogne utile en restaurant les traditions « du génie français, que les symbolistes avaient « méprisées et combattues. Il s'égare mainte- « nant en ne proposant que l'imitation du « grand siècle » et en retranchant de notre his- « toire littéraire l'Encyclopédie, le Romantisme « et le Naturalisme. Le S [/ir 'dualisme essaie « nement de réveiller le sentiment religieux. « Il ne rencontre de succès qu'auprès de la

« médiocre bourgeoisie. Littérature de bas- « bleus.

« Un moment, la. Renadssfmoe française parut « vouloir réaliser l'œuvre que la Renaissance « révolutionnaire accomplit aujourd'hui. Cons- « ciente de la suprématie de notre don national : « l'intelligence, elle la superposait à la senti- « mentalité et à la sensibilité obscures que faite saient valoir les influences étrangères. Elle « prévoyait un nouveau classicisme. Mais pure- « ment littéraire, elle se refusait à toute rela- « tion avec le mouvement social. Aujourd'hui, « elle s'attarde à une police des mœurs litté- « raires, nécessaire sans doute en notre époque « d'arrivisme forcené, mais dont l'intérêt ne « saurait primer sur la constitution de la nou- « velle doctrine. Et la. main passe. D'autres « voient clair et regardent l'avenir.-

« Ainsi se prépare un art social, qui sera la « continuation du Naturalisme.

« Cet art s'épanouirait sans doute demain, et « même, l'apercevrait-on déjà nettement, s'il n'y « avait pas à résoudre, dès maintenant, le pro- « blême des influences étrangères.

« Le roman russe, le théâtre Scandinave et le « symbolisme allemand nous ont troublés en iême temps qu'enrichis. Bien sur, nous pro- « posons-nous d'assimiler les éléments qu'ils « nous ont apportés. Notre littérature ne peut « pas être hétéroclite. Le même cas s'est déjà

« produit plusieurs fois, et il faut avouer que « nous avons su, jadis, nous en tirer avec hon- « neur. Mais les conditions des peuples sont « changées. Nous ne sommes plus dans la même « vie nationale qu'aux xvie et xviiic siècles. « Le mode humain remplace le mode nationa- « liste. La littérature doit suivre ce progrès.

« Le rôle de la France paraît alors de com- « poser le nouvel Esprit européen qui unifiera « la pensée du vieux continent. Son rôle et « son devoir, car si elle y manque, c'en est fait « d'elle-même, sur tous les terrains. Un pays « déchu est un pays mort — même quand ses « adversaires ne se chargent pas de l'achever. « Mais nous ne devons pas désespérer. Un « groupe d'écrivains a consciemment entrepris « d'élahorer ce nouvel esprit Européen, en met- « tant à son sommet, l'Intelligence, et c'est le « groupe de la X ou celle Reçue Française. Son « œuvre n'est point vaine. Je citerai seulement - MM. André Gide, Jacques Copeau, André « Ruyters, Jean Schlumberger, Jacques Rivière « et Henri Ghéon.

« En parallèle, du moins jusqu'à présent, se « dessine le rôle social de la littérature tel qu'il « découle directement du Naturalisme et tels « que l'ont préparé les théories individualistes « et démocratiques de ces dernières années. Les « écrivains collaboreront à l'organisation supé- « rieure d'une humanité, ou plutôt d'une Eu-

« rope qui, sortant définitivement du stade féo- « dal où la maintiennent encore les grandes « monarchies (surtout celles de l'Allemagne et « de la Russie) instituera le régime démocra- « tique de futurs Etats-Unis éminemment civi- « lises. J'ai déjà dit quelque part que nous « étions au seuil de VAge organique.

« L'œuvre est vaste et nouvelle, mais non « impossible à réaliser. On en pourrait indi- « quer les étapes successives et les moyens « — du moins dans le champ que notre géné- « ration peut espérer parcourir. Et, bien des « symptômes épars, mais significatifs pour ceux « qui savent voir, annoncent que les possibi- « lités sont prêtes cà devenir des actes.

« Je crois, pour ma part, que nous touchons « à un très grand moment. »

JEAX SCHLCMBERGER

M. Jeun Si berger, gui s'occupe active-

de La Nouvelle Revue française, une des,

revues littéraires, les plus importantes et les

originales de V heure présente, an festé, dans ^Inquiète Paternité, dei 's de

mm. 11 a donné une au V le.

« L i ntisme et le Parnasse, dont votre

« questionnaire fait état, nous dit M. Schlum- « berger, sont des tendances qui s'entrecroi- « sent mais qui continuent d'agir. En ce qui « concerne le roman, qui m'intéresse particu- « lièrement, j'y discerne des courants très dise vers : les frères Tharaud continuent la trace dition d'analyse aiguë et sobre de Benjamin « Constant, d'autres auteurs manifesteraient plu- « tôt de l'abondance romantique. La tendance « la plus intéressante dans ce domaine me « semble être ce besoin de lyrisme quotidien,

ntime, que nous devons au Symbolisme : de « plus en plus nous demandons au roman de

« nous donner ce lyrisme. Par là s'explique l'in- « fluence de Charles-Louis Philippe, qui pa- « raît d'ailleurs avoir été lui-même un con- « fluent d'influences anglaises et russes, re- « présentées surtout par Dostoiewsky et Tho- « mas Hardy.

« Maintenant, remarque l'auteur de l'Inquiète « Paternité, il s'est formé entre le roman et « la. poésie des genres intermédiaires qui ont « détourné du premier bien des forces et des « tempéraments vigoureux. Voyez la Connais,- « sauce de VEsf, de Claudel. Enfin, il faut no- « ter aussi, je crois, cette lassitude que l'on « éprouve vis à vis du roman à la Flaubert « et qui se manifeste par le goût des récits « purs et simples, harmonieux et agréables « comme V Isabelle, de Gide. »

— Vous avez déjà répondu en partie, reprenons-nous, à notre question sur l'influence réelle du Symbolisme. De façon générale, et sur l'ensemble de la littérature, quelle action croyezvous qu'il ait exercé ?

« Je pense, répond M. Schlumberger, que le « Symbolisme a retrempé l'inspiration et aiguillé « notre curiosité vers des champs nouveaux. « L'Unanimisme actuel, avec son lyrisme ori- « ginal, n'aurait pas été possible sans le Sym- « bolisme... Remarquez aussi que ce n'est pas « seulement dans le roman qu'on sent ce be- « soin de lyrisme secret, mais au théâtre éga-

<c lement. Or, les précurseurs du théâtre de « demain, quels apparaissent-ils, sinon Verhae- <: ren, Gide, qui participèrent plus ou moins « au mouvement symboliste, Claudel aussi et, <: de façon générale, les précurseurs et les ance nonciateurs du lyrisme secret ne sont-ils pas « ces maîtres qu'a donnés la génération de 1885, « Barrés et Elémir Bourges. » —

En ce qui concerne les dangers d'abaissement du niveau des œuvres que présente le développement des éditions à quatre-vingt-quinze centimes, M. Schlumberger nous fait remarquer que le livre à trois francs cinquante les offrait tout autant.

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