EMILE SICARD
U. Emile Sicard. qui dirige, à Marseille, lapins importante peut-être de nos rentes provinciales, Le Feu, s'est affirmé, avec Les Marchands,
comme un romancier vigoureux, et avec Films, comme un essayste délicat.
« L'influence littéraire d'une école agit di- « rectement sur la génération qui lui succède. « Le symbolisme est encore vivant par les « maîtres qu'il a fournis ; c'est à mon sens, le « symbolisme que l'œuvre des jeunes écrivains « reflète. On le perçoit dans la qualité d'expres- « sion de ceux-ci ; ils sont « vrais » sensi- ,« blement. Le naturalisme était dépourvu de « cette manière.
« Je ne sais si l'on ne devrait diviser en « deux états le symbolisme : premier symbo- « lisme, second symbolisme.
« Le premier était désintéressé socialement « et nous n'avons recueilli que son affinité de « style ; mais le second joint l'action directe « de la vie à sa qualité d'écriture et de pensée
« et il nous conquiert puisqu'il est à la fois La « force et Fart. Paul Adam est représentatif de « ce second état comme Barrés en est l'exemple.
« L'es jeunes écrivains me paraissent être dans « cette formule : « Agir sans abandonner sa dis- « tinction ».
« Oui nous sommes bien dans ce second état ; « dans dix ans on lui aura trouvé un titre. »
« La publication à bon marché, devenant une « métbode d'enseignement, ne saurait pas plus « être condamnée que l'instruction générale. Il « y a de mauvais maîtres dans les lycées, il « y a de mauvais maîtres en librairie. Il peut
y en avoir de bons de chaque côté. Le puce blic est plus ignorant que bête. Quand on « lui donnera du Charles-Louis Philippe, il « abandonnera tous les Jean Aicard. L'essen- « tiel c'est de ne pas opposer du trois francs
cinquante à du dix-neuf sous.
« Et voilà, mes chers confrères, ma pensée « jetée en coup de vent. »